Portal, Science [Patate] et Jeu Vidéo d’Eva Cid Martinez

Portal est un jeu génial.

Portal est un jeu révolutionnaire.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais Eva Cid Martinez dans son éloge du titre vidéoludique « Portal, Science, [Patate] et jeu vidéo ».

Et quand on dit « génial », ce n’est pas un « génial » banal, vulgaire et bas du front lancé nonchalamment à la Cantonnade quand votre coloc vient vous annoncer fièrement qu’il a enfin réussi à conclure avec Marie, la petite célibataire du 3e étage.

Non. Par « génial », il faut entendre le sens étymologique du mot : qui relève du génie !

Car indéniablement, Portal et sa suite Portal 2 ont portés au pinacle du panthéon vidéoludique un gameplay et un game design résolument aboutis.

Pour ceux qui n’y auraient jamais touché, Portal et Portal 2 vous mettent dans la peau d’un avatar dont vous ne voyiez (presque jamais le corps) ni n’entendez la voix. Armé d’un « portal gun » qui vous permet d’ouvrir une porte bleue et une porte orange qui communiquent (vous entrez par l’une et vous ressortez par l’autre), vous devez traverser une succession de salles de « test » en résolvant le parcours qui vous est proposé à l’aide de ces fameux portails. Vous êtes accompagné par la voix de GladOS, intelligence artificielle qui gère le centre de test, et qui supervise votre progression. Au fil des salles, vous parvenez enfin au terme du parcours, mais je n’en dirais pas plus 😊

Imité, jamais égalé

Sans prendre le risque de l’hyperbole injustifiée, Portal touche la perfection.

La perfection, ce n’est pas quand il n’y a plus rien à ajouter mais quand il n’y a plus rien à retirer. Dans Portal chaque élément, chaque détail est disposé avec soin et contribue chacun à non seulement donner corps et cohérence à l’univers mis en place, mais sont surtout autant de marqueurs du parcours du joueur qui se trouve ainsi aiguillé sans s’en rendre compte. Cela témoigne d’un véritable travail d’orfèvre doublé d’un très grand respect pour le joueur.

Loin des tunnels aseptisés de certains titres (God of War, Bioshock, etc.) ou des graphismes clinquant et putassier de titre balourds (coucou COD) qui cherche par là à masquer la pauvreté de leur scenario (quand il y en a), Portal déploie un propos visuel et narratif élégant, cohérent et subtil.

Appartenant à la famille des Puzzle Game, qui mettent hautement le joueur à contribution, le fond et la forme de Portal sont conditionnés à la fois par les mécaniques de jeu inhérente à ce type de jeu mais également par les limites (ou limitations) techniques à l’époque où ces deux jeux ont été publiés, respectivement en 2007 et 2011.

Mais s’il pu être éclipsé d’un point de vue graphique ou d’un point de vue scénaristiques par des jeux ayant mis ostensiblement en exergue ces deux aspects de leurs titres, aucun titre n’a su (ou pu) atteindre le niveau d’excellence de Portal. Même d’autres jeu de type Puzzle Game ne sont pas parvenus (quand ils le visaient) à reproduire l’alchimie produite par Portal entre un gameplay épuré évoluant dans un univers dense au travers d’une narration ciselée.

La comédie, c’est la tragédie plus le temps

Eva Cid Martinez nous gratifie donc d’un ouvrage passionné et passionnant au sujet de ce jeu, Portal donc. Sorti en 2007 dans une relative discrétion, au sein d’un pack, la désormais fameuse « Orange Box » de Valve, le jeu conquiert le cœur des gamers. Il va dès lors intégrer le panthéon des classiques intemporels du jeu vidéo tels qu’on pu l’être avant lui Super Mario Bros, Tetris ou Zelda.

Le livre nous présente donc la genèse du projet. Au départ simple projet étudiant, l’aventure va conduire l’équipe derrière le jeu à rencontrer puis intégrer les équipes de Valve, l’entreprise derrière le non moins reconnu Half-Life.

L’auteur nous décrit en détails les étapes ayant conduit au développement du premier puis du deuxième opus, en appuyant à chaque fois sur les ambitions et les contraintes que se sont imposé les concepteurs.

