Récap’ de mes lectures de Novembre 2018

Frère d’âme

Alors je ne sais pas vous, mais moi quand on essaie de me vendre un truc de force, à grand renforts de pub, d’articles, etc. j’ai tendance à faire tout l’inverse et à fuir.

Je ne comprends pas l’emballement médiatique autour de ce livre. Et je ne dois pas être le seul vu le flop incommensurable que le roman a connu lors de la saison des prix littéraires. Il n’aura obtenu qu’un lot de consolation avec le Goncourt des Lycéens.

Au-delà du sujet de fond qui pose de vraies questions sur la grande guerre et son horreur, les tirailleurs sénégalais, etc. c’est plutôt mal écrit et assez pénible à lire.

Je n’irais pas jusqu’à dire que l’absence de récompenses « prestigieuses » est méritée, mais peut-être que, contrairement aux oscars, une campagne de lobbying aura sans doute eu des effets inverses à ceux escomptés…

Le dernier jugement des templiers

Le dernier jugement des templiers

La quatrième de couverture du livre de Simonetta Cerrini est pleine de promesses !

Saura-t-on enfin ce qui provoqua ainsi la chute de l’ordre politico-chevaliero-religieux le plus connu et le plus intriguant de l’histoire ?

Dans une étude très fouillée, principalement appuyée sur un document retrouvé par hasard, on suit avidement les derniers mois, les dernières semaines et les derniers jours des templiers et de son dernier grand maître.

Ce qui est étonnant avec ce livre, c’est qu’il s’agit objectivement d’un travail universitaire, digne d’une soutenance de Thèse, mais qui, contre toute attente, se retrouve dans les rayons de littérature générale de votre librairie préférée.

C’est un pari osé de la part de l’éditeur (dont j’ignore la réussite dans les chiffres de ventes) d’autant que la lecture est en fin de compte assez rude tant y sont entremêlés les références et que la multiplicité des intervenants doublé de plusieurs aller-retours dans le temps, nous font régulièrement perdre pied.

Un livre intéressant et instructif qui ne va pour moi pas assez loin dans son effort de vulgarisation qui justifierait son positionnement éditorial.

Que ferait Steve Jobs à ma place ?

Lu plus par acquis de conscience qu’autre chose.

Sorti peu de temps après le décès en 2011 du fondateur d’Apple, ce livre n’est clairement qu’une tentative mesquine de surfer sur l’appétence d’un certain public pour une prétendue « méthode Steve Jobs ».

Sauf qu’une telle « méthode » n’existe pas…

A minima, et c’est ce que propose ce livre, pouvons-nous observer les actions et réactions de Steve Jobs face à certaines situations ou certains problèmes.

Source d’inspiration indéniable, tenter d’appliquer à la lettre d’hypothétique « préceptes » de Jobs quand il faut plutôt voir des traits de caractère, est un non sens colossal et absolu.

En fin de compte, un livre qui vous en apprend moins sur Steve Jobs ou vos projets que sur la façon dont l’auteur perçoit Steve Jobs. Quoiqu’elle ne soit pas véritablement toxique, je déconseille cette lecture.

Tout l’art d’Assassin’s Creed Odyssey

Assassin’s Creed Odyssey est pour moi le jeu vidéo de l’année et j’aurais l’occasion d’y revenir en détail dans un autre billet.

Bien que je doive admettre que deux biais joue dans ce jugement : mon affection pour la franchise et, plus encore, celui pour cette période de l’histoire qu’est la Grèce Antique, à laquelle j’ai consacré une partie de mes études.

Déjà sublimée avec le précédent opus (Assassin’s Creed Origins) qui prenait place en Egypte Ancienne (une époque également chère à mon cœur), les gars de chez Ubisoft (développeurs, artistes ou historiens) ont non seulement prolongé l’expérience déjà éblouissante proposée par Origins (Gameplay, scenario, graphismes, etc.) mais l’ont sublimé dans cette suite tout à fait grandiose.

Cet ouvrage revient donc en détails sur le processus créatif des aspects esthétiques du jeu (mettant donc de côté les aspects purement ludique) et des recherches entreprises pour recréer les textures, les paysages, les personnages, etc.

S’il est conseillé de ne pas le lire avant d’avoir bouclé la trame principale du jeu, ce livre est une vraie mine d’or et de connaissances, que l’on pourra compléter par des lectures plus poussées sur tel ou tel sujet (biographies, monographies ou étude d’architecture).

Un complément plaisant au livre qui permet d’approcher d’un peu plus près le travail de l’ombre de ceux qui contribuent à rendre ces jeux beaux et crédibles.

Anges déchus

On ne peut hélas pas en dire autant de la suite de Carbone Modifié. Si l’on peut parler d’une suite. En effet, c’est bien le même héros, qui, réenveloppé dans un autre corps, n’a plus la même apparence physique que dans le premier volet, mais au delà de ça, rien à voir avec le premier opus.

Pas d’enquête, aucun personnages issus du premier tome en dehors du héros. Là il est question vaguement d’une arnaque ou d’un « casse du siècle », mais dont la trame est plus que confuse, ce qui rend la lecture assez pénible au final. Pas sur de boucler le cycle et le troisième tome cette année…

Face à Faces

Ma « madeleine de Proust » de l’année ! Michel Courtemanche a pour ainsi dire « bercé » mon enfance. Sans que j’en comprenne toujours tous les tenants et aboutissants, ses grimaces ont toujours eu sur moi un effet hilarant !

Ce livre est passé totalement inaperçu en France, un comble quand on sait le succès qu’à rencontré l’humoriste dans nos contrées.

Même si le vocable est abusif, ce livre signe le retour de Michel Courtemanche. Abusif, car si sa carrière a été incontestablement mise entre parenthèses, le bonhomme n’est pas resté inactif et n’a jamais complètement disparu des radars.

L’auteur se livre ici à cœur ouvert dans un exercice d’une rare sincérité dans lequel transparaît à la fois les fêlures mais également la perversité du système dans lequel il est tombé, comme tant d’autres.

Un livre très émouvant doublé d’une plongée nostalgique dans les années 90.

Ce que je peux enfin vous dire

Au risque de paraître misogyne, sectaire, rétrograde, condescendant, ou tout autre qualificatif dont se voit gratifié quelqu’un qui ose dire du « mal » de Ségolène Royal, force est malheureusement d’admettre que ce livre est, au mieux une resucée de livres ou propos précédent de la demi-finaliste de 2007, au pire un étalage de naïveté.

Ségolène Royal a eu une vie politique. On ne peut pas lui enlever, et on doit même reconnaître qu’elle a eu un rôle certain dans l’avancée de certains sujets.

Mais Ségolène Royal a fait son temps. Elle ne coche plus les cases de l’époque.

Ce livre est une vaine tentative (de plus) de revenir au centre de l’attention, en surfant à la fois sur le succès (relatif) de la COP 21 (mais qui date un peu) et sur la vague #metoo. En résulte un ouvrage brouillon, pas soigné (à l’image de la coiffure en couverture) qui masque mal les ambition (déçues depuis) d’un retour dans la vie politique par un biais ou un autre…

Raté sur les deux tableaux. Et j’arrête là sur ce livre, au risque d’être encore plus désagréable…

A l’aventure compagnons

Transcription romancée de la saga « radiophonique » renommée, ce premier volume du Donjon de Naheulbeuk fera le délice des fans comme des néophytes.

Parodiant gentiment les classiques du genre et l’univers des jeux de rôles, la série trouve ici une traduction littéraire et romanesque, mettant en scène les dialogues originaux, savamment mis en scène et enrichis des décors ainsi que des pensées de personnages.

Drôle et brillant !

Les cieux pétrifiés

Dernier tome de la trilogie de la terre fracturée, ce roman vient conclure cette saga laborieuse, tant dans sa lecture que sa compréhension.

Mimi

« Mimi » a été aussi vite enterré qu’il n’était apparu dans l’actualité.

Est-ce parce que tout le monde s’est empressé d’oublier ou d’effacer discrètement sa sortie ? Ou bien parce que son contenu était finalement plus pauvre que ne le laissait présager l’onde de frissons qui parcouru alors le monde politique et médiatique ?

Sans doute un peu des deux.

Si l’on découvre le parcours de Michèle Marchand, les auteurs se sont heurtés à tant de mutisme (pour ne pas dire « d’hostilité ») qu’ils n’ont finalement pas pu creuser bien profond. On devine néanmoins, entre les lignes, tout un tas de collusions malsaines, de petits arrangements, et au final un monde souterrain où se mêlent les puissants et les nantis.

Les auteurs nous décrivent finalement un monde de faux-semblants et de manipulations dont les classes moyennes et défavorisées se trouve les spectatrices à travers une presse people et magazine finalement assez manipulée.

C’est très bien écrit et les auteurs ont produit un travail remarquable mais le propos qu’il révèle est navrant. La France d’en haut a encore de beaux jours devant elle !

Les portes de la délivrance (Salvation Tome 1)

Ce nouvel opus de Peter F. Hamilton incarne ce qu pourrait être le pinacle de son oeuvre. Une savante alchimie entre ses différents cycle SF et ses space opéra grandioses.


Dans un style toujours impeccable, son intrigue ciselée à tiroir nous emmène avec un brio qui sublime le récit. Les intrigues imbriquées ne cessent de nous étonner et page après page nous n’avons qu’une seule hâte : connaître la suite !


Compte tenu de l’ampleur et de la qualité de son oeuvre accomplie, il était difficile de rêver à mieux, mais c’est pourtant chose faite. Non que cela remette en cause la qualité des précédents opus mais le savant mélange d’action, d’odyssée spatiale, de politique, etc. en fait une oeuvre majeure et magistrale.

A la lueur de la qualité de son oeuvre accomplie, il était difficile de rêver à mieux, mais c’est pourtant chose faite. Non que cela remette en cause la qualité des précédents opus mais le savant mélange d’action, d’odyssée spatiale, de politique, etc. en fait une oeuvre majeure et magistrale.

Récap de mes lectures d’Octobre 2018

Vice et Versailles

Le château de Versailles fait rêver beaucoup de monde. Et un bon conseil à donner pour ceux qui veulent un jour visiter l’un des joyaux du patrimoine français c’est, d’une part d’aller s’entraîner à Ikea pour apprendre à maîtriser une visite en sens unique (histoire d’éviter de se faire enguirlander par un vigile si vous avez l’outrecuidance de vouloir faire demi-tour au milieu du parcours), et d’autre part, c’est de ne pas lire ce livre.

Oeuvre de l’ancien responsable des jardins du parc renommé, les propos tenus, qui ne sont pas dénués d’intérêts par les quelques anecdotes narrées, sont le fait d’un homme aigri et blasé.

Sans doute incité par sa mise en retraite, le récit qui s’égraine page après page est plein de ressentiment et d’amertume, voire d’une certaine colère. Sous des dehors d’ode à ce prestigieux bâtiment, chaque chapitre est l’occasion pour l’auteur de se lamenter sur le thème universel du « c’était mieux avant ».

Chacun en prend pour son grade, qu’il s’agisse des politiques, des gestionnaires, ou, le plus souvent, des visiteurs.

On préférera à ce livre désabusé la lecture d’une bonne monographie sur le château et son parc, dépouillé de toute la négativité que laisse transparaître sciemment l’auteur de celui-ci…

L’âme d’une image

Ceux qui m’ont vu traîner sur les réseaux sociaux de l’internet mondial savent que je suis tombé dans la marmite de la photographie.

En ce domaine, comme dans tous les autres, on ne cesse jamais d’apprendre. Apprendre en pratiquant, apprendre en écoutant ceux qui maîtrise le sujet, apprendre encore en lisant sur le sujet.

Après avoir suivi un workshop en ligne de David DuChemin (photographe humanitaire canadien) le hasard a voulu que la version française de l’un de ses ouvrages soit publié par les éditions Eyrolles le jour de mon anniversaire 🙂

Ce livre est une véritable source d’inspiration et donne à voir un aperçu du travail de David DuChemin.

Bien entendu, c’est une lecture qui s’entend parmi d’autres, plus ou moins technique ou plus ou moins artistiques selon votre niveau de pratique. Mais la pratique photo ne peut s’améliorer que si l’on dépasse les seules considérations techniques pour s’élever vers la quête de sens pour nos images qui doivent pour principale vocation, non pas d’être simplement « nettes » mais de délivrer un message, une émotion. Bref : avoir une âme.

Destin Français

Vous connaissez la différence entre le métier de chirurgien et celui d’un historien ? Il ne viendrait à l’idée de personne de pratiquer le premier sur un coup de tête (à part si vous êtes un psychopathe ou un tueur en série). Alors que pour le métier du second, il semble que n’importe quel branquignole puisse s’y essayer sans gène aucune.

Il faut dire que, contrairement au premier, il n’y a pas mort d’homme… Encore que je risque un AVC à chaque fois que je vois une vidéo de Loran Deutsch…

Pourquoi certains se sentent-ils obligés de parler d’Histoire, surtout pour dire des conneries ? On entend nettement moins de monde disserter sur la physique nucléaire ou les accélérateurs de particules…

Ce serait encore pour proposer une lecture originale d’un épisode de l’histoire, comme a pu le faire Camille Pascal, mais hélas la plupart du temps, les ouvrages appuyés sur l’Histoire n’ont d’autre vocation que de servir un sous-texte maladroit sur des opinions politiques pas toujours fraîches (sauf pour Loran Deutsch qui n’a d’autre visée que mercantiliste).

Peu de choses à dire de ce nième Zemour, à part que si certains fait sont vrais, le reste n’est que pures élucubrations délirantes, sans queue ni tête, et sans colonne vertébrale.

A fuir, non à cause de son (faible) fond idéologique, mais plutôt parce que cela ne nous apprend rien…

Tu peux ou tu peux pas

Un livre au concept interessant qui pourrait presque se prêter à une déclinaison sous forme de jeu de société !

Quelques cas sont présentés de manière un peu tordue afin de rentrer dans le cadre proposé par le livre mais on passe dans tous les cas un bon moment en plus de découvrir certaines choses insolites.

Un été avec Homère

Bien que n’étant pas auditeur de France Inter, la publication livresque de la chronique estivale de Sylvain Tesson a éveillé ma curiosité.

Mon passé scolaire (littéraire et historique) pendant lequel est née ma passion pour la Grèce me rendait le pitch alléchant.

Et le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu !

La poésie avec laquelle l’auteur nous dépeint la Grèce et ses paysages, sculptés par la puissance des éléments qui s’y déchaînent, est d’une rare élégance.

Dans le même ordre, son approche très simple et didactique des deux poèmes majeurs d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée, nous plonge dans ce passé ancestral, mythologique, mais nous ramène invariablement à notre présent, tant les propos du poète n’ont rien perdu de leur actualité.

Plus qu’un guide de lecture ou une analyse textuelle, le livre de Sylvain Tesson nous donne à observer minutieusement ces héros du passé pour mieux nous les faire apprécier au présent pour ceux d’entre nous qui auraient encore mal au crâne après la lecture ânonnée des vers originaux !

Tyranny of metrics

J’ai une critique en cours d’écriture sur cet ouvrage, pour le moment non traduit en français, ce qui est dommage car il échappe de ce fait à une partie de son public non anglophone…

Ce livre devrait être sur la table de chevet de bon nombre de responsables politique, de chefs d’administrations publiques ou d’entreprises.

Par ce brillant exposé, Jerry Z. Muller démontre, exemple réels à l’appui, que la mise en oeuvre d’indicateurs de manière ostensible est contre productive.

Loin de permettre d’atteindre des objectifs et d’améliorer les choses au quotidien, les indicateurs s’auto-entretiennent et génèrent un cercle vicieux qui annule le potentiel effet bénéfique qu’ils pourraient avoir s’ils étaient utilisés intelligemment avec parcimonie…

Un ouvrage éclairant à recommander !

The design of everyday things

C’est dans le cadre de mon travail à la ville que je me suis penché sur les questions de design.

Cet ouvrage est une référence du sujet et sa lecture intéressera au delà de ceux qui ont à travailler sur le sujet.

L’auteur, expert du sujet, ancien de chez Apple, explore le sujet de fond en comble, le tout appuyé de nombreux exemples et cas pratiques. Vous terminerez ainsi la lecture en sachant ce qu’est le design, ce qu’est un BON design et l’importance que cela revêt.

J’ai une fiche de lecture complète sur cet ouvrage en attente de finalisation, que je partagerais ici dès sa finalisation.

Le sang des 7 rois (Tome 7)

C’est enfin terminé…

A rebours, il apparaît clairement qu’il n’y avait pas besoin d’écrire sept volumes pour raconter tout ça.

Si Star Wars a créé malgré lui la mode des trilogie, il semble que cerrtains auteurs se sentent obligés, comme pour Harry Potter ou Game of Thrones d’en faire sept.

Sans tailler inutilement dans le lard, l’ensemble tiendrait raisonnablement en trois (voire quatre) volumes. Cela épargnerait certaines longueurs ou certaines digressions, qui n’apportent rien au propos ou à la littérature en général.

C’est un reproche que je formule régulièrement à l’endroit de certaines œuvres littéraires. Non pas comme un américain qui voudrait que tout lui soit prémâché ou qui attend qu’une adaptation sorte en DVD pour moins se prendre la tête, mais plutôt comme un amoureux de la qualité.

Et qualité ne rime que rarement avec quantité. Au prétexte de produire du texte au kilomètre afin de remplir les rayonnages des librairies (et des lecteurs) certains roman enflent.

Si l’inutile a son utilité, il faut savoir garder une cohérence à son récit et ne pas diluer son propos dans des élucubrations, peut être très bien écrite, mais qui dilapide l’attention du lecteur et noie l’intrigue.

Le lent passage de la fantasy à la science-fiction de cette série est mal géré. Dommage car il aurait pu y avoir un vrai coup éditorial à jouer.

Récap’ de mes lectures de Septembre 2018

Les jeux de Némésis (The Expanse Tome 5)

C’est à mon sens le meilleur opus de la série à ce jour.

Non que les précédents soient d’une quelconque médiocrité, mais l’ampleur que prennent ici les personnages est exceptionnelle.

Alors qu’ils vivent d’habitude toutes leurs aventures ensembles, nos héros sont ici chacun de leur côté.

Ils atteignent dans ce tome une profondeur d’écriture incroyable et, s’il le fallait encore, accroissent la cohérence de leurs histoires et confortent notre empathie à leur endroit.

Sur fond de terreur incroyable, les auteurs déploient une histoire riche et développent encore plus l’univers patiemment mis en place depuis le premier opus.

Tuer Jupiter (Critique)

Sentiment très mitigé sur ce roman de politique fiction qui témoigne moins d’un talent littéraire que d’une prise de température de l’époque.

Sans aller jusqu’à dire qu’il est audacieux ou original, le pitch et son déroulé sont à tout le moins… rafraichissant, disons-le comme ça (même s’il est quand même question de l’assassinat du président de la république et d’un complot).

C’est peut-être le livre de chevet de quelques gilets jaunes qui rêvent sans doute d’enterrer notre sémillant président. Qui sait ?

Les chroniques de Méduse

Peu familier des œuvres d’Arthur C. Clarcke, j’ai jeté mon dévolu sur ce roman à la faveur de la Petite OP 2018. Quoique uniquement « inspiré » d’une nouvelle de Clarcke, il donne selon moi un bon aperçu de l’univers de Clarcke. Sans trahir ce dernier, les auteur ont su avec talent proposer quelque chose de neuf et de fidèle.

On prend plaisir à suivre les aventures de ce vétéran à travers lesquelles on aborde des questions existentielles fréquentes dans la littérature SF actuelle : la prolongation de la vie sur plusieurs centaines d’années, l’acceptation de la différence, les sens du devoir, etc.

Un très bon roman !

Petit Paul

Honnêtement, il n’y aurait pas eu la polémique à propos de cette BD, je ne m’y serais pas intéressé. Comme quoi, on a rien fait de mieux en termes marketing et promotionnel…

Du coup, par esprit de contradiction ou pour jouer les rebelles en mousse, je me suis rendu dans la librairie Glénat à Lyon pour repartir avec mon exemplaire sous le bras.

C’est gras, c’est sur. C’est loin d’être fin, c’est évident. Mais l’ouvrage est plus « drôle » que « trash ». La démesure de certaines situation et le ridicule de l’ensemble font inévitablement sourire même quand c’est pas drôle…

Passée la première lecture, on y revient pas forcément, ce qui laisse à penser que, sans la polémique, l’ouvrage n’aurait peut-être pas, par son seul contenu, trouvé son public…

Le sang des 7 rois (Tome 6)

Probablement le volume le plus faible de la série.

Je ne suis parvenu jusqu’ici qu’à force d’abnégation et de persévérance. Limite acharnement littéraire…

L’intrigue part complètement en vrille et le roman ne se cache même plus pour nous dire que l’on meuble en attendant le dernier tome.

Tuer Jupiter de F. Médeline : le top de la rédaction de CE2

Tout est KO…

Avec « Tuer Jupiter« , François Médecine commet la « caution » politique de la rentrée littéraire 2018.

Vous savez « LA » rentrée littéraire. Un évènement marketing plus ou moins symbolique qui s’est transformé d’année en année en un concours de « celui-qui-aura-la-plus-longue » pour savoir qui publiera le plus grand nombre de « nouveautés » quand vient la fin de l’été.

En résulte un maelström insondable où l’on est à peu près certain de tomber sur un truc pas à son goût parmi un océan de choses qu’on ne cherchait pas.

En somme, un peu comme un premier jour de soldes ces Zara ou une recherche sur Google.

Bref. C’est un autre sujet.

Pitch, le résumé de potche

Emmanuel Macron, président de la République Française a été assassiné. Le pays est sous le choc.
Le livre démarre le jour où l’on fait entrer le chef de l’état défunt au panthéon. Ces premiers instants sont l’occasion pour l’auteur d’imaginer ce que serait la situation en pareil cas, de la couverture médiatique au ballet des politiques qui se voient déjà prendre sa place en passant par Brigitte, dont l’attitude altière force l’admiration (ou la détestation – comme aujourd’hui quoi).

L’auteur en profite pour égratigner assez singulièrement Gérard Larcher, président actuel du Sénat, qui devient en de pareilles circonstances de facto Président de la République par intérim, comme le prévoit la constitution.

Je dois avouer ne pas saisir pourquoi plusieurs romans tournant autour d’un empêchement du président, que ce soit par décès ou démission, prennent un malin plaisir à dépeindre le président du Sénat en exercice comme un loup affamé de pouvoir, n’attendant que le jour où ils pourront sans forcer prendre la place suprême.

On peine à comprendre ce que cherche à nous dire les auteurs à travers ces descriptions peu flatteuses.
Les hommes politiques accédant au pouvoir sont-ils tous pour eux des arrivistes et des personnes avides de pouvoir ? La constitution de la Ve République est-elle aussi mal conçue qu’un homme non élu par le suffrage universel direct peu ainsi accéder aux plus hautes fonctions de l’état de manière indue ? Il faut pourtant bien que la continuité de l’État soit garantie, non ? Ou alors, comme je le soupçonne, il ne s’agit que de « se payer la tête » à peu de frais du troisième personnage de l’état, car après tout, le sénat ça ne sert à rien, ça coûte cher et qu’il n’y a pas de mal à brusquer un peu ces vieillards engourdis.

Bref, Gérard Larcher en prend largement pour son grade et passe pour le dernier des falots.

Be kind : rewind

A partir de ce momentum, le récit se déroule de manière antéchronologique.
On remonte ainsi le temps assistant à un mélodrame quasi comique avec un Gérard Collomb inconsolable. Quand on sait qu’il démissionnera finalement dans la vraie vie, cela donne un saveur toute particulière à ce comportement quasi mystique de ce vieux ministre ressentant dans sa chair la disparition d’un être aimé.
Cette attitude contraste d’autant plus avec celui de Brigitte, qui, droite dans l’adversité, ne laisse pas transpirer autant de détresse et ne se laisse pas aller.

Bref. Gérard aussi en prend pour son grade.

Mais au-delà de ces quelques clichés savoureux de notre personnel politique actuel (qui épargne assez étonnamment le parti du président qui regroupe pourtant le plus grand nombre de ses fans enamourés) le roman propose bel et bien de nous expliquer ce qui a conduit à l’assassinat de notre bon président avec des chocolat empoisonnés.
On s’attendait à une histoire de cordon bleu vérolés, mais l’auteur n’aura pas poussé la moquerie jusque-là.

Et c’est là que le bât blesse…

En voilà une idée qu’elle est bonne !

Tuer Jupiter est un ouvrage à classer parmi les projets nés sur une intuition boiteuse. Ou plutôt à ce qu’une partie des gens pensent être un genre littéraire à part entière, et qui s’appellerait « Et qu’est ce qui se passerait si ? ». 

Sauf qu’une dystopie ne fait pas forcément un bon bouquin. 

Si un postulat de départ audacieux permet d’entrapercevoir une intrigue passionnante, ce postulat seul ne permet pas de soutenir tout le récit. 

Et si indéniablement le roman est parsemé de moment de bravoure, ceux-ci sont hélas anéantis par des faiblesses d’écriture impardonnable…

Alors oui, bravoure il y a, comme ces moments savoureux où Donald Trump est trollé comme jamais ou encore cette pseudo satyre des réseaux sociaux quand, au lieu de consacrer plusieurs chapitres classiques au déroulé attendu et convenu des événements, l’auteur reconstitue une timeline Twitter, qui sonne juste et que l’on retrouverait très certainement sur nos écrans.

Ce « live-tweet » de l’actualité permet de mesurer le glissement de notre société vers l’information spectacle, l’absence de filtres qui fait lit des intox et autres fake-news relayées sans relâche soit par malveillance soit par ignorance.

Mais par-delà ces quelques fugaces idées lumineuses dont la lecture est par moment jubilatoire, on peine à s’extraire d’une narration brouillonne qui dilue inutilement le sens du propos.

Ainsi on ne compte plus le nombre de chapitres parfaitement inutiles, ceux dont on constate qu’une fois retirés du livre, ils ne manquent pas, signe que ni leur fond ni leur forme ne contribuait d’aucune façon à l’intrigue.

De même, l’auteur semble prendre plaisir à abuser des répétitions, un effet rarement porteur de sens, sauf en de très rares occasions, et que les plus élémentaires leçons de grammaires et d’écriture invitent à éviter.

Alors, on en pense quoi ?

Je dois avouer avoir été très en colère à l’issue de cette lecture. Non que je sois une groupie d’Emmanuel Macron dont la perspective du décès serait de nature à me plonger dans des abysses de dépression, mais plutôt parce que ses faiblesses d’écriture et son emploi maladroit d’une structure antéchronologique donne le sentiment d’avoir achevé un mauvais roman.

Alors qu’en réalité, une fois reposé l’ouvrage, et digéré ses dernières lignes, les choses apparaissent nettement moins simplistes qu’elle ne semblent l’être.

Passée l’ironie et la moquerie, l’auteur nous propose une intrigue qui, et c’est triste à dire, est tout à fait vraisemblable. De là à dire qu’un tel scénario puisse effectivement se dérouler dans le monde réel, il y a un pas à qu’on ne franchit pas encore.
Mais force est d’admettre que ceux qui sont responsables dans le livre seraient tout à fait capable d’imaginer de tels procédés et le seul fait de l’admettre fait froid dans le dos.

Donc au final une lecture un peu pénible en raison d’une écriture qui sabote le propos. Dommage, car le fil directeur, s’il avait été moins confus aurait pu être développé plus convenablement pour lui donner plus de force.

Récap’ de mes lectures d’Août 2018

Le sang des 7 rois (Tome 5)

Plus ça va et plus j’ai l’impression de tirer sur une ambulance…

Passé les deux, voir trois, premiers volets, le récit se rend de plus en plus confus. La multiplication à outrance des personnages, souvent secondaires malgré les efforts fait pour nous les introduire, n’aide pas de ce côté là.

Latium (Tome 1)

Combiner science-fiction, Space Opera et antiquité constitue a priori un mélange plus que susceptible de titiller mes différentes passions.

S’il brasse des concepts intéressants sur le libre arbitre et le devenir de la technologie intelligente après l’homme, allant ainsi au bout de la logique des lois de la robotique inventées par Asimov, le propos est tellement touffu qu’il en devient confus. On se noie littéralement dans certaines descriptions ou certains concepts dont la démesure ne trouve d’égal que la surabondance de mots qui les qualifient. C’est très verbeux. Trop verbeux. On perd sans arrêt le fil alors que le cadre dans lequel évolue le récit est suffisamment hors du commun pour ne pas en ajouter une couche de complexité.

Tout cela au service d’une banale histoire de quête de pouvoir qui n’aurait pas souffert de plus de légèreté dans la langue employée.

Avant la tempête

On continue avec World of Warcraft mais cette fois ci avec le roman qui a accompagné la sortie lors de l’été 2018 de la septième extension du MMORPG.

Complément utile aux scènes de mise en place proposées par le jeu, la plume de Christie Golden, désormais salariée du studio, fait toujours mouche et, s’il n’y a pas de grandes surprises, la narration nous emporte dans une intrigue épique mémorable.

Un très bon moment doublé d’un jalon important dans la timeline de la franchise.

Warcraft, Chroniques (Tome 2 et 3)

Suite et fin de cette excellente série brillamment écrite et richement illustrée.

Must have pour toute personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’univers de Warcraft, cette somme permet d’une part de se rafraîchir la mémoire mais surtout de découvrir la richesse et surtout la cohérence de l’univers mis en place par Blizzard depuis des dizaines d’années.

Une réussite !

Le Hobbit

Cette lecture est à ranger au rayon des lectures de rattrapage.

Que dire, à part que ce livre est et restera un monument d’élégance, de simplicité, preuve qu’une narration dense mais simple peut exister.

S’il se prête hélas moins à un usage de compte à destination des enfants comme c’était sa vocation initiale, ce livre est à mettre entre toutes les mains dès que possible car il est une mine extraordinaire pour stimuler l’imagination et enrichir son vocabulaire !

Dongeons & Dragons : Dungeon Master Guide

Après avoir expérimenté le jeu de rôle plus tôt dans l’année, je suis rentré dans le dur en m’attaquant à la référence du genre : Donjons et Dragons.

Plus que le jeu en lui-même, c’est la création d’histoire et leur animation qui m’attire le plus. J’ai donc dévoré ce manuel avec avidité, l’achevant avec mille idées de campagnes en tête !

Au-delà du contenu, des règles qu’il présente et de l’inventaire d’objet conséquent qu’il renferme, le livre est très richement illustré, ce qui en fait un très bel objet très plaisant à lire.

Je poursuis en 2019 ma plongée dans cet univers avec l’ouvrage destiné aux joueurs et le bestiaire.

Eclaircir les ténèbres

On a tous connu à un moment de notre existence l’un de ces instant fugace où toutes les idées semblent exceptionnelles, même les plus farfelues. Ces fins de soirées entre amis où, refaisant le monde, aidé de quelques breuvages alcoolisés, on imagine mille et unes inventions « géniales » qu’on se promet de mettre en oeuvre dès le lendemain, avant que la gueule de bois ne nous rattrape bien vite et que les projets géniaux de la veille ne soient vite relégués dans les limbes des vapeurs d’alcool.

Là où germes des idées sans lendemain, certains semblent y trouver non seulement le lit de leur inspiration mais également le terreau fertile de leur productivité.

Car si certains chef d’oeuvre sont nés sous acide, ce qui reste dangereux et rare, d’aucun n’ont semblent-ils pas assez de recul sur leur délire éthylique pour se rendre à l’évidence qu’une idée doit être abandonnée.

Car comment imaginer que le roman du jour ne soit pas le fruit d’une accumulation d’accès. Excès de confiance très certainement car quoique séduisante sur le papier, et très dans l’ère du temps à la sauce « Fantasy de bas étage à la sauce wikipédienne », Nicolas Bouchard signe avec « Eclaircir les ténèbres » une tentative aussi maladroite que pénible de conjuguer plusieurs genres au sein d’un récit qui se veut épique.

Mais à vouloir être partout, on finit par être nulle part et l’auteur, sans doute plein de bonnes intentions au départ, s’est perdu dans son propre méandre. 

Se voulant comme le point de départ d’une grande fresque de ce qui s’apparenterait à de la « Fantasy » (au sens le moins noble du terme), sur une toile de fond historique, le roman peine à se hisser au niveau de la trame narrative d’un épisode du Donjon de Naheulbeuk (la qualité et l’humour en moins) rushé dans un livre formaté par le professeur d’écriture de Catherine Pancol.

Le récit suit les canons du genre à la lettre, et quand on dit ça il faut presque lire « à la virgule » tant les éléments sont posés selon un patron surexploité par quantité d’auteurs en tous genre et la seule bouée de sauvetage qui ait été trouvée, fut de faire appel à l’Histoire avec un H.

Si d’Histoire il est bien question, elle ne sert que de prétexte pour intriguer le lecteur à travers la couverture et le résumé. 

Passés les premiers chapitres, force est de constater que l’intrigue aurait très bien pu se dérouler dans une univers tout à fait imaginaire, sans aucune « assise » historique. Descartes fait figure de héros pâle et standard, sans charisme ni véritable personnalité en dehors de celle qu’on attribue aux stéréotype de ce genre romanesque. Héros presque malgré lui, sa présence ne sert ni le propos ni à célébrer la mémoire du grand homme. 

Là où Tolkien parvenait à transposer sans filer une allégorie grossière l’esprit de son époque dans une épopée prenant pourtant place dans un univers nouveau et inédit, la tentative de Nicolas Bouchard tombe à plat en ce qu’elle ne fait honneur ni à l’imaginaire ni à l’hommage.

Les extraits de l’oeuvre de Descartes en incipit de chaque chapitres ne résonnent que comme de vaines tentatives pompeuses de l’auteur d’intellectualiser son récit qui n’est au final qu’un nième roman d’action ou la faiblesse de la dimension fantastique se le dispute au ridicule d’une vallée imaginaire du jura digne de Sodome et Gomorre. 

Malgré toutes les faiblesses du propos, le style est par moment plaisant et quelques dialogues relèvent quelque peu le tout. 

On ne pourra que déconseiller cette lecture incertaine, qui ne permet d’en apprendre d’avantage ni sur Descartes ni sur le Jura. Et on doute bien évidemment du bien fondé d’une trilogie déjà annoncée, cédant par là à un effet de mode hélas trop répandue depuis l’âge d’or de Star Wars. 

Recap’ de mes lectures de juillet 2018

La porte d’Abaddon (The Expanse Tome 3)

S’éloignant toujours plus du cœur du système solaire, l’humanité se voit offrir la possibilité de coloniser des mondes lointains en empruntant une porte mystérieuse sortie de nulle part.

Ecrivez un roman en 30 jours

Les mots ont un sens.

Contrairement à ce que beaucoup semblent attendre de ce livre, son titre n’est pas « Ecrivez un roman publiable en 30 jours » ou « Ecrivez un bon roman en 30 jours ».

Le livre de Chris Baty, initiateur du Nanowrimo (National Novel Writing Month ce qui dans la langue de l’oncle Sam veut dire National Mois National de l’écriture de nouvelles) consiste en un recueil de conseils, règles de conduites et autres astuces pour justement réussir le challenge du Nanowrimo.

S’il existait une recette pour pondre des livres facilement sans risque de se planter, ça se saurait !

Le Nanowrimo permet de mettre le pied à l’étrier et, sous forme d’un challenge haletant et un peu rude, de jeter les bases de ce qui pourra, un jour, devenir un best-seller (si c’est bien ça votre but).

Ayant déjà tenté plusieurs fois la Nanowrimo, parfois avec succès (sans toutefois publier derrière car c’était vraiment médiocre), parfois sans parvenir à aller au bout, ce livre est un bon compagnon pour garder la tâte dans le guidon.

Certains points pourraient d’ailleurs s’appliquer à d’autres contextes, avec certaines nuances toutefois, tant l’objectif du Nanowrimo tend vers la quantité au détriment de la qualité, ce qui n’est pas recommandé dans toute entreprise humaine !

Qui a piqué mon fromage ?

Un « classique » qu’il est bon de relire de temps en temps.

Simple et d’une efficacité redoutable, la courte histoire métaphorique qui met en scène les deux souris et les deux minigus, est un rappel à l’ordre salutaire sur l’attitude à adopter face au(x) changement(s) et pas seulement les plus gros.

Comme souvent en revanche, plus facile à dire (ou à lire) qu’à faire ! La vraie richesse du livre réside dans sa mise en application concrète 😉

La guerre du livre numérique

Les gens ont probablement déjà oublié comment tout a commencé pour la venue du monde du livre numérique tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Ce livre, appuyé sur les minutes du procès ayant opposé les parties prenantes du dossier (éditeurs, distributeurs, avec au premier chef Amazon et Apple), reviens en détails sur les étapes qui ont conduits à la situation actuelle.

Dans un marché qui se cherche encore et dans lequel de nombreux acteurs n’ont hélas pas encore pas confiance, ce petit ouvrage joue un rôle majeur de passeur de mémoire et nous éclaire dramatiquement sur la perception du livre numérique par tous les acteurs de la chaîne.

Les sanctuaires du mal (Critique)

Sans conteste le plus mauvais Terry Goodkind qu’il m’ai été donné le lire. Déclinant d’ouvrage en ouvrage, il est grand temps que cet auteur arrête les frais.

Un thriller soporifique, à l’intrigue poussive, rembourrés aux poncifs de vieux réac.

A fuir.

L’été des quatre rois (Critique)

Un « roman » historique ambitieux et quelque peu indigeste sur cette période charnière de l’histoire, assez méconnue par ailleurs de beaucoup de gens.

Prévoir beaucoup de temps (calme) devant soi pour en arriver à bout !

Initiation au jeu de rôle

Découvert par hasard lors d’une visite, elle-même inopinée, de la librairie spécialisée Trollune à Lyon, ce kit est pour moi une première incursion dans le monde merveilleux du jeu de rôle.

C’est un univers qui me démangeait depuis quelques temps déjà et je commençait à chercher un moyen d’y glisser un pied.

Après lecture et mise en oeuvre lors d’une (hélas) unique partie, force est d’admettre qu’il s’agit d’une bonne entrée en matière.

On regrette que l’intrigue soit extrêmement scriptée, mais c’est un passage obligé afin de guider au mieux nos premiers pas d’aventuriers. Toutefois, les marges de manœuvre ne sont pas larges et le Maître du Jeu (MJ) devra par moment trouver des trésors de créativité pour expliquer tel ou tel événement ou contrainte.

Le tout est excellemment bien présenté et plaisant à utiliser.

Cela donne envie de prolonger l’aventure !

Les feux de Cibola (The Expanse Tome 4)

Un huit clos magistral et qui met en lumière que même à des milliards de kilomètres de notre bonne vieille galaxie, nos problèmes de survie sont toujours les mêmes.

Tolkien, auteur du siècle

Tolkien est un monument, pas seulement de la littérature fantastique, mais de la littérature tout court.

Pour vous en convaincre si vous en doutiez ou que la lecture de la communauté de l’anneau vous a semblé être un interminable catalogue de paysages, vous devez lire cet ouvrage.

Si la présente édition française a été publiée en 2016, sa version originale date de 2000. Et cela en fait justement toute sa force et toute sa valeur car cela signifie qu’il a été écrit avant le raz de marée provoqué par la sortie des longs métrages de Peter Jackson qui a fait naître toute une génération de « geek » et autre « fan de fantasy ».

L’ouvrage de T.A Shippey revient donc en détail sur les sous-bassement même de l’oeuvre de Tolkien. Ce qui nous permet de comprendre certains choix, certaines orientation du récit, à l’aune de la vie de l’auteur, du contexte historique et surtout de la langue, véritable outil que Tolkien utilise avec brio.

Nous plongeant au cœur de la philologie, le livre ne nous sert pas une simple pseudo analyse des métaphores du récit de Fantasy comme d’autres ouvrages simplistes le propose. Au contraire, dans un propos très fouillé et précis, l’oeuvre de Tolkien est disséquée sous nos yeux et l’on découvre, fasciné, toutes les subtilités – de langue principalement – qui échappe à nos sens de lecteurs plutôt passifs.

Un chef d’oeuvre à propos d’un chef d’ouvre. Voilà en synthèse ce que représente ce livre que tout aficionados de Tolkien se doit de lire au moins une fois !

Warcraft, Chroniques 1

Dans une édition très soignée, richement illustrée, tous les aspects de l’histoire de la mythologie sous tendant l’univers créé par Blizzard y trouvent leur place.

Ce premier volume s’attache aux fondements même de l’univers et notamment les titans. Vous saurez tout dans les moindres détails.

Un must have pour qui s’intéresse à cette licence majeure !

Terry Goodkind : grandeur et décadence

J’ai rencontré Terry Goodkind pour la première fois dans les rayons de la Fnac.

Non, pas en personne, mais lors de la publication française du septième tome de sa saga de l’épée de vérité.

Disponible en quantités astronomiques en tête de gondole et affublé d’un éloge dithyrambique en couverture, cet auteur avait l’air en vogue, dans un genre que j’affectionne  tout particulièrement.

Mon sang ne fait qu’un tour et je m’écrie (très intérieurement parce que ça ne se fait pas de crier dans les rayons cosy de l’espace librairie de la Fnac) « Mince, je suis passé à côté de cette série. Vite, mettons-y bon ordre ! ».

Je m’enfuie donc dans les profondeurs du rayon à la recherche du premier tome, qui, Miracle !, se trouve être disponible dans sa version poche.

Ce fut ici le début d’une aventure littéraire, longue aujourd’hui de plus de 10 ans !

10 ans au cours desquels j’ai écumé toute l’oeuvre de Goodkind, rattrapant tout d’abord mon retard, puis, revenu dans le rythme des publications, guettant les sorties comme une groupie.

D’abord donc l’épée de vérité et ses bientôt 15 volumes, entrecoupés de préquelles et de ce qui constituait jusqu’à aujourd’hui son seul thriller « contemporain ».

Et à la lumière du dernier opus qui vient de sortir, on aurait préféré que ce soit le seul…

Pour être tout à fait honnête, seule la curiosité m’a fait aller au bout des 15 tomes de la saga de l’épée de vérité. En vérité (sans mauvais jeu de mot), même avec toutes ses faiblesses, la saga se tient jusqu’au tome 11. Avant le rajout « il faut que je paye mes impôts » des tomes suivants, écrits gros et vides de sens.

Avec « La loi des neuf », Goodkind tentait le pari osé de transposer son univers dans le monde contemporain, dans une intrigue pataude, mais audacieuse. Mais il était clair que l’auteur n’était pas fait pour écrire autre chose que de la « Fantasy ».

Avec le recul, Gooodkind a produit trois véritables pépites dans sa saga : le premier volet « La première leçon du sorcier », qui, au delà de son rôle de pierre fondatrice, propose un vrai récit épique, sans fioritures, à l’intrigue solide et aux figures du style maîtrisée. Le reste de la série est hélas très inégal et seuls les quatrièmes (Le temps des vents) et sixièmes (La foi des réprouvés) volets sortent vraiment du lot.

Pour le reste, on peut dire qu’un opus sur deux est au choix : raté, oubliable ou inutile. Les ajouts à l’histoire globale sont suffisamment marginaux pour qu’on ai pu en faire l’économie. La palme revenait sans hésiter au 3, au 5 et au 8.

Mais au delà de l’histoire qui s’essouffle d’elle même tant l’auteur use son filon jusqu’à la corde, l’auteur lui-même s’enferme dans une caricature de lui-même et les actions de ses personnages peinent de plus en plus à masquer son propre discours teinté de politique et d’idéologie américaine qu’il rabâche sans discontinuer à travers des scènes de dialogues toujours plus longues et pompeuses dans un style toujours plus niais, comme s’il s’adressait très maladroitement à des enfants en bas-âge, incapable par exemple de se souvenir de ce qui se disait trois pages plus tôt, et se croyant obligé soit de le répéter, soit de le formuler autrement à travers des périphrases d’un grotesque éhonté.

Une fois le 15e et, le croyais-je, dernier tome terminé, le laissait le brave homme de côté et allait convoler avec d’autres écrivains.

Je n’ai par exemple pas lu ses deux derniers ouvrages sur Nicci, à côté desquels j’étais largement passé.

Néanmoins, la sortie en promotion de son dernier ouvrage, un thriller, son deuxième donc, m’a poussé à aller voir ce que donnait le dernier cru en date de cet auteur prolifique.

Que n’ai-je donc commis comme erreur !

Enfonçons tout de suite les portes ouvertes. Quoique l’intrigue soit vue et revue (des tueurs aux trousses de deux personnages en fuite…) et que le style sans saveur laisse clairement à désirer de part son absence d’épaisseur (dont la pauvreté de la langue n’un hélas qu’un des symptômes), ce n’est hélas pas là que réside les défaut majeurs du livre.

C’est tout dire !

Qu’est ce qui peut être pire pour une oeuvre littéraire que de laisser le souvenir périssable d’une histoire banale mal racontée ?

Et bien Terry Goodkind tente peut-être de relever le défi dans une expérience autodestructrice au service non pas de ses récits mais bien plutôt au service de ses idées. Et, une fois encore, non pas de ses idées de romanciers – la vacuité de son propos et ses errances de styles prouvent que tout comme le souffle épique de ses histoires, ses qualités d’écrivain s’épuisent – mais bien plutôt de ses opinions politiques et « philosophiques ».

Entendons nous bien : un auteur, ou un artiste au sens plus large, est un témoin de son époque, un citoyen de son temps. Quoiqu’il exerce comme art, quelles qu’aient été sa formation, son contact avec les idées et les formes de culture, il est nécessairement influencé par « l’air du temps » et ce qu’il produira sera le reflet conscient ou en creux de tout ce que l’époque brassera d’idées, d’actions ou d’émotions.

Le problème n’est donc pas que Goodkind ait des opinions ou qu’elles aient pu lui donner un angle d’attaque pour évoquer certains thèmes développés au cours de ses différents romans.

Non. Le problème, est qu’au fil de ses romans, le propos politique de l’auteur a progressivement pris le pas sur la narration, ne se contentant plus de donner une coloration au récit, mais pour devenir en fin de compte l’objet de son propos.

Au début, ça paraissait presque mignon, les personnages prenaient des postures et adoptaient des points de vue cohérent avec la situation dans laquelle ils étaient plongés. Mais, emporté dans son élan, ces attitudes dictées par les circonstances sont devenues au fil de l’eau les traits de caractères principaux des personnages passant par exemple pour le héros principal du courage noble à une sorte d’attitude moralisatrice teintée de fatalisme.

A la base de tout récit, particulièrement lorsque celui-ci s’étend sur plus d’une dizaine d’opus pour la saga de l’épée de vérité, il est normal et même souhaitable que l’on constate d’une évolution (positive ou négative) des personnages. Ils vivent des choses, ressentent les choses et les circonstances doivent nécessairement leur faire revoir leurs façons de penser.

Malgré tout, l’évolution des personnages de Goodkind ne va pas tant dans la direction d’un parcours logique au sens psychologique du terme, mais plutôt vers une transformation de ces deniers d’acteurs à celui de porte-parole. C’est comme cela que l’on est passé de « Moi, Terry Goodkind, je vous raconte l’histoire de Richard dans un univers de mon imagination » à « Moi, Terry Goodkind, je vous explique très clairement mes opinions à travers les dialogues de mes personnages ».

Car cela s’applique à tous les personnages. Quoique philosophiquement opposés dans une dichotomie excessivement manichéenne, les « bons » et les « méchants » partagent le même discours auto-persuasif martelé page après page, dans un torrent indigeste et ininterrompu de rabâchages aussi lourds que pompeux le tout avec la subtilité d’un marteau-piqueur manipulé sous stéroïdes.

A peu près épargnés par le phénomène sur les quatre premiers tomes de l’épée de vérité, le lent et progressif passage de saga à tribune politique s’amorce à partir du cinquième volume.

Et c’est aujourd’hui, dans un thriller raté sur le fond et sur la forme que se cristallisent toutes les dérives de l’auteur à un niveau de concentration jamais atteint.

Mais au fond, peu importe les convictions de l’auteur. Que celui-ci soit bouddhiste intégriste, vegan à mi-temps ou zélote de l’armée illumiti-reptilienne, ce qui pose problème n’est pas tant le fond de sa pensée et de ses convictions que la façon dont celles-ci viennent occuper une place prépondérante dans le récit. Mais c’est surtout la façon dont ces idées transpirent et sont retranscrites qui pose problème.

Bon, bien que cela soit évidement décevant, Goodkind n’est pas un zélote de l’armée illuminati-reptilienne. Non, plus simplement, Goodkind est ce que qu’on pourrait appeler un « conservateur ». De nationalité américaine, son affinité politique va au parti « Républicain » (opposé au part « Démocrate »), même s’il se définit lui-même comme adepte de la philosophie libertarienne.
Quoique très insatisfaisante, la comparaison avec notre système français voudrait que les Républicains soient à droite de l’échiquier politique, quand les Démocrates y prendrait la gauche (sachant que l’échiquier politique US ne couvre pas l’ensemble de notre spectre idéologique et s’arrêterait pour les plus extrêmes gauchistes à ce qui correspondrait à notre centre gauche).

Bref. Ce qu’il faut retenir, ce n’est finalement pas ce qui défini la ligne politique des républicains, mais que la séparations Républicains / Démocrates, est extrêmement clivante aux USA et que l’appartenance et la revendication de celle-ci à l’un ou l’autre camp défini pour parti les individus. Cela fait même parti d’une information déclarative, librement accessible à tout un chacun. Difficile donc de garder le secret de son vote (encore que…) !

Les ouvrages de Goodkind sont donc une tribune offerte à sa libre expression politique et philosophique, peut-être (quoique j’en doute) avec une arrière pensée prosélytique.

Sauf que, et c’est pas de bol pour nous, on n’assiste en rien à une subtile utilisation au service de l’intrigue, mais bien plutôt au discours enflammé d’un oncle bourré en fin de repas lors des fêtes de noël. Et encore, le fameux oncle bourré se contentera de paraphraser maladroitement ce qu’il pensera avoir compris des flash infos de fox news, comme le ferais un élève de primaire passé par hasard devant la télé allumée chez ses grands-parents.

On est donc très loins de l’analyse fine et de la mesure.

Sans doute grisé par l’accession de Donald Trump à la maison blanche, Goodkind se trouve empli d’une confiance en lui redoutable et ne se prive pas de se regarder écrire de longues diatribes empruntes de populisme gras et de jugements absolus à l’emporte pièce.

On retiendra avec amusement ses passages sur l’axe du mal (Iran et Corée du Nord en tête) et surtout sur le « Dark Net » qui constitue a priori le thème central des « Sanctuaires du mal ».

Je dis « a priori » car à part en deux points précis de l’histoire, le dark net n’occupe aucun rôle central dans le récit en dehors de servir d’exutoire à Goodkind qui déverse sur de (trop) longues pages sa vision partielle du sujet (cf. la paraphrase de Fox News).

Faire du Dark Net (qui tire ce nom du fait qu’il n’est pas aussi facilement accessible que l’internet « classique ») une plateforme uniquement dédiée aux activités criminelles c’est oublier un peu vite que :

  1. Les criminels peuvent agir  très librement sur l’internet « normal » et tout sortes d’activité illégales ou nuisibles y ont déjà cours
  2. Un internet caché permet à certaines personnes ou certaines idées de trouver leur chemin lorsque les régimes en place y font obstacles de manière illégitime
  3. Que grâce au point précédent, de grandes compagnies, américaines pour la plupart, exploitent ce Dark Net à des fin commerciales en arguant qu’elle font justement oeuvre de liberté.

Accuser le Dark Net d’être la réplique moderne de Sodome et Gomorre de manière aussi ferme et absolue que ne le fait l’auteur revient à adopter la même condamnation pour de bêtes tâches, trouvables dans n’importe quel magasin de bricolage, au motif que quelqu’un s’en est servi pour effectuer un massacre. Le problème n’est pas incarné par l’outil mais par l’utilisation qui en est faite.

De ce point de vue, l’approche de Goodkind est quelque peu désespérante, surtout qu’elle n’aide en rien le récit et le dessert même tant la critique est grossière et caricaturale. Mais peut-être que pour un américain moyen, relativement peu instruit et abreuvé à la source de Fox News, ça passe crème…

En définitive, « Les Sanctuaires du Mal » est un livre raté, à tous points de vue. Il ne constitue que le énième épisode de la lente mais inexorable chute de Goodkind d’auteur talentueux à papy aigri.

Cette situation est vraiment triste, car cela entache l’aura qu’avait (et qu’a encore auprès du public) l’oeuvre de Goodkind, et au premier chef l’épée de vérité. Il est tout de même à espérer que Goodkind délaisse ses démons actuels pour retrouver le souffle épique qui nourrissait ses premiers opus pour redonner ses lettres de noblesses à son interprétation du genre héroïcomique-fantasy qui compte tant d’adeptes à travers le monde !

L’été des quatre rois de Camille Pascal : lourd mais brillant

Un roman ?

Dans « L’été des quatre rois« , Camille Pascal nous livre un récit brillant et extrêmement documenté de cette période trouble et relativement méconnue de l’histoire de France qui prend place dans la première partie du 19e siècle.

Marquant l’échec de la restauration, la tentative de coup de force de Charles X est ici illustrée avec force dans un propos détaillé où les faits connus sont présentés avec soin et détails. Appuyé sur une bibliographie riche et solide, l’exactitude historique des faits et leur contexte ne peut en aucun cas être remis en cause. 

L’intrigue, quoique déjà écrite par l’Histoire, nous emmène de cette décision de Charles X de restreindre les libertés publiques jusqu’à sa disgrâce et son exil en Angleterre, en passant par l’épisode famélique des Trois Glorieuses, nième épisode insurrectionnel et révolutionnaire dans la capitale, écho à celui de 1789 et qui trouvera encore sa réplique en 1848 et 1870.

Le récit se décompose en deux parties inégales, la première décrivant l’origine de l’insurrection et son déroulement, puis, après les atermoiements politiques dont le livre tire son titre de manière quelque peu exagérée puisque deux des quatre rois en question n’ont pas régné, enchaîne en seconde partie sur le très long chemin de l’exil pour Charles X. 

Sur cette base scénaristique contrainte, l’auteur tente le pari audacieux d’en proposer une version romancée, rembourrant la trame des faits et des archives par tout ce qu’autorise les conventions littéraires. 

Ainsi le roi se trouve-t-il en train de rêver et nous même plongé dans son rêve ou bien encore des scènes de dialogues dont ne nous est parvenu que l’esprit sinon les mots, se trouvent retranscrits sans que ces mots manquants ne soient réinventés. 

Ou un manuel historique ?

A mi-chemin entre le manuel universitaire et la fresque romanesque pure, l’ambition du livre se heurte malgré tout à quelques difficultés liées à l’exercice. 

Le propos suit une trame parfaitement chronologique, où le lecteur est invité à suivre presque heure par heure, les actions des différents protagonistes. En conséquence, nous passons très (trop) rapidement d’un point de vue à un autre, sans que la structure du récit nous l’indique clairement. C’est le cas lorsque plusieurs actions se déroulent au même endroit, avant que nous ne soyons propulsés ailleurs et qu’un intertitre nous l’indique. 

En découle un récit très compact, très dense, qui implique une lecture attentive et méticuleuse, qui éloigne quelque peu l’ouvrage de son objectif romanesque, qui autoriserait une lecture plus fluide et plus aérée. N’espérez donc pas accompagner vos trajets en transports de cette lecture qui nécessite du calme, presque une prise de note pour ne pas perdre de vue qui est qui au risque de se perdre dans l’entrelacs de l’histoire et de devoir relire plusieurs fois le même passage. 

Au surplus, les non-initiés à cette période seront rapidement perdus s’ils n’ont pas une connaissance minimale de la trame chronologique. La lecture d’un manuel ou, à minima, de quelques fiches Wikipedia, sera un préalable recommandé. 

Au final, avec l’été des quatre rois nous sommes en présence d’une belle monographie, écrite avec soin dans un style ciselé et qui ne se tire pas trop mal de l’exercice délicat consistant à mêler roman et livre d’histoire. 

Cela n’enlève en revanche rien au fait que ce n’est pas un livre facile d’accès et que la lecture est rendue ardue de part la densité de son propos. 

Récap de mes lectures de juin 2018

Autorité

Deuxième tome de la trilogie du rempart sud, cet opus n’a finalement que peu d’adhérence avec le premier. On a l’impression d’être dans Matrix, à savoir avec un premier volet autonome, puis une suite en deux parties, incompréhensibles l’une sans l’autre.

Bon, à la différence notable de Matrix, le film des frères / sœurs Washowsky a été fait avec talent.

Ce n’est hélas pas le cas ici. Le style est hésitant, l’intrigue décousue et on s’en remet encore à ce stade à l’espoir que le dernier volet dissipera les nombreuses questions laissées en suspens, et ce depuis le premier volet.

Acceptation

Tant qu’à se faire mal, autant le faire en une seule fois. C’est un peu le principe du sparadrap : faut arracher d’un seul coup.

Donc pour ne pas mourir idiot et en finir avec cette trilogie entamée, je me suis imposé la lecture de ce dernier tome.

Comme pour les deux précédents, les mêmes défauts et pire, aucune des questions soulevées ne trouve de réponse.

Un calvaire. Heureusement terminé.

Les robots

A notre époque marquée par l’Intelligence Artificielle, la littérature anticipatrice d’Asimov est rafraîchissante.

Déjà à l’époque de l’auteur les questionnements sur le rapport entre l’humanité et la technologie était d’une acuité déconcertante.

Pour ne rien gâcher, le tout est plutôt drôle avec des personnages qui ont le verbe haut.

Un fondamental à avoir dans sa bibliothèque.

Le sang des 7 rois (Tome 4)

Si le tome précédent marquait le début de la fin de cette série, ce quatrième tome plante un clou de plus dans le cercueil.

Les personnages ne savent pas ce qu’ils font, ni pourquoi et encore moins où ils vont.

Le roman se dirige doucement sur la pente du grand n’importe quoi quand il commence a être question d’extra-terrestres…

Éclaircir les ténèbres (Critique)

J’ai déjà trop écrit sur ce livre qui oscille dans mon cœur entre le médiocre et l’oubliable.

La Guerre de Caliban (The Expanse Tome 2)

Cet opus donne encore plus d’ampleur aux intrigues mises en place dans le premier volet. Ne se contentant pas d’en livrer un simple prolongement, il enrichi considérablement le caractère des personnages et insuffle une profondeur incroyable dans l’univers mis en place.

Au surplus, ce tome introduit un nouveau personnage, dont l’importance ira crescendo dans la série.

Délectable !

Le Président a disparu

Au risque de paraître un peu « beauf », c’est l’une des bonnes surprises de l’année.

Signé James Patterson dont le succès industriel n’est plus à démontrer et de l’ancien Président des Etats-Unis Bill Clinton, ce roman se dévore littéralement.

Quoique basé sur une intrigue assez convenue, le fait qu’elle ait reçu les conseils de Bill Clinton pour donner plus de réalisme aux descriptions et aux situations rencontrées lui donne malgré tout une saveur particulière. Pour le reste, les conventions d’écriture à la Patterson sont respectées à la lettre. On aime ou pas !

1984 (Nouvelle traduction)

Au-delà du fond qui ne prend pas une ride, l’éditeur s’est cru obligé de proposer une nouvelle traduction. Mais en avions-nous réellement besoin ? Si cela permet de faire entrer une nouvelle référence au catalogue et de gonfler artificiellement les ventes, une nouvelle traduction apporte-t-elle vraiment quelque chose ?

Pour faire court : non. Pire, c’est un vrai carnage. Sous prétexte que le contexte actuel a changé, on argumente que les mots employés doivent changer aussi sous peine d’avoir un écart trop important entre le contenu (le livre) et le contenant (l’époque).

Sauf que le contexte dans lequel le livre a été écrit, lui, ne changera pas. En outre, le livre a été popularisé avec la traduction de l’époque. En travestissant cette traduction, on viole l’esprit dans lequel le roman est parvenu jusqu’à nous.

Comble du sacrilège, la « Novlangue », terme qui a fini par passer dans le langage courant dans nos contrées est remplacée par un vulgaire et aseptisé « Néoparlé »…

Sans vouloir passer pour un rétrograde passéiste, on aurait pu s’abstenir de commettre cette nouvelle traduction et on reviendra avec plaisir à celle originale qui n’a rien perdu de sa beauté.

Un défilé de robots

Suite de la publication des nouvelles d’Asimov au sujet des robots. Toujours aussi « drôle » et élégant.

La façon dont l’auteur envisage l’évolution même des robots, d’un statut « primaire » à des modèles de plus en plus évolués est fascinante.