Avant de publier le bilan de mes lectures de 2018 et de revenir sur le challenge qui l’accompagnait (un challenge reconduit en 2019), je tenais à vous partager la reading liste dans son intégralité, par ordre chronologique.
J’intégrerais les liens vers les chroniques que je publierais dans les semaines à venir, et peut-être que je pousserais le vice jusqu’à ajouter les vignettes de chaque ouvrage !
Bilan des lectures
En complément, voici les liens vers mes articles bilan :
Il faut reconnaître qu’un auteur
prénommé « Coline » publiant un livre prenant place à Lyon, la ville
aux deux collines, c’est assez cocasse.
Mais au-delà de l’anecdote (qui ne doit faire sourire que moi j’en ai peur) Coline Gatel signe avec « Les suppliciées du Rhône » un premier roman talentueux dont les qualités d’écriture et la finesse du propos en font un objet de lecture jubilatoire.
Car derrière l’intrigue principale
assez injustement résumée de manière un peu simpliste par le bandeau
promotionnel « Les experts à Lyon en 1897 », on trouve un récit
beaucoup profond et bien plus complexe qu’il n’y laisse paraître.
Enquête exclusive
S’il est bien question d’une enquête
« policière » tout ce qu’il y a de plus classique selon nos standards
actuels, la vraie force de l’histoire est que cette dernière est diligentée, de
leur propre chef, par un trio composé de deux étudiants en sciences médico
légale et une journaliste.
Et rien que ce trio constitue à
lui seul l’une des plus grandes forces de ce roman. Cela semble être une
évidence et presque un lieu commun que de dire que les personnages constituent
la colonne vertébrale d’un roman, et pourtant combien d’auteurs passent à côté
de leur propos en raison de personnages sans âme, caricaturaux ou négligés.
Si nos héros mettent en œuvre des
procédés dignes effectivement des plus grandes heures de « RIS :
Police Scientifique », le propos va heureusement plus loin que la simple
transposition dans le Lyon de cette fin de XIXe siècle.
Bien loin du luminol, des relevés infrarouges, ou toute autre technique exotique ultra moderne, on est ému d’assister aux prémices de la science médico légale, superbement incarnée par le maître de nos deux étudiants en la personne d’Alexandre Lacassagne.
Yes. Master.
Bien connu des lyonnais, au moins
pour l’avenue ou lieux qui portent son nom à défaut que cela soit pour son
œuvre, c’est à ma connaissance la première fois qu’Alexandre Lacassagne est mis
en scène dans une œuvre de fiction dans un rôle aussi important. Compte tenu de
l’importance du travail réalisé par ce prestigieux personnage, il est dommage
que la production écrite le concernant ne soit constitué à ce jour que de
publications scientifiques périodiques et d’aucune monographie d’ensemble ni
aucune fiction l’impliquant plus directement.
On assiste ainsi à un cours donné
par Lacassagne dans l’un des amphithéâtres de la faculté de Lyon dans une scène
qui, malgré son sujet grave (puisqu’il y est question d’une autopsie), mêle
humour et rigueur, sans tomber dans un voyeurisme malsain inutile.
Puis le rôle du professeur
s’estompe et laisse la place à deux de ses étudiants, dont l’un – le plus
proche de Lacassagne – fait office de personnage principal.
De fil en aiguille et au fil des
meurtres qui s’accumulent, nos trois compères échafaudent des théories, qu’ils
confrontent à la réalité du terrain en investiguant auprès des témoins ou
coupables potentiels, les interrogeant sur la base des éléments trouvés sur les
scènes de crimes ou lors des autopsies pratiquées sur une barge sur le Rhône.
Tout cela nous permet de nous
plonger dans ce Lyon de la fin du XIXe siècle et de nous confronter aux
conditions de l’époque. Pas de morgues bardées de haute technologie. Ici un
simple bateau, refroidi avec des blocs de glace. Un lieu et un procédé qui
permettent d’évacuer simplement et efficacement les déchets humains et autres
humeurs, directement dans le fleuve, le tout dans une odeur méphitique que bien
peu de monde supporterait de nos jours.
Etre femme
Mais bien plus finalement que les
crimes commis, leur résolution, les méthodes employées et le brio avec lequel
tout cela nous est conté avec luxe détails, la présence d’une femme dans le
trio principal apporte une vraie fraicheur au récit et avec lui tout un lot de
péripéties amicalo-sentimentales délectables.
Alternant les séquences
tragiques, les situations vaudevillesques et les moments d’une intense teneur
émotionnelle, le récit nous ballote sans ménagement dans un ballet incessant de
montagnes russes.
Cet ascenseur émotionnel est largement dû à la présence centrale des femmes dans le roman, au-delà de la seule héroïne, femmes qui donnent d’ailleurs au livre son titre.
Car derrière l’apparente
prépondérance des rôles masculins, surtout de celui qui va résoudre l’enquête à
travers une intrigue personnelle plus ou moins scabreuse, ce sont bel et bien
ces gentes dames qui portent l’intrigue.
Victimes, marâtres, bonnes-sœurs,
journaliste, mères, elles constituent toutes un pilier de la narration. En ces
temps de reconquête de leur légitime et juste place et reconnaissance dans la
société, mouvement qui aura hélas nécessité plusieurs scandales, le roman prend
un saveur toute particulière en ce qu’il ne relègue justement pas ces femmes à
des seconds rôles convenus.
En cela, l’héroïne, jeune femme d’origine
polonaise, s’habillant en garçon manqué par gout plus que par obligation, exerçant
la profession de journaliste au Progrès de Lyon est étincelante. Brillante,
courageuse, intelligente, n’hésitant pas à prendre des risques inconsidérés
pour faire avancer l’enquête, elle se heurte au conservatisme de ses deux acolytes
– qui par ailleurs se targuent de vouloir bousculer les habitudes établies – et
au machisme de l’époque.
Quoique très bien écrits dans l’ensemble,
ce personnage reste à mes yeux le mieux écrit de tous et le plus consistant. Il
soutient l’intrigue et apporte le liant nécessaire au trio principal qui, sans
elle (ne serait plus un trio…) serait bien fade.
Quand il ne reste que la fin
Si l’ensemble du roman permet de
soulever de nombreux sujets, allant de l’immigration coloniale, à la consommation
de stupéfiant en passant bien entendu par l’évocation détaillée de plusieurs
techniques médico-légales, sa principale faiblesse résidence à mon sens dans le
sous arc narratif sous-tendant le mobile du meurtrier et donc de l’enquête que
conduisent nos héros.
Assez alambiquée et par trop
personnelle au regard du déroulé du roman, elle en vient presque à gâcher la
fin de lecture. Le fait en plus que le reste du groupe puisse être tenu étranger
du dénouement final, rompt la dynamique mise en place par le groupe depuis le
début du récit.
Il n’en demeure pas moins que
cela n’enlève rien aux qualités du livre qui se lit à une vitesse redoutable et
qu’on ne lâche qu’à contre cœur.
Coline Gatel nous gratifie d’un
roman plaisant, tout en nuances et en subtilités dans une langue sans fioriture
et un ton juste. Si l’on ose espérer le prolongement de l’histoire de nos héros,
chose imaginable mais qui au ton de l’issue du livre reste improbable, on
aimerait bien retrouver la plume de Coline Gatel pour nous plonger une fois encore
au XIXe siècle.
Mais on ne sera pas sectaire, et quoiqu’il nous propose, on attend de pied ferme son prochain opus !
A force que cela nous soit rabâché
toute la journée dans les journaux, à la télévision ou sur n’importe quel site
d’information un peu sérieux, il fallait bien que cela arrive.
Popularisé par le chevelu et autobronzé Président des Etats-Unis, en la personne de Donald Trump, le concept de « Fake News » a désormais droit à un roman.
Et pas n’importe lequel et ce à
double titre. D’une part, c’est un roman français. Oui, avec un titre anglais.
Savoureux n’est-ce pas alors que l’on vitupère à longueur d’année sur la
défense de la langue française et de la francophonie. Même les américains n’ont
pas publié de roman avec un tel titre…
D’autre part, le roman n’est pas
l’œuvre d’un écrivain de métier. Ce n’est pas le dernier Musso ou Levy, mais
bien le fruit du travail de deux journalistes, certes sur le retour, mais des
journalistes quand même qui ont connus leurs heures de gloires au XXe siècle.
Bad news
Autant le dire tout de suite, c’est
mauvais ! Et là aussi, à double titre.
Tout d’abord, quoique l’on puisse
comprendre la fascination de certaines personnes pour le parcours et l’ascension
fulgurante de notre Président de la République actuel, Emmanuel Macron, le fait
est que ce même parcours reste un mystère et un objet de fantasme pour bon
nombre d’observateurs de la vie politique française, ce d’autant qu’ils en sont
observateurs depuis longtemps. Ce qui s’est passé en 2017 échappe à de nombreux
analyste, spécialistes et autres politologues qui cherche depuis lors, tant bien
que mal à retrouver des repères. Après le « Tuer Jupiter » de
François Médéline qui phosphorait déjà sur le sujet (et dont l’intrigue de ce
roman s’est très largement inspiré des grandes lignes), nous voici donc avec
une nouvelle œuvre de fiction mettant en scène un très jeune président nouvellement
et très largement élu, marié à une femme plus âgée, et qui bouscule le
microcosme politique français.
Au-delà de l’absence cruelle d’imagination,
qui masque mal la fascination pathologique pour cette situation politique
inédite, on discerne une certaine quête de sens où les auteurs tentent d’exprimer
leurs doutes et leurs interrogations que seul un exercice fictionnel leur
permet d’exorciser. Bien que certains articles journalistiques soit moins
factuels que conjecturels, il serait impensable de trouver de telles envolées
imaginaires dans les colonnes du Figaro ou des Echos.
Ensuite, s’il n’est pas original
sur le fond, sentiment renforcé par une intrigue cousue de fils blancs, le
roman est assez faible sur la forme. Le twist qui permet de débloquer l’intrigue
est confondant de nullité. Un collégien de 5e, ayant vu un ou deux
épisodes d’une série policière lambda n’aurait pas commis les mêmes erreurs d’écriture
sur les deux commissaires principaux qui passent ici, ainsi que l’ensemble des
forces de police pour des branquignoles qui feraient passer les sous-doués pour
des polytechniciens.
Sad news
Mais le véritable reproche dont l’ouvrage
se rend coupable (et par là je veux dire ses auteurs) c’est de ne servir que de
prétexte à une diatribe réactionnaire (pour ne pas dire de « vieux cons »)
qui joue une partition millénaire à base de « c’était mieux avant » et
de « on ne sait où l’on va dans ce monde pourri ».
A les lire, plus personnes dans
le personnel politique actuel, qu’il soit purement politique ou journalistique,
n’est suffisamment compétent pour être à la hauteur des enjeux. Tous les
personnages y sont décrits comme de parfaits amateurs quand ce ne sont pas carrément
des incompétents notoires.
Il est donc triste de découvrir de
tels objets livresques en 2019 (certes écrits en 2018, mais ça ne change pas grand-chose).
Triste d’abord parce que cela signe la défaite de l’imagination. Chaque fiction prend appui plus ou moins ouvertement et directement sur des faits ou des situations réelles. Et c’est tout à fait normal. Mais l’écueil, quand on base un peu trop son récit sur des faits réels, c’est que la fiction sonne creux et que l’on ne puisse plus se détacher du contexte. C’est d’ailleurs l’un des principaux problèmes de « L’été des quatre rois » de Camille Pascal qui brode plus qu’il ne raconte une histoire autant des faits historiques avérés de l’été 1830.
Triste parce que bien que leur « heure
de gloire » soit passée, Robert Namias et Michèle Cotta ont été des
journalistes sérieux et qu’ils n’avaient à mon sens pas la nécessité de se
fendre d’un pamphlet travesti en fiction pour regonfler leur notoriété bien
naturellement déclinante.
Je ne m’attarde pas sur le style
sans âme, digne d’un cours d’écriture standard, d’une banalité confondante qui,
s’il n’excelle évidemment pas, ne dessert pas plus le propos, lui-même sans
épaisseur.
Fake book
Ne se dégage de la lecture en
définitive qu’un sentiment d’aigreur. Et l’on comprend hélas, à l’issu de la
dernière ligne que le titre n’a qu’une vocation racoleuse au lieu de chercher,
même d’une façon modeste, à éclaircir le phénomène, réel, quoique très
difficilement mesurable de ces fameuses fausses nouvelles, dont le concept n’est
pas nouveau puisqu’il est défini par la loi depuis le XIXe siècle !
Un livre qui a pu trouver le
chemin des rotatives grâce à la notoriété de ses auteurs plus qu’à leurs
talents d’auteurs. Une source de regrets pour tous ceux qui ont produits des
pépites dont les éditeurs ne veulent hélas pas !
On connait tous la passion de
Patrick Poivre d’Arvor pour le
plagiat l’écriture. Aux commandes de l’émission littéraire « Vol
de nuit » pendant de très longues années, celui qui fut pendant longtemps
le journaliste le plus regardé de France, vit désormais au rythme des rentrées
littéraires et des salons qu’il fréquente pour éviter l’oubli.
Car il n’est écrit que la
postérité retienne du personnage ses talents d’auteur autant que sa voix (in)imitable,
popularisée par les Guignols à la grande époque.
Ainsi donc, « PPDA » commet en ce début d’année un nouveau roman, « La vengeance du loup« , publié opportunément à l’occasion de la « Rentrée littéraire d’hiver ».
Qui a eu cette idée folle ?
Je ne sais plus si j’ai eu l’occasion
de dire tout le mal que je pensais de ce concept malsain de « Rentrée
littéraire », un dispositif qui pouvait s’entendre à la fin de l’été quand
il coïncide avec la rentrée scolaire mais qui devient tout de suite beaucoup
plus nocif quand on cherche à le démultiplier à outrance sur le reste de l’année
pour créer l’évènement et espérer faire gonfler les ventes.
D’une part, la Rentrée littéraire
« canal historique » est devenu une vaste foire à bestiaux, où chaque
éditeur joue à celui qui aura la plus grosse en concourant au prix de celui qui
publiera le plus, le plus de premiers romans, etc. En résulte aujourd’hui une
cacophonie ahurissante, ou, si choix il y a effectivement, ce choix devient
cauchemardesque pour les libraires et les lecteurs qui ne savent plus à quel
saint se vouer, leur portefeuille en cette période de l’année n’étant pas des
plus épais comptes tenus des dépenses réalisées. Comment voulez-vous mettre en
avant quoique ce soit quand vous avez plusieurs centaines de titres publiés
simultanément ? N’en découle que des ventes de plus en plus faibles et un
évènement qui ne parvient même pas à faire émerger les talents, tous noyés qu’ils
sont au milieu de ce fatras indigeste écrasé par les mammouths indéboulonnables
que peuvent être les Nothomb et autres sociétaires de cette rentrée.
D’autre part, a force de démultiplier
ces « rentrées », le monde de l’édition, qui ne manque pourtant pas
de manuscrit à publier semble courir après le taux de remplissage des
rayonnages des librairies, et préfèrent parfois publier des choses médiocres
pour s’en débarrasser et faire du chiffre tout en espérant que cela passe inaperçu,
chose facile puisque, comme je le disais, beaucoup trop de titre publiés en
même temps sont la garantie d’en laisser passer beaucoup.
Bref. La rentrée littéraire est
un concept qui au bas mot me laisse froid, mais qui en réalité m’exaspère et me
révolte un peu plus chaque année. Elle est le fossoyeur de l’édition et sert d’alibi
à des gens aveuglés par le marketing au détriment d’une véritable politique
éditoriale cohérente et donc rentable.
Mais assez divergé ! Revenons-en
à notre Poivre.
Un plat qui se mange froid…
Bon, on ne va pas tortiller :
c’est fadasse.
Si Rastignac est souvent évoqué, on
est très loin du talent d’un Balzac, quand bien même il faut avouer que c’est
relativement chiant.
Là, si l’histoire globale est intéressante,
son déroulé est terriblement alambiqué et près des deux tiers du livre servent
de mise en situation. Cela aurait été tellement plus plaisant si tout ce
contexte, d’une part avait été resserré, mais surtout distillé plus finement au
cours du récit.
Un récit dont au final on n’est
que spectateur. Ce roman s’apparente à un train circulant dans les plaines de
Normandie. Tels des ruminants impavides, on se contente de le regarder passer,
sans émotion ni attente particulière.
Si l’on se laisse porter par le
récit, on n’éprouve à aucun moment empathie à affection pour les personnages
que l’on se contente de regarder faire des choses, et encore, assez sommairement
tellement les actions sont traitées sous formes d’ellipses grossières. On a le
sentiment de survoler l’intrigue sans jamais y être impliqué.
Cela rend au final la lecture
ennuyeuse et le roman oubliable. Enfin, il ne faudra tout de même pas trop être
amnésique puisqu’une suite est à attendre, ce qui se sent rapidement puisque,
quoique épais, l’intrigue n’avance pas suffisamment d’une page à l’autre pour
que l’on devine assez rapidement qu’on est en présence d’un premier tome. Dommage,
car il y avait matière à ne faire qu’un seul opus.
Alors certes, plusieurs passages
sont plutôt bien écrits et assez fluide. L’expérience de l’auteur du monde des
médias et de la politique confère une certaines saveurs à ces mêmes passages, mais
ils surnagent d’effroyables passages à vide artificiellement ponctués de
mini-cliffhanger grossiers, poussifs et maladivement rébarbatifs.
Oui… mais non
Au-delà du récit, ce que l’on
retient c’est une fois encore, comme c’est régulièrement le cas dans les
ouvrages du moment, qu’il s’agisse de la Psychologie de la Connerie de
Jean-François Marmion ou de Fake News de Robert Namias et Michèle Cotta, la rengaine
un peu réactionnaire du « c’était mieux avant » et « nous vivons
dans une époque complètement folle ». Une époque que certains « ancien »
semble avoir du mal à comprendre ou à s’approprier. L’époque n’est certes pas
parfaite, mais elle est justement le fruit de ce qui l’a précédé et rien ne
sert de déplorer les choses qui ne semblent pas aller droit quand on a soi-même
contribué à ce qu’elles aillent de travers.
Au final, il n’aura manqué qu’un
peu plus d’épaisseur aux personnages, une narration un peu moins superficielle
et paresseuse pour que l’on trouve, sinon un grand roman, du moins un ouvrage
véritablement digne d’intérêt.
Le pitch de « Belle-amie » sonne comme une blague. Le genre de sujet de rédaction de collège, version Nième réforme, en mode « Dans le style de Guy de Maupassant, écrivez la suite de « Bel-Ami » dans le style de l’auteur ». Comme si le simple fait d’écrire « comme » un auteur renommé suffisait à appréhender convenablement le style en question ou à produire un chef d’œuvre. Imiter n’est pas un passeport pour le talent.
Et c’est là toute la force de ce livre qui ne tombe pas dans ce piège.
Avec « Belle-Amie », Harold Cobert signe donc un roman prenant la suite directe du « Bel-Ami » de Guy de Maupassant. On retrouve ainsi George Duroy, laissé sur les marches de la Madeleine à la fin du premier opus, en pleine campagne électorale pour se faire élire à la chambre des députés, comme il se l’était promis.
Il va de soi que si l’œuvre
originale vous est étrangère, inutile de vous ruer sur ce
« Belle-Amie ». Et ne pensez pas vous rattraper en visionnant l’une
de ses adaptations filmiques. D’une part parce qu’en de très rare exception,
une adaptation, même si elle peut donner un objet cinématographique ou
télévisuel visuellement somptueux, trahit toujours l’œuvre originelle et prend
obligatoirement des libertés plus ou moins dérangeantes. D’autre part, si
l’esprit de l’œuvre et une partie de son texte peut se retrouver principalement
à travers les dialogues, la mélodie du texte et la beauté de la langue utilisée
vous échappera.
Tout ça pour dire qu’il faut lire, ou relire,
« Bel-Ami » avant de s’engouffrer dans la lecture de
« Belle-Amie » avec avidité pour en savourer tout le suc. D’abord
parce que si vous n’avez jamais lu « Bel-Ami », qui reste un
classique, ça manque à votre culture et puis ensuite parce que cela vous
glissera dans de véritables pantoufles pour apprécier tout le brio avec lequel
l’auteur de « Belle-Amie » a su saisir la plume de Maupassant pour se
l’approprier pour nous livrer une suite talentueuse, empreinte de respect pour
le récit initial sans tomber dans une caricature qui aurait pu virer au
grotesque.
Quel talent !
Si Harold Cobert emprunte l’esprit et la lettre de Maupassant, ce n’est pas pour violer son cadavre, comme peuvent le faire hélas de nombreux chanteurs français qui, à défaut de talent squatte celui des autres, mais bien pour proposer un propos construit servant une intrigue profonde et solide.
Le tout est narré dans une langue
soignée, dans la veine du niveau de langue en cours à l’époque de l’écriture de
« Bel-Ami », c’est-à-dire soutenu et élégant sans être alambiqué.
Tout juste l’auteur se permet-il quelques coquetteries pour donner un tour
légèrement plus moderne à certaines formulations, mais tout cela est d’une
subtilité telle que cela passe avec finesse.
Sauf à redécouvrir un testament
littéraire perdu de Maupassant, nous ne saurons jamais s’il avait l’intention
d’écrire une suite et, le cas échéant, ce qu’elle nous aurait raconté. Sur le
plan de la forme en revanche, si l’on ignore l’identité véritable de
« Belle-Amie », c’est à s’y méprendre et il est parfaitement possible
de s’imaginer être en présence d’une véritable œuvre de Maupassant.
Mais au-delà de la forme, dont
j’estime comme je viens de l’écrire que l’exercice est (très) réussi, l’ouvrage
s’apprécie également sur le fond et sur l’intrigue qu’il nous propose.
Et là encore, il vise juste !
La boucle est bouclée
« Belle-Amie » est un
récit qui permet de boucler l’histoire du héros de Maupassant, mais c’est
surtout l’illustration parfaite et machiavélique de vieux adages tels que
« on récolte ce que l’on sème » ou « l’arroseur arrosé ».
En effet, tous les travers et
toutes les « perfidies » auxquelles s’est livré George Duroy dans le
premier opus se retournent invariablement contre lui dans une implacable ironie
du sort. Un sort bien mérité pour certains lecteurs, ulcérés par l’attitude
délétère de cet arriviste éhonté.
Et pourtant, quoique détestable,
on finit par s’attacher au bonhomme et la fin de « Bel-Ami » nous
laisse sur notre faim et l’on se demande : « jusqu’où
ira-t-il ? ». A cela, Harold Cobert apporte une réponse à travers une
variation ciselée qui exploite intelligemment tous les ressorts narratifs du
premier opus, en bouclant au passage les arcs narratifs de beaucoup de
personnages rencontrés lors de la lecture, mais qui les complètes à travers un
contexte historique documenté qui fait pleinement part de l’intrigue et pas
seulement de décorum.
« Belle-Amie » est donc
une excellente opportunité de s’intéresser à cette fameuse affaire du canal de
Panama qui sert de toile de fond et retranscrit fidèlement, mais tout en
finesse, le contexte politique de l’époque. Bref, on s’y croirait.
Une suite dans l’air du temps
Mais « Belle-Amie » est
finalement et avant tout une histoire de femmes. Toutes ces femmes rencontrées
par Duroy et qui ont jalonné – et permis – son ascension sociale vont sceller sa
chute inéluctable. Tirant parti des faiblesses et travers de George Duroy,
l’une d’entre elle, dont l’identité ne nous est révélée qu’à l’approche de la
fin de l’ouvrage, parviens à le compromettre. Pour ajouter à l’indignité de sa
disgrâce, elle associe à sa manipulation son épouse et l’une de ses anciennes
maîtresses dans un climax jouissif qui laisse notre héros nu (au sens propre)
et à la merci d’une vengeance planifiée de longue date que ces dames savourent
froide et à pleines dents.
Notre bon George Duroy termine le
roman comme il avait commencé le premier : seul et sans le sou. Mais là où
il avait au moins le bénéfice de la liberté et de l’anonymat, le voici
désormais puni par le sort, frappé d’indignité aux yeux de tous (et de tout le
pays) et surtout… en détention !
Emporté par son ambition
insatiable et ses vices, la plupart des lecteurs trouvera que le retour de
bâton est mérité et à la hauteur de l’antipathie que peut provoquer cet
anti-héros rattrapé par ses propres pêchés.
« Belle-Amie » est au
final un titre à lire absolument qui fera date dans la production littéraire
française. Le style et l’intrigue sont maîtrisées et il est bien difficile de
reposer l’ouvrage tant on attend avec impatience de voir comment les choses
vont se solder.
Longtemps objet de mépris et marqueur sociétal d’exclusion, l’échec n’aura jamais aussi souvent été porté au pinacle des qualités dont il faut disposer pour, paradoxalement, réussir sa vie et réussir en société.
A tel point que ne pas échouer (oui, on dit aussi « réussir ») est désormais considéré comme quelque chose de louche, de politiquement incorrect, voire d’insolent (cf. une réussite insolente…)
Et pourtant, si l’échec n’est pas une tare, il y a tout de même un pas à franchir pour considérer que de non honteux, celui-ci puisse devenir un objet de fierté, voire un objectif à atteindre.
S’il est un fait établi que l’échec est un point de passage obligé dans toute entreprise humaine, il est établi également que ces échecs (inévitables donc) doivent être considérés comme des opportunités d’apprendre, de s’améliorer (en se corrigeant) et, par voie de conséquence de bâtir la route du succès.
L’approche de l’auteur, et de toute la littérature florissante sur le sujet, s’inscrit donc dans cette dynamique : accueillez l’échec à bras ouvert, ne vous lamentez pas et surtout, repartez à l’assaut !
Mais au delà de cette approche qui tente de dédramatiser sérieusement le sujet, le message délivré n’invite pas seulement à embrasser l’échec quand il se présente, mais presque à le provoquer. « Fail often, fail fast » est le mantra que certains entrepreneurs prônent pour justement, paradoxalement, accélérer l’arrivée du succès.
Ce qui me semble « dangereux », c’est le glissement de l’acceptation de l’échec à celui de la recherche de ce dernier. L’échec est inévitable donc autant y aller à fond.
Certes. Mais de mon point de vue, à être trop radical, on ne cherchera plus à donner le meilleur de soi et transformer la réussite en accident.
Si je rejoins le message de fond de l’ouvrage, je ne serais en revanche pas aussi absolu dans sa mise en oeuvre. Une lecture utile, mais à prendre avec un peu de recul.
Bel Ami
Une lecture de mise en situation pour le titre qui suit, mais qui me conforte dans l’idée qu’il est bien et bon de revenir périodiquement sur certains classiques (sauf les Confessions de Rousseau mais c’est une autre affaire).
A lire (ou relire) pour ceux qui en aurait gardé un souvenir amer de leurs études !
Un roman très plaisant qui nous plonge à la fois dans le Lyon de la fin du XIXe siècle et aux origines de la médecine légale incarnée par le renommé professeur Lacassagne et ses élèves.
Les rôles féminins sont la colonne vertébrale de ce roman policier, à la trame finalement classique, et constituent selon moi la vraie force du récit.
Un très bon premier roman à la lecture facile et plaisante.
« La vieillesse est un naufrage ». C’est la conclusion à laquelle j’arrive un peu plus chaque fois que je repense aux auteurs de ce pamphlet déguisé en roman.
Peu inspiré et peu inspirant, je ne vais pas m’étendre d’avantage que ce que j’ai déjà pu écrire sur ce livre qui va hélas bien marcher en librairie.
Qu’est-ce qu’un chef ?
Ce livre fait écho à celui de James Comey et devrait figurer dans les bibliothèques de toute personne en position de diriger quelque chose qui se respecte.
Bienveillant, l’ouvrage de Pierre de Villiers éclaire par un propos précis les qualités et savoir-être qui font de quelqu’un un « chef ». Mis bout à bout, ces « conseils » feront de vous un « bon » chef.
Pas besoin d’être au sommet de la hiérarchie militaire pour trouver dans ce livre de précieux enseignement sur le management et plus largement la nécessité de diriger, décider, trancher, arbitrer et conduire quelque chose. Y compris sa propre vie !
Comme dans son ouvrage précédent, Pierre de Villiers ne tombe ni dans la rancœur ni dans les regrets de son départ forcé, qu’il n’évoque d’ailleurs jamais.
Un livre d’une très grande classe, très bien écrit et d’une sagesse éclairante !
Est-ce parce qu’il y a un gros mot dans le titre ? Je ne saurais le dire.
Le fait est que les médias semblent fascinés par les cons et la connerie. Sans doute car cela leur donne un exutoire en ces temps de fake-news et autres gilets jaunes, ainsi qu’une explication rationnelle à la défiance à laquelle ils sont confrontés.
Ce livre ne méritait à mon sens pas autant de publicité. Pour le reste, j’ai déjà tout dit dans ma critique.
Latium (Tome 2)
Je me suis fait violence pour terminer l’année !
Peu convaincu par le premier tome, je me suis néanmoins attaqué à cette suite au moins autant pour la satisfaction de venir à bout de cette lecture que pour savoir quand même où tout cela devait nous conduire.
Chose à savoir, la numérotation des chapitres est linéaires. C’est à dire qu’au lieu d’avoir deux tomes, nous sommes en présence d’un seul et même roman scindé en deux volumes.
Toujours aussi inutilement verbeux, on peine à se frayer un chemin compréhensible dans cet entrelacs de personnages vaporeux.
La fin en elle-même est anecdotique et rend finalement tout cette lecture assez vaine.
Alors je ne sais pas vous, mais moi quand on essaie de me vendre un truc de force, à grand renforts de pub, d’articles, etc. j’ai tendance à faire tout l’inverse et à fuir.
Je ne comprends pas l’emballement médiatique autour de ce livre. Et je ne dois pas être le seul vu le flop incommensurable que le roman a connu lors de la saison des prix littéraires. Il n’aura obtenu qu’un lot de consolation avec le Goncourt des Lycéens.
Au-delà du sujet de fond qui pose de vraies questions sur la grande guerre et son horreur, les tirailleurs sénégalais, etc. c’est plutôt mal écrit et assez pénible à lire.
Je n’irais pas jusqu’à dire que l’absence de récompenses « prestigieuses » est méritée, mais peut-être que, contrairement aux oscars, une campagne de lobbying aura sans doute eu des effets inverses à ceux escomptés…
Le dernier jugement des templiers
Le dernier jugement des templiers
La quatrième de couverture du livre de Simonetta Cerrini est pleine de promesses !
Saura-t-on enfin ce qui provoqua ainsi la chute de l’ordre politico-chevaliero-religieux le plus connu et le plus intriguant de l’histoire ?
Dans une étude très fouillée, principalement appuyée sur un document retrouvé par hasard, on suit avidement les derniers mois, les dernières semaines et les derniers jours des templiers et de son dernier grand maître.
Ce qui est étonnant avec ce livre, c’est qu’il s’agit objectivement d’un travail universitaire, digne d’une soutenance de Thèse, mais qui, contre toute attente, se retrouve dans les rayons de littérature générale de votre librairie préférée.
C’est un pari osé de la part de l’éditeur (dont j’ignore la réussite dans les chiffres de ventes) d’autant que la lecture est en fin de compte assez rude tant y sont entremêlés les références et que la multiplicité des intervenants doublé de plusieurs aller-retours dans le temps, nous font régulièrement perdre pied.
Un livre intéressant et instructif qui ne va pour moi pas assez loin dans son effort de vulgarisation qui justifierait son positionnement éditorial.
Que ferait Steve Jobs à ma place ?
Lu plus par acquis de conscience qu’autre chose.
Sorti peu de temps après le décès en 2011 du fondateur d’Apple, ce livre n’est clairement qu’une tentative mesquine de surfer sur l’appétence d’un certain public pour une prétendue « méthode Steve Jobs ».
Sauf qu’une telle « méthode » n’existe pas…
A minima, et c’est ce que propose ce livre, pouvons-nous observer les actions et réactions de Steve Jobs face à certaines situations ou certains problèmes.
Source d’inspiration indéniable, tenter d’appliquer à la lettre d’hypothétique « préceptes » de Jobs quand il faut plutôt voir des traits de caractère, est un non sens colossal et absolu.
En fin de compte, un livre qui vous en apprend moins sur Steve Jobs ou vos projets que sur la façon dont l’auteur perçoit Steve Jobs. Quoiqu’elle ne soit pas véritablement toxique, je déconseille cette lecture.
Tout l’art d’Assassin’s Creed Odyssey
Assassin’s Creed Odyssey est pour moi le jeu vidéo de l’année et j’aurais l’occasion d’y revenir en détail dans un autre billet.
Bien que je doive admettre que deux biais joue dans ce jugement : mon affection pour la franchise et, plus encore, celui pour cette période de l’histoire qu’est la Grèce Antique, à laquelle j’ai consacré une partie de mes études.
Déjà sublimée avec le précédent opus (Assassin’s Creed Origins) qui prenait place en Egypte Ancienne (une époque également chère à mon cœur), les gars de chez Ubisoft (développeurs, artistes ou historiens) ont non seulement prolongé l’expérience déjà éblouissante proposée par Origins (Gameplay, scenario, graphismes, etc.) mais l’ont sublimé dans cette suite tout à fait grandiose.
Cet ouvrage revient donc en détails sur le processus créatif des aspects esthétiques du jeu (mettant donc de côté les aspects purement ludique) et des recherches entreprises pour recréer les textures, les paysages, les personnages, etc.
S’il est conseillé de ne pas le lire avant d’avoir bouclé la trame principale du jeu, ce livre est une vraie mine d’or et de connaissances, que l’on pourra compléter par des lectures plus poussées sur tel ou tel sujet (biographies, monographies ou étude d’architecture).
Un complément plaisant au livre qui permet d’approcher d’un peu plus près le travail de l’ombre de ceux qui contribuent à rendre ces jeux beaux et crédibles.
Anges déchus
On ne peut hélas pas en dire autant de la suite de Carbone Modifié. Si l’on peut parler d’une suite. En effet, c’est bien le même héros, qui, réenveloppé dans un autre corps, n’a plus la même apparence physique que dans le premier volet, mais au delà de ça, rien à voir avec le premier opus.
Pas d’enquête, aucun personnages issus du premier tome en dehors du héros. Là il est question vaguement d’une arnaque ou d’un « casse du siècle », mais dont la trame est plus que confuse, ce qui rend la lecture assez pénible au final. Pas sur de boucler le cycle et le troisième tome cette année…
Face à Faces
Ma « madeleine de Proust » de l’année ! Michel Courtemanche a pour ainsi dire « bercé » mon enfance. Sans que j’en comprenne toujours tous les tenants et aboutissants, ses grimaces ont toujours eu sur moi un effet hilarant !
Ce livre est passé totalement inaperçu en France, un comble quand on sait le succès qu’à rencontré l’humoriste dans nos contrées.
Même si le vocable est abusif, ce livre signe le retour de Michel Courtemanche. Abusif, car si sa carrière a été incontestablement mise entre parenthèses, le bonhomme n’est pas resté inactif et n’a jamais complètement disparu des radars.
L’auteur se livre ici à cœur ouvert dans un exercice d’une rare sincérité dans lequel transparaît à la fois les fêlures mais également la perversité du système dans lequel il est tombé, comme tant d’autres.
Un livre très émouvant doublé d’une plongée nostalgique dans les années 90.
Ce que je peux enfin vous dire
Au risque de paraître misogyne, sectaire, rétrograde, condescendant, ou tout autre qualificatif dont se voit gratifié quelqu’un qui ose dire du « mal » de Ségolène Royal, force est malheureusement d’admettre que ce livre est, au mieux une resucée de livres ou propos précédent de la demi-finaliste de 2007, au pire un étalage de naïveté.
Ségolène Royal a eu une vie politique. On ne peut pas lui enlever, et on doit même reconnaître qu’elle a eu un rôle certain dans l’avancée de certains sujets.
Mais Ségolène Royal a fait son temps. Elle ne coche plus les cases de l’époque.
Ce livre est une vaine tentative (de plus) de revenir au centre de l’attention, en surfant à la fois sur le succès (relatif) de la COP 21 (mais qui date un peu) et sur la vague #metoo. En résulte un ouvrage brouillon, pas soigné (à l’image de la coiffure en couverture) qui masque mal les ambition (déçues depuis) d’un retour dans la vie politique par un biais ou un autre…
Raté sur les deux tableaux. Et j’arrête là sur ce livre, au risque d’être encore plus désagréable…
A l’aventure compagnons
Transcription romancée de la saga « radiophonique » renommée, ce premier volume du Donjon de Naheulbeuk fera le délice des fans comme des néophytes.
Parodiant gentiment les classiques du genre et l’univers des jeux de rôles, la série trouve ici une traduction littéraire et romanesque, mettant en scène les dialogues originaux, savamment mis en scène et enrichis des décors ainsi que des pensées de personnages.
Drôle et brillant !
Les cieux pétrifiés
Dernier tome de la trilogie de la terre fracturée, ce roman vient conclure cette saga laborieuse, tant dans sa lecture que sa compréhension.
Mimi
« Mimi » a été aussi vite enterré qu’il n’était apparu dans l’actualité.
Est-ce parce que tout le monde s’est empressé d’oublier ou d’effacer discrètement sa sortie ? Ou bien parce que son contenu était finalement plus pauvre que ne le laissait présager l’onde de frissons qui parcouru alors le monde politique et médiatique ?
Sans doute un peu des deux.
Si l’on découvre le parcours de Michèle Marchand, les auteurs se sont heurtés à tant de mutisme (pour ne pas dire « d’hostilité ») qu’ils n’ont finalement pas pu creuser bien profond. On devine néanmoins, entre les lignes, tout un tas de collusions malsaines, de petits arrangements, et au final un monde souterrain où se mêlent les puissants et les nantis.
Les auteurs nous décrivent finalement un monde de faux-semblants et de manipulations dont les classes moyennes et défavorisées se trouve les spectatrices à travers une presse people et magazine finalement assez manipulée.
C’est très bien écrit et les auteurs ont produit un travail remarquable mais le propos qu’il révèle est navrant. La France d’en haut a encore de beaux jours devant elle !
Les portes de la délivrance (Salvation Tome 1)
Ce nouvel opus de Peter F. Hamilton incarne ce qu pourrait être le pinacle de son oeuvre. Une savante alchimie entre ses différents cycle SF et ses space opéra grandioses.
Dans un style toujours impeccable, son intrigue ciselée à tiroir nous emmène avec un brio qui sublime le récit. Les intrigues imbriquées ne cessent de nous étonner et page après page nous n’avons qu’une seule hâte : connaître la suite !
Compte tenu de l’ampleur et de la qualité de son oeuvre accomplie, il était difficile de rêver à mieux, mais c’est pourtant chose faite. Non que cela remette en cause la qualité des précédents opus mais le savant mélange d’action, d’odyssée spatiale, de politique, etc. en fait une oeuvre majeure et magistrale.
A la lueur de la qualité de son oeuvre accomplie, il était difficile de rêver à mieux, mais c’est pourtant chose faite. Non que cela remette en cause la qualité des précédents opus mais le savant mélange d’action, d’odyssée spatiale, de politique, etc. en fait une oeuvre majeure et magistrale.
Le château de Versailles fait rêver beaucoup de monde. Et un bon conseil à donner pour ceux qui veulent un jour visiter l’un des joyaux du patrimoine français c’est, d’une part d’aller s’entraîner à Ikea pour apprendre à maîtriser une visite en sens unique (histoire d’éviter de se faire enguirlander par un vigile si vous avez l’outrecuidance de vouloir faire demi-tour au milieu du parcours), et d’autre part, c’est de ne pas lire ce livre.
Oeuvre de l’ancien responsable des jardins du parc renommé, les propos tenus, qui ne sont pas dénués d’intérêts par les quelques anecdotes narrées, sont le fait d’un homme aigri et blasé.
Sans doute incité par sa mise en retraite, le récit qui s’égraine page après page est plein de ressentiment et d’amertume, voire d’une certaine colère. Sous des dehors d’ode à ce prestigieux bâtiment, chaque chapitre est l’occasion pour l’auteur de se lamenter sur le thème universel du « c’était mieux avant ».
Chacun en prend pour son grade, qu’il s’agisse des politiques, des gestionnaires, ou, le plus souvent, des visiteurs.
On préférera à ce livre désabusé la lecture d’une bonne monographie sur le château et son parc, dépouillé de toute la négativité que laisse transparaître sciemment l’auteur de celui-ci…
L’âme d’une image
Ceux qui m’ont vu traîner sur les réseaux sociaux de l’internet mondial savent que je suis tombé dans la marmite de la photographie.
En ce domaine, comme dans tous les autres, on ne cesse jamais d’apprendre. Apprendre en pratiquant, apprendre en écoutant ceux qui maîtrise le sujet, apprendre encore en lisant sur le sujet.
Après avoir suivi un workshop en ligne de David DuChemin (photographe humanitaire canadien) le hasard a voulu que la version française de l’un de ses ouvrages soit publié par les éditions Eyrolles le jour de mon anniversaire 🙂
Ce livre est une véritable source d’inspiration et donne à voir un aperçu du travail de David DuChemin.
Bien entendu, c’est une lecture qui s’entend parmi d’autres, plus ou moins technique ou plus ou moins artistiques selon votre niveau de pratique. Mais la pratique photo ne peut s’améliorer que si l’on dépasse les seules considérations techniques pour s’élever vers la quête de sens pour nos images qui doivent pour principale vocation, non pas d’être simplement « nettes » mais de délivrer un message, une émotion. Bref : avoir une âme.
Destin Français
Vous connaissez la différence entre le métier de chirurgien et celui d’un historien ? Il ne viendrait à l’idée de personne de pratiquer le premier sur un coup de tête (à part si vous êtes un psychopathe ou un tueur en série). Alors que pour le métier du second, il semble que n’importe quel branquignole puisse s’y essayer sans gène aucune.
Il faut dire que, contrairement au premier, il n’y a pas mort d’homme… Encore que je risque un AVC à chaque fois que je vois une vidéo de Loran Deutsch…
Pourquoi certains se sentent-ils obligés de parler d’Histoire, surtout pour dire des conneries ? On entend nettement moins de monde disserter sur la physique nucléaire ou les accélérateurs de particules…
Ce serait encore pour proposer une lecture originale d’un épisode de l’histoire, comme a pu le faire Camille Pascal, mais hélas la plupart du temps, les ouvrages appuyés sur l’Histoire n’ont d’autre vocation que de servir un sous-texte maladroit sur des opinions politiques pas toujours fraîches (sauf pour Loran Deutsch qui n’a d’autre visée que mercantiliste).
Peu de choses à dire de ce nième Zemour, à part que si certains fait sont vrais, le reste n’est que pures élucubrations délirantes, sans queue ni tête, et sans colonne vertébrale.
A fuir, non à cause de son (faible) fond idéologique, mais plutôt parce que cela ne nous apprend rien…
Tu peux ou tu peux pas
Un livre au concept interessant qui pourrait presque se prêter à une déclinaison sous forme de jeu de société !
Quelques cas sont présentés de manière un peu tordue afin de rentrer dans le cadre proposé par le livre mais on passe dans tous les cas un bon moment en plus de découvrir certaines choses insolites.
Un été avec Homère
Bien que n’étant pas auditeur de France Inter, la publication livresque de la chronique estivale de Sylvain Tesson a éveillé ma curiosité.
Mon passé scolaire (littéraire et historique) pendant lequel est née ma passion pour la Grèce me rendait le pitch alléchant.
Et le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu !
La poésie avec laquelle l’auteur nous dépeint la Grèce et ses paysages, sculptés par la puissance des éléments qui s’y déchaînent, est d’une rare élégance.
Dans le même ordre, son approche très simple et didactique des deux poèmes majeurs d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée, nous plonge dans ce passé ancestral, mythologique, mais nous ramène invariablement à notre présent, tant les propos du poète n’ont rien perdu de leur actualité.
Plus qu’un guide de lecture ou une analyse textuelle, le livre de Sylvain Tesson nous donne à observer minutieusement ces héros du passé pour mieux nous les faire apprécier au présent pour ceux d’entre nous qui auraient encore mal au crâne après la lecture ânonnée des vers originaux !
Tyranny of metrics
J’ai une critique en cours d’écriture sur cet ouvrage, pour le moment non traduit en français, ce qui est dommage car il échappe de ce fait à une partie de son public non anglophone…
Ce livre devrait être sur la table de chevet de bon nombre de responsables politique, de chefs d’administrations publiques ou d’entreprises.
Par ce brillant exposé, Jerry Z. Muller démontre, exemple réels à l’appui, que la mise en oeuvre d’indicateurs de manière ostensible est contre productive.
Loin de permettre d’atteindre des objectifs et d’améliorer les choses au quotidien, les indicateurs s’auto-entretiennent et génèrent un cercle vicieux qui annule le potentiel effet bénéfique qu’ils pourraient avoir s’ils étaient utilisés intelligemment avec parcimonie…
Un ouvrage éclairant à recommander !
The design of everyday things
C’est dans le cadre de mon travail à la ville que je me suis penché sur les questions de design.
Cet ouvrage est une référence du sujet et sa lecture intéressera au delà de ceux qui ont à travailler sur le sujet.
L’auteur, expert du sujet, ancien de chez Apple, explore le sujet de fond en comble, le tout appuyé de nombreux exemples et cas pratiques. Vous terminerez ainsi la lecture en sachant ce qu’est le design, ce qu’est un BON design et l’importance que cela revêt.
J’ai une fiche de lecture complète sur cet ouvrage en attente de finalisation, que je partagerais ici dès sa finalisation.
Le sang des 7 rois (Tome 7)
C’est enfin terminé…
A rebours, il apparaît clairement qu’il n’y avait pas besoin d’écrire sept volumes pour raconter tout ça.
Si Star Wars a créé malgré lui la mode des trilogie, il semble que cerrtains auteurs se sentent obligés, comme pour Harry Potter ou Game of Thrones d’en faire sept.
Sans tailler inutilement dans le lard, l’ensemble tiendrait raisonnablement en trois (voire quatre) volumes. Cela épargnerait certaines longueurs ou certaines digressions, qui n’apportent rien au propos ou à la littérature en général.
C’est un reproche que je formule régulièrement à l’endroit de certaines œuvres littéraires. Non pas comme un américain qui voudrait que tout lui soit prémâché ou qui attend qu’une adaptation sorte en DVD pour moins se prendre la tête, mais plutôt comme un amoureux de la qualité.
Et qualité ne rime que rarement avec quantité. Au prétexte de produire du texte au kilomètre afin de remplir les rayonnages des librairies (et des lecteurs) certains roman enflent.
Si l’inutile a son utilité, il faut savoir garder une cohérence à son récit et ne pas diluer son propos dans des élucubrations, peut être très bien écrite, mais qui dilapide l’attention du lecteur et noie l’intrigue.
Le lent passage de la fantasy à la science-fiction de cette série est mal géré. Dommage car il aurait pu y avoir un vrai coup éditorial à jouer.
C’est à mon sens le meilleur opus de la série à ce jour.
Non que les précédents soient d’une quelconque médiocrité, mais l’ampleur que prennent ici les personnages est exceptionnelle.
Alors qu’ils vivent d’habitude toutes leurs aventures ensembles, nos héros sont ici chacun de leur côté.
Ils atteignent dans ce tome une profondeur d’écriture incroyable et, s’il le fallait encore, accroissent la cohérence de leurs histoires et confortent notre empathie à leur endroit.
Sur fond de terreur incroyable, les auteurs déploient une histoire riche et développent encore plus l’univers patiemment mis en place depuis le premier opus.
Sentiment très mitigé sur ce roman de politique fiction qui témoigne moins d’un talent littéraire que d’une prise de température de l’époque.
Sans aller jusqu’à dire qu’il est audacieux ou original, le pitch et son déroulé sont à tout le moins… rafraichissant, disons-le comme ça (même s’il est quand même question de l’assassinat du président de la république et d’un complot).
C’est peut-être le livre de chevet de quelques gilets jaunes qui rêvent sans doute d’enterrer notre sémillant président. Qui sait ?
Les chroniques de Méduse
Peu familier des œuvres d’Arthur C. Clarcke, j’ai jeté mon dévolu sur ce roman à la faveur de la Petite OP 2018. Quoique uniquement « inspiré » d’une nouvelle de Clarcke, il donne selon moi un bon aperçu de l’univers de Clarcke. Sans trahir ce dernier, les auteur ont su avec talent proposer quelque chose de neuf et de fidèle.
On prend plaisir à suivre les aventures de ce vétéran à travers lesquelles on aborde des questions existentielles fréquentes dans la littérature SF actuelle : la prolongation de la vie sur plusieurs centaines d’années, l’acceptation de la différence, les sens du devoir, etc.
Un très bon roman !
Petit Paul
Honnêtement, il n’y aurait pas eu la polémique à propos de cette BD, je ne m’y serais pas intéressé. Comme quoi, on a rien fait de mieux en termes marketing et promotionnel…
Du coup, par esprit de contradiction ou pour jouer les rebelles en mousse, je me suis rendu dans la librairie Glénat à Lyon pour repartir avec mon exemplaire sous le bras.
C’est gras, c’est sur. C’est loin d’être fin, c’est évident. Mais l’ouvrage est plus « drôle » que « trash ». La démesure de certaines situation et le ridicule de l’ensemble font inévitablement sourire même quand c’est pas drôle…
Passée la première lecture, on y revient pas forcément, ce qui laisse à penser que, sans la polémique, l’ouvrage n’aurait peut-être pas, par son seul contenu, trouvé son public…
Le sang des 7 rois (Tome 6)
Probablement le volume le plus faible de la série.
Je ne suis parvenu jusqu’ici qu’à force d’abnégation et de persévérance. Limite acharnement littéraire…
L’intrigue part complètement en vrille et le roman ne se cache même plus pour nous dire que l’on meuble en attendant le dernier tome.
Avec « Tuer Jupiter« , François Médecine commet la « caution » politique de la rentrée littéraire 2018.
Vous savez « LA » rentrée littéraire. Un évènement marketing plus ou moins symbolique qui s’est transformé d’année en année en un concours de « celui-qui-aura-la-plus-longue » pour savoir qui publiera le plus grand nombre de « nouveautés » quand vient la fin de l’été.
En résulte un maelström insondable où l’on est à peu près certain de tomber sur un truc pas à son goût parmi un océan de choses qu’on ne cherchait pas.
En somme, un peu comme un premier jour de soldes ces Zara ou une recherche sur Google.
Bref. C’est un autre sujet.
Pitch, le résumé de potche
Emmanuel Macron, président de la République Française a été assassiné. Le pays est sous le choc. Le livre démarre le jour où l’on fait entrer le chef de l’état défunt au panthéon. Ces premiers instants sont l’occasion pour l’auteur d’imaginer ce que serait la situation en pareil cas, de la couverture médiatique au ballet des politiques qui se voient déjà prendre sa place en passant par Brigitte, dont l’attitude altière force l’admiration (ou la détestation – comme aujourd’hui quoi).
L’auteur en profite pour égratigner assez singulièrement Gérard Larcher, président actuel du Sénat, qui devient en de pareilles circonstances de facto Président de la République par intérim, comme le prévoit la constitution.
Je dois avouer ne pas saisir pourquoi plusieurs romans tournant autour d’un empêchement du président, que ce soit par décès ou démission, prennent un malin plaisir à dépeindre le président du Sénat en exercice comme un loup affamé de pouvoir, n’attendant que le jour où ils pourront sans forcer prendre la place suprême.
On peine à comprendre ce que cherche à nous dire les auteurs à travers ces descriptions peu flatteuses. Les hommes politiques accédant au pouvoir sont-ils tous pour eux des arrivistes et des personnes avides de pouvoir ? La constitution de la Ve République est-elle aussi mal conçue qu’un homme non élu par le suffrage universel direct peu ainsi accéder aux plus hautes fonctions de l’état de manière indue ? Il faut pourtant bien que la continuité de l’État soit garantie, non ? Ou alors, comme je le soupçonne, il ne s’agit que de « se payer la tête » à peu de frais du troisième personnage de l’état, car après tout, le sénat ça ne sert à rien, ça coûte cher et qu’il n’y a pas de mal à brusquer un peu ces vieillards engourdis.
Bref, Gérard Larcher en prend largement pour son grade et passe pour le dernier des falots.
Be kind : rewind
A partir de ce momentum, le récit se déroule de manière antéchronologique. On remonte ainsi le temps assistant à un mélodrame quasi comique avec un Gérard Collomb inconsolable. Quand on sait qu’il démissionnera finalement dans la vraie vie, cela donne un saveur toute particulière à ce comportement quasi mystique de ce vieux ministre ressentant dans sa chair la disparition d’un être aimé. Cette attitude contraste d’autant plus avec celui de Brigitte, qui, droite dans l’adversité, ne laisse pas transpirer autant de détresse et ne se laisse pas aller.
Bref. Gérard aussi en prend pour son grade.
Mais au-delà de ces quelques clichés savoureux de notre personnel politique actuel (qui épargne assez étonnamment le parti du président qui regroupe pourtant le plus grand nombre de ses fans enamourés) le roman propose bel et bien de nous expliquer ce qui a conduit à l’assassinat de notre bon président avec des chocolat empoisonnés. On s’attendait à une histoire de cordon bleu vérolés, mais l’auteur n’aura pas poussé la moquerie jusque-là.
Et c’est là que le bât blesse…
En voilà une idée qu’elle est bonne !
Tuer Jupiter est un ouvrage à classer parmi les projets nés sur une intuition boiteuse. Ou plutôt à ce qu’une partie des gens pensent être un genre littéraire à part entière, et qui s’appellerait « Et qu’est ce qui se passerait si ? ».
Sauf qu’une dystopie ne fait pas forcément un bon bouquin.
Si un postulat de départ audacieux permet d’entrapercevoir une intrigue passionnante, ce postulat seul ne permet pas de soutenir tout le récit.
Et si indéniablement le roman est parsemé de moment de bravoure, ceux-ci sont hélas anéantis par des faiblesses d’écriture impardonnable…
Alors oui, bravoure il y a, comme ces moments savoureux où Donald Trump est trollé comme jamais ou encore cette pseudo satyre des réseaux sociaux quand, au lieu de consacrer plusieurs chapitres classiques au déroulé attendu et convenu des événements, l’auteur reconstitue une timeline Twitter, qui sonne juste et que l’on retrouverait très certainement sur nos écrans.
Ce « live-tweet » de l’actualité permet de mesurer le glissement de notre société vers l’information spectacle, l’absence de filtres qui fait lit des intox et autres fake-news relayées sans relâche soit par malveillance soit par ignorance.
Mais par-delà ces quelques fugaces idées lumineuses dont la lecture est par moment jubilatoire, on peine à s’extraire d’une narration brouillonne qui dilue inutilement le sens du propos.
Ainsi on ne compte plus le nombre de chapitres parfaitement inutiles, ceux dont on constate qu’une fois retirés du livre, ils ne manquent pas, signe que ni leur fond ni leur forme ne contribuait d’aucune façon à l’intrigue.
De même, l’auteur semble prendre plaisir à abuser des répétitions, un effet rarement porteur de sens, sauf en de très rares occasions, et que les plus élémentaires leçons de grammaires et d’écriture invitent à éviter.
Alors, on en pense quoi ?
Je dois avouer avoir été très en colère à l’issue de cette lecture. Non que je sois une groupie d’Emmanuel Macron dont la perspective du décès serait de nature à me plonger dans des abysses de dépression, mais plutôt parce que ses faiblesses d’écriture et son emploi maladroit d’une structure antéchronologique donne le sentiment d’avoir achevé un mauvais roman.
Alors qu’en réalité, une fois reposé l’ouvrage, et digéré ses dernières lignes, les choses apparaissent nettement moins simplistes qu’elle ne semblent l’être.
Passée l’ironie et la moquerie, l’auteur nous propose une intrigue qui, et c’est triste à dire, est tout à fait vraisemblable. De là à dire qu’un tel scénario puisse effectivement se dérouler dans le monde réel, il y a un pas à qu’on ne franchit pas encore. Mais force est d’admettre que ceux qui sont responsables dans le livre seraient tout à fait capable d’imaginer de tels procédés et le seul fait de l’admettre fait froid dans le dos.
Donc au final une lecture un peu pénible en raison d’une écriture qui sabote le propos. Dommage, car le fil directeur, s’il avait été moins confus aurait pu être développé plus convenablement pour lui donner plus de force.