Mais bien plus que le « simple » processus créatif, avec tout ce que cela implique de décisions ou d’obstacles, c’est tout le langage visuel et ludique qu’Eva Cid Martinez nous donne à voir, à toucher et à comprendre.

Et si l’on doit convenir d’un fait c’est que rien, absolument rien, n’a été laissé au hasard. Les mécaniques de gameplay sont mises en place progressivement de manière itérative et sont découvertes intuitivement par le joueur. A l’heure où de plus en plus de jeux prennent littéralement le joueur par la main à grand renfort de flèches, de marqueurs ou de QTE fainéantes pour être certain que le joueur agisse selon la doxa des développeurs, Portal parvient au même résultat à travers le prisme de ses seules mécaniques de jeu, tout juste rappelées par des plaques au sol avec de simple pictogramme (auquel on ne prête d’ailleurs pas forcément attention).

Vous et moi avons dit des choses que vous allez regretter

Rien n’a été laissé au hasard non plus dans la construction du « monde » dans lequel le joueur évolue. Une prouesse quand on sait que les seuls environnements traversés sont des salles aseptisées et, dans le cas de Portal 2, de vastes salles souterraines en ruine. Le « monde » ne nous est connu et décrit qu’à travers la parole de GladOS et Whithley (Portal 2), deux robots attachés à ce centre de test si particulier et dont la première semble entretenir des liens de parenté avec notre avatar.

On devine à travers leurs mots (auxquels s’ajoutent ceux de Cave Johnson, fondateur d’Aperture Science dans le second opus), auxquels nous ne répondons jamais verbalement puisque notre avatar est muet dans les deux opus (ce qui démontre encore une fois le talent des concepteurs), que nous prenons conscience de l’univers dans lequel nous évoluons. Un univers fait d’expériences scientifiques étranges dans un but inconnu mais que l’on devine tout aussi bizarre.

Mais aussi bizarre que puisse paraître l’environnement que l’on parcourt, les choses que l’on est amené à y faire à travers ces tests, et ce que l’on vous dit de ce qui entoure le centre, tout est absolument cohérent et crédible. L’immersion est donc complète et c’est là encore un point qui rend ce jeu si unique et mémorable.

Science sans conscience

Portal, Science [Patate] et Jeu Vidéo d’Eva Cid Martinez, dont rien que le titre comporte un spoil d’ampleur, nous invite à nous pencher sur le rapport de la licence avec la science.

Il est vrai que l’univers de Portal entretient un rapport intime avec la science. Celui-ci tient avant tout d’une relation par l’absurde, mais la science est belle et bien présente tout au long des deux opus.

L’auteur démêle les liens de cette relation fusionnelle faisant la part des concepts fantaisistes des véritables informations et enseignements procurés par le jeu. Elle illustre parfaitement à quel point Portal est un objet d’apprentissage en exposant plusieurs cas pratiques d’utilisation du jeu en classe par des enseignants américains.

Et on touche alors là la quintessence du jeu : apprendre sans en avoir conscience. La plus belle expression de l’utilité d’un jeu est ce que l’on en retire. N’apprend-t-on pas mieux en s’amusant ? Le phénomène actuel d’amplification de la ludification de l’enseignement est le témoin que ce vecteur d’apprentissage intemporel retrouve ses lettres de noblesse.

Sale monstre

Que l’on doit ou non joueur de Portal, le livre d’Eva Cid Martinez nous donne un éclairage incroyablement complet de son sujet. Exhaustive dans son approche, son propos assez novateur nous amène à embrasser tout ce qui tourne autour de Portal, de sa conception jusqu’à ses utilisations concrètes (par des professeurs ou des joueurs passionnés) en passant par les influences qu’il a eu ou son rapport à la science.

Si vous n’avez jamais mis les doigt sur Portal, remédiez-y vite en vous le procurant sur Steam (il y est régulièrement en promotion). Et si, comme moi, vous avez déjà poncé plusieurs fois les deux opus, cette lecture sera pour vous l’occasion de vous replonger dans ce dédale de salles redoutables !

Déjà mordu du jeu (surtout du 2), j’ai une affection toute particulière pour ce livre qui parvient à célébrer le jeu vidéo quand la tendance est plutôt à diaboliser le medium, accusé de tous les maux et violences de notre époque.

Une véritable déclaration d’amour à Portal et au jeu vidéo en général !

La solitude Caravage de Yannick Haenel : émotions et fascination

Fascination pour le maître

La solitude Caravage est une déclaration d’amour enflammée pour ce peintre italien à la fois célèbre mais paradoxalement méconnu.

Yannick Haenel nous propose ici un triple parcours initiatique au fil de ses pages enflammées.

D’abord sa propre découverte de l’artiste au cours de sa jeunesse pendant sa scolarité. Parcellaire, mystérieuse, érotique et enfiévrée. Une découverte initiale qui le bouleverse et le marquera à jamais. Au fil du temps, l’auteur se rapproche toujours un peu plus du Caravage, se documente, s’instruit, se forme, et parvient finalement à son épiphanie : travailler en Italie et à Rome, au plus près des œuvres du maître.

Le Caravage n’est pas seulement un hobby, une lubie ou une simple passion. C’est pour Yannick Haenel un chemin de vie et une véritable transcendance.

Car la vie de l’auteur se fait écho de celle du Caravage, la violence en moins, et l’on est les témoins d’une véritable appropriation, pour ne pas dire assimilation, de la vie du Caravage tant l’auteur semble ressentir dans ses chairs les tourments du génie.

Une vie pour la peinture

Et c’est là le second degré de lecture de cet ouvrage. Loin des monographies classiques ou du simple exercice biographiques, la solitude Caravage nous donne effectivement à voir ce que fut la vie du Caravage.

Une vie tourmentée, agitée, qui se traduit par le vagabondage, la violence et la solitude. Une solitude paroxystique en ce qu’elle s’incarne non seulement dans la solitude intrinsèque du peintre, seul devant son œuvre et sa technique, mais également dans la solitude de son for-intérieur. Seul face à lui-même, le Caravage est un personnage torturé qui aura tout connu : le deuil, la pauvreté, l’isolement, la détresse, la gloire, la fuite, le confort et la violence.

Une vie courte (39 ans seulement) mais à la fois trépidante et terrible, intense et fragmentée, sublime et chaotique, riche et désordonnée. Mais surtout une vie dédiée à la peinture. Une peinture sombre, teintée du noir (la couleur de Dieu), le noir des nuits de beuveries et de rixes qu’il a si souvent fréquentée, le noir de son âme torturée qui trouve un reflet dans ses coups de pinceaux.

Mort de maladie après avoir arpenté des marais insalubres à la poursuite d’un bateau contenant des tableaux qu’il rapportait à Rome, il disparait dans l’indifférence général, laissant derrière lui le champ libre pour ses détracteurs qui brossent de lui un tableau famélique et vengeur.

Le Caravage laisse ainsi une soixantaine de toiles connues à ce jour et passés les affres du temps et de la jalousie de ses contemporains provoquée par la compétition de l’époque, le temps est désormais à la contemplation et à l’analyse.

Symbologie de l’oeuvre du Caravage

C’est la troisième clé de lecture de la solitude Caravage. Si l’on ne rentre évidemment pas dans le détail de chaque tableau, que Yannick Haenel confesse ne pas tous connaître et tous avoir vus, ce dernier ne nous donne pas à voir simplement les détails de quelqu’une des œuvres du Caravage, mais nous illumine du langage visuel auquel recours ces toiles qu’un œil novice et candide pourrait trouver banales au premier regard.

Les plus infimes détails prennent ainsi sous la plume ciselée et méticuleuse de l’auteur une dimension quasi mystique. Déployant des talents de poésie quasi lyrique, Yannick Haenel nous transporte littéralement dans un monde d’image, de symboles et de sens. Cette passion exaltée pour le jeune peintre et surtout son œuvre que l’auteur s’emploie à décrire, détailler, décrypter et sublimer par la puissance de son verbe et de sa plume, pourrait passer pour du fanatisme. Mais l’ivresse qui s’empare de Yannick Haenel est si sublime dans sa plénitude et son abandon, qu’elle nous emporte avec lui dans cette contemplation et que l’on se surprend alors à presque toucher du doigt ces toiles.

On ne ressort pas tout à fait le même de la lecture de la solitude Caravage. D’une part, on va ressentir l’envie d’aller voir l’œuvre du Caravage. Pour cela, la bibliographie sélective proposée par Yannick Haenel est un bon point de départ. Mais surtout on risque à tout moment de se laisser à notre tour happer par tous les infimes détails des toiles que nous serons amenés à croiser et que notre œil n’aurait pas forcément su voir au premier regard.

Une lecture envoutante dont la richesse intellectuelle et lexicale mérite le temps qu’on lui consacre et à laquelle on sera heureux de revenir.

Histoires criminelles de Christophe Hondelatte

On pourrait penser à la découverte d’Histoires Criminelles que Christophe Hondelatte se « Pierre Bellemarise ». S’enferme t-il dans son rôle de chroniqueur des affaires criminelles et judiciaires, tel qu’il le tenait alors qu’il était à la tête de l’émission de France 2 « Faites entrer l’accusé ».

On aurait pas tort car cet opus est le dernier d’une longue série consacrée au sujet. Mais passé ce constat, force est d’admettre que l’auteur sait définitivement y faire avec les faits-divers.

Christophe Hondelatte tire ainsi habillement profit de la documentation à sa disposition (livres, minutes judiciaires, articles, etc.) pour abreuver ses récits de détails qu’ils replacent dans leur juste contexte chronologique.

Chaque récit se lit ainsi d’autant plus intensément qu’ils prennent littéralement vie sous nos yeux (insolite n’est-ce-pas pour des affaires de meurtres et d’assassinats ?).

Sous une plume élégante, l’auteur nous narre avec une habileté et un sens du suspens maîtrisé des histoires dont le point commun est leur caractère sordide.

Quoique pas toujours élucidées, certaines affaires font froid dans le dos et le livre n’est pas forcément recommandé pour une lecture du soir !

Une odyssée historique

Du reste, on navigue également à travers l’histoire car certaines affaires remontent au XIXe siècle, ce qui permet également de mesurer tout le chemin parcouru par les force de l’ordre, la justice et les techniques scientifiques ou medico-légales.

A ce titre, force est de constater que la justice française fonctionne plutôt bien et que, malgré son manque chronique de moyens et le temps parfois long qu’elle met à se prononcer, elle parvient à réaliser un travail remarquable. Tout juste mettra t-on de côté les cas les plus criants d’erreurs judiciaires, qui sont moins le fait de la justice elle-même que des pressions ou actions des corps intermédiaires qui l’entourent, et notamment politique.

Malgré les sujets scabreux, le livre est plaisant à lire et va au-delà d’un simple exercice de voyeurisme dans lequel il aurait pu tomber.

Lectio Letalis : la mort est au bout du chapitre

Le roman qui tue

Lectio Letalis exécute avec brio la recette du thriller ésotérique.

Tous les ingrédients nous invitent à déguster au plus vite chaque page pour atteindre le dénouement et les révélations finales. Un livre qui tue mystérieusement, des personnages haut en couleurs, au caractère bien trempé, une secte énigmatique et une enquête menée tambour battant dans un cadre dépaysant, que demander de plus ?

Délaissant rapidement Paris pour s’installer en région Bordelaise, l’intrigue nous amène à rencontrer notre héros principal incarné par un policier aux méthodes rudes et peu orthodoxes, faisant régner l’ordre sur son secteur.

Lourd d’un passé tourmenté et hanté par le souvenir d’un ancien policier ayant oeuvré au sein d’une secte, il nourrit une véritable haine pour ces groupes déviant.

Au hasard d’une intervention « banale » son quotidien prend une tournure toute nouvelle et il se retrouve embarqué malgré les interdictions de sa hiérarchie sur les traces d’une ancienne secte, réputée disparue suite au suicide collectif de ses membres.

Le héros va dès lors aller de révélations en révélations et parvenir au terme d’un parcours semé d’embûches et de violences, à résoudre le mystère.

La plume plus forte que l’épée ?

Maniant avec subtilité l’art de l’ellipse (contrairement à d’autres romans à rallonge), Lectio Letalis sait nous garder au fait de l’action avec une économie de mots qui rend la lecture fluide et plaisante.

Dommage pour certaines scènes de Lectio Letalis que l’on aurait aimer voir se dérouler avec de plus amples détails. Si l’ensemble se tient tout à fait, on regrette quelques raccourcis scénaristiques ou que les personnages parviennent trop simplement et justement à certaines conclusions. On n’est pas loin par moment du Deus Ex Machina.

Il n’en demeure pas moins que Lectio Letalis est très bien écrit, avec une richesse de vocabulaire assez rare pour être notée pour ce type de littérature.

Seul véritable défaut à mon sens de Lection Letalis : le sous-texte sur le monde politique et des « puissants » en général. Leur mainmise sur l’enquête et le dossier est sans cesse rappelée mais leur existence est bien trop nébuleuse pour que l’on s’attache vraiment à cet aspect du roman.

C’est regrettable car il y avait matière à développer plus avant le propos, ce qui aurait d’une part donner encore plus de consistance au récit et d’autre part aurait pu être porteur d’un vrai message. En l’état, le si peu qui est évoqué laisse à penser que l’auteur nourrit des fantasmes sur de vagues théories du complet au plus haut sommet. Hors, le fait que ceux qui sont aux responsabilités cherchent à se couvrir n’est en rien de la science fiction et cet aspect du roman aurait pu faire l’objet d’un développement plus poussé.

Malgré une fin « un peu cul-cul » plutôt convenue, le roman aura su nous garder en haleine chapitre après chapitre ce qui est en soi un motif de satisfaction.

Lectio Letalis est roman haletant et un auteur à découvrir !

Silence sous la blouse de Cécile Andrzejewski

Allo Pital ? Ici lence…

Le livre de Cécile Andrzejewski lève le voile sur un phénomène invisible pour la plupart d’entre nous mais qui ne fait hélas mystère pour personne : le harcèlement et les abus sexuel dans le milieu hospitalier.

Loin des clichés véhiculés par les séries télé médicale (#docteurmamour) l’auteur met en lumière les cas tous plus édifiants les uns que les autres de harcèlement, d’attouchements, voire dans les pires des cas, de viols commis par des médecins, encadrants de santé ou plus rarement d’autres personnels médicaux.

Mais bien plus que les faits en eux-mêmes, la grande force du livre réside dans les témoignages et la parole donnée à toutes les victimes de ces actes odieux.

Le travail de l’auteur est d’autant plus rigoureux qu’elle marche sur le fil, puisque de nombreuses procédures sont actuellement en cours, ce qui oblige à insister sur le fait que tant qu’aucune condamnation n’est prononcée, la présomption d’innocence prime.

Dans un milieu professionnel déjà difficile, puisque tous ces individus dévoués au service des malades exercent déjà en soi un métier difficile, prenant et épuisant, mis en surtension par un manque de moyens humains et matériels croissant, les abus sexuels pratiqués constituent la goutte d’eau inacceptable de trop.

Au royaume des intouchables

Et là où l’on prend véritablement la mesure du vertige que constitue la multiplication de ces cas scabreux, c’est quand l’auteur met en lumière le véritable système sous-tendant ces actes.

De la culture « carabine » qui veut que les blagues grivoises (pouvant dériver jusqu’au bizutage) sont dans les « traditions » jusqu’à la question criante de la pénurie de personnel qualifié qui justifie pour l’administration de ne sanctionner personne au risque de déplumer encore un peu plus des effectifs déjà tendus, en passant par l’excuse commode du nécessaire « besoin de décompresser » pour des praticiens mis sous pression et fatigués.
Cette dernière prend des formes diverses, comme des blagues salaces, des piques misogynes, des humiliations publiques (notamment en salle d’opération) où, dans les pires des cas, des coup ou des atteintes sexuelles.

Le pire dans tout cela, c’est que pratiquement dans tous les cas, aucun des actes mentionnés n’est sanctionné, que cela soit par la hiérarchie (donc l’administration) ou la justice, cette dernière ne pouvant presque rien faire sans action de la première. Ce serpent qui se mord la queue est d’une insoutenable ignominie…

Sous prétexte que ces messieurs occupent une position « prestigieuse » au sein de l’appareil hospitalier, qu’ils sont rares et stressés, tout leur semble acquis et autorisé.

La violence faite système

Et c’est finalement cela qui traverse tout l’ouvrage. Le point commun de toutes les dérives, tous les abus, toutes les violences : un mélange malsain de pouvoir, de phénomène de castes et d’un monde en bout de course.

Les parallèles sont ainsi nombreux avec le livre de Claire Maximova avec lequel il partage beaucoup de point communs : le silence complice de la hiérarchie des coupables, le sentiment d’impunité que procure leur statut prestigieux au sein de l’institution, leur faculté à se savoir essentiels et difficilement remplaçables, etc.

Mais par dessus tout, un machisme débridé qui renforce tous les points évoqués par un sentiment de supériorité déplacé et vomitif.

Dernier parallèle et non des moindres : qu’il s’agisse des prêtres « fragiles » ou des médecins « stressés », leur attitude vis à vis des femmes qu’ils sont amenés à côtoyer ne serait en fin de compte qu’une « soupape » ou un exutoire pour ne pas « exploser en vol ».

Ce qui est choquant, c’est que dans les deux cas, il est questions d’hommes qui ont choisi pour vocation d’aider les autres… Curieux paradoxe qui pourrait être sujet à sourire s’il ne débouchait pas sur des actes impardonnables…

Ce livre tente donc de donner un coup de pied dans la fourmilière même si celle-ci apparaît être en béton armé tant l’immobilisme semble être le guide de conduite de tous ceux qui en sont en charge.

Un ouvrage salutaire et éclairant pour qui douterait encore du fait que le fléau du harcèlement sexuel ne s’est pas insinué partout tel un poison…

Bilan de mes lectures 2018 dans la catégorie Essais

On termine enfin le tour d’horizon de mes lectures 2018 avec la catégorie des essais.

Gregory, La Machination Familiale

J’ai comme beaucoup de monde été marqué par « l’affaire Grégory ». D’autant plus que, né en 1984 – année du drame – j’ai pour ainsi dire toujours vécu avec.

La relance spectaculaire de l’affaire en 2017 a généré un déferlement de publications dans la presse (une constante dans cette affaire) et plusieurs ouvrages.

Celui de Patricia Tourancheau nous livre une approche très documentée, pour lequel elle est retourné interroger des protagonistes de l’époque.

Bien que l’on termine la lecture avec des soupçons, voire peut-être une intime conviction, l’auteur reconnait elle-même qu’aucune réponse claire n’existe à ce jour et qu’il faut attendre, encore, que quelqu’un parle…

Factuel et dépassionné, « Gregory, la machination familiale » constitue, à date, une bonne synthèse de l’affaire.

J’ai tué le fils du chef

L’ouvrage de Denis Robert, s’il aborde la même affaire, ne se situe pas dans le même registre.

Il s’agit plutôt d’un exutoire destiné à tourner la page de cette affaire qui aura marqué la vie de l’auteur.

Jeune journaliste à l’époque des faits, cette affaire, comme pour beaucoup de journalistes sérieux ou d’hommes de loi, va lui coller à la peau. Tel un fantôme, ce feuilleton judiciaire va hanter l’auteur pendant toute sa carrière. Mais bien au-delà, le livre témoigne de la place que peut prendre l’affaire dans la vie respective de chacun de ses observateurs.

Une page que Denis Robert met un point d’honneur à tourner dans la conclusion de l’ouvrage, après avoir passé en revue tous ses souvenirs, illustré par ses articles, les photos d’époque, et un regard désormais plus détaché des faits.

Ce livre constitue une pièce majeure pour qui voudrait dépasser le cadre purement journalistique de l’affaire et la découvrir à travers les yeux, les mots et les sentiments de l’un de ses témoins privilégié.

La langue géniale

Une déclaration d’amour au grec ! Le terme n’est pas volé.

Helléniste contrarié (et contrariant), la lecture de cette véritable pépite est une bénédiction.

Dans un style à la simplicité bienveillante, Andrea Marcolongo dédramatise complètement le sujet et ferait presque passer l’apprentissage du grec ancien pour un parcours de santé !

S’il ne faudrait pas nier les efforts à mettre en oeuvre pour dompter le grec ancien (mais quelle discipline ne demande ni efforts ni… discipline ?) l’approche du livre faire (re)découvrir les subtilités qui font la beauté de cette langue, dont les notre sont largement les héritières.

La richesse et la poésie de la langue grecque ne demande qu’à être découverte, même si vous n’avez aucune intention de lire du grec.

Même si pour vous, le grec constitue de mauvais souvenirs des bancs de l’école, je vous recommande chaleureusement la lecture de « La langue géniale » qui saura vous réconcilier avec cette belle langue !

Ecrire un livre en 30 jours

Les mots ont un sens.

Contrairement à ce que beaucoup semblent attendre de ce livre, son titre n’est pas « Ecrivez un roman publiable en 30 jours » ou « Ecrivez un bon roman en 30 jours ».

Le livre de Chris Baty, initiateur du Nanowrimo (National Novel Writing Month ce qui dans la langue de l’oncle Sam veut dire National Mois National de l’écriture de nouvelles) consiste en un recueil de conseils, règles de conduites et autres astuces pour justement réussir le challenge du Nanowrimo.

S’il existait une recette pour pondre des livres facilement sans risque de se planter, ça se saurait !

Le Nanowrimo permet de mettre le pied à l’étrier et, sous forme d’un challenge haletant et un peu rude, de jeter les bases de ce qui pourra, un jour, devenir un best-seller (si c’est bien ça votre but).

Ayant déjà tenté plusieurs fois la Nanowrimo, parfois avec succès (sans toutefois publier derrière car c’était vraiment médiocre), parfois sans parvenir à aller au bout, ce livre est un bon compagnon pour garder la tâte dans le guidon.

Certains points pourraient d’ailleurs s’appliquer à d’autres contextes, avec certaines nuances toutefois, tant l’objectif du Nanowrimo tend vers la quantité au détriment de la qualité, ce qui n’est pas recommandé dans toute entreprise humaine !

9,99€, la guerre du livre numérique

Les gens ont probablement déjà oublié comment tout a commencé pour la venue du monde du livre numérique tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Ce livre, appuyé sur les minutes du procès ayant opposé les parties prenantes du dossier (éditeurs, distributeurs, avec au premier chef Amazon et Apple), reviens en détails sur les étapes qui ont conduits à la situation actuelle.

Dans un marché qui se cherche encore et dans lequel de nombreux acteurs n’ont hélas pas encore pas confiance, ce petit ouvrage joue un rôle majeur de passeur de mémoire et nous éclaire dramatiquement sur la perception du livre numérique par tous les acteurs de la chaîne.

Initiation au jeu de rôle

Découvert par hasard lors d’une visite, elle-même inopinée, de la librairie spécialisée Trollune à Lyon, ce kit est pour moi une première incursion dans le monde merveilleux du jeu de rôle.

C’est un univers qui me démangeait depuis quelques temps déjà et je commençait à chercher un moyen d’y glisser un pied.

Après lecture et mise en oeuvre lors d’une (hélas) unique partie, force est d’admettre qu’il s’agit d’une bonne entrée en matière.

On regrette que l’intrigue soit extrêmement scriptée, mais c’est un passage obligé afin de guider au mieux nos premiers pas d’aventuriers. Toutefois, les marges de manœuvre ne sont pas larges et le Maître du Jeu (MJ) devra par moment trouver des trésors de créativité pour expliquer tel ou tel événement ou contrainte.

Le tout est excellemment bien présenté et plaisant à utiliser.

Cela donne envie de prolonger l’aventure !

D&D Dungeon Master Guide

Ouais je sais…

Ça n’a presque rien à faire dans la liste des « Essais ». Mais bon, d’une part je suis chez moi :p et d’autre part je savais pas où le ranger !

Donc après avoir expérimenté le jeu de rôle avec le livre du dessus, je suis rentré dans le dur en m’attaquant à la référence du genre : Donjons et Dragons.

Plus que le jeu en lui-même, c’est la création d’histoire et leur animation qui m’attire le plus. J’ai donc dévoré ce manuel avec avidité, l’achevant avec mille idées de campagnes en tête !

Au-delà du contenu, des règles qu’il présente et de l’inventaire d’objet conséquent qu’il renferme, le livre est très richement illustré, ce qui en fait un très bel objet très plaisant à lire.

Je poursuis en 2019 ma plongée dans cet univers avec l’ouvrage destiné aux joueurs et le bestiaire.

Tolkien, Auteur du siècle

Tolkien est un monument, pas seulement de la littérature fantastique, mais de la littérature tout court.

Pour vous en convaincre si vous en doutiez ou que la lecture de la communauté de l’anneau vous a semblé être un interminable catalogue de paysages, vous devez lire cet ouvrage.

Si la présente édition française a été publiée en 2016, sa version originale date de 2000. Et cela en fait justement toute sa force et toute sa valeur car cela signifie qu’il a été écrit avant le raz de marée provoqué par la sortie des longs métrages de Peter Jackson qui a fait naître toute une génération de « geek » et autre « fan de fantasy ».

L’ouvrage de T.A Shippey revient donc en détail sur les sous-bassement même de l’oeuvre de Tolkien. Ce qui nous permet de comprendre certains choix, certaines orientation du récit, à l’aune de la vie de l’auteur, du contexte historique et surtout de la langue, véritable outil que Tolkien utilise avec brio.

Nous plongeant au cœur de la philologie, le livre ne nous sert pas une simple pseudo analyse des métaphores du récit de Fantasy comme d’autres ouvrages simplistes le propose. Au contraire, dans un propos très fouillé et précis, l’oeuvre de Tolkien est disséquée sous nos yeux et l’on découvre, fasciné, toutes les subtilités – de langue principalement – qui échappe à nos sens de lecteurs plutôt passifs.

Un chef d’oeuvre à propos d’un chef d’ouvre. Voilà en synthèse ce que représente ce livre que tout aficionados de Tolkien se doit de lire au moins une fois !

Vices et Versailles

Le château de Versailles fait rêver beaucoup de monde. Et un bon conseil à donner pour ceux qui veulent un jour visiter l’un des joyaux du patrimoine français c’est, d’une part d’aller s’entraîner à Ikea pour apprendre à maîtriser une visite en sens unique (histoire d’éviter de se faire enguirlander par un vigile si vous avez l’outrecuidance de vouloir faire demi-tour au milieu du parcours), et d’autre part, c’est de ne pas lire ce livre.

Oeuvre de l’ancien responsable des jardins du parc renommé, les propos tenus, qui ne sont pas dénués d’intérêts par les quelques anecdotes narrées, sont le fait d’un homme aigri et blasé.

Sans doute incité par sa mise en retraite, le récit qui s’égraine page après page est plein de ressentiment et d’amertume, voire d’une certaine colère. Sous des dehors d’ode à ce prestigieux bâtiment, chaque chapitre est l’occasion pour l’auteur de se lamenter sur le thème universel du « c’était mieux avant ».

Chacun en prend pour son grade, qu’il s’agisse des politiques, des gestionnaires, ou, le plus souvent, des visiteurs.

On préférera à ce livre désabusé la lecture d’une bonne monographie sur le château et son parc, dépouillé de toute la négativité que laisse transparaître sciemment l’auteur de celui-ci…

L’âme d’une image

Ceux qui m’ont vu traîner sur les réseaux sociaux de l’internet mondial savent que je suis tombé dans la marmite de la photographie.

En ce domaine, comme dans tous les autres, on ne cesse jamais d’apprendre. Apprendre en pratiquant, apprendre en écoutant ceux qui maîtrise le sujet, apprendre encore en lisant sur le sujet.

Après avoir suivi un workshop en ligne de David DuChemin (photographe humanitaire canadien) le hasard a voulu que la version française de l’un de ses ouvrages soit publié par les éditions Eyrolles le jour de mon anniversaire 🙂

Ce livre est une véritable source d’inspiration et donne à voir un aperçu du travail de David DuChemin.

Bien entendu, c’est une lecture qui s’entend parmi d’autres, plus ou moins technique ou plus ou moins artistiques selon votre niveau de pratique. Mais la pratique photo ne peut s’améliorer que si l’on dépasse les seules considérations techniques pour s’élever vers la quête de sens pour nos images qui doivent pour principale vocation, non pas d’être simplement « nettes » mais de délivrer un message, une émotion. Bref : avoir une âme.

Un été avec Homère

Bien que n’étant pas auditeur de France Inter, la publication livresque de la chronique estivale de Sylvain Tesson a éveillé ma curiosité.

Mon passé scolaire (littéraire et historique) pendant lequel est née ma passion pour la Grèce me rendait le pitch alléchant.

Et le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu !

La poésie avec laquelle l’auteur nous dépeint la Grèce et ses paysages, sculptés par la puissance des éléments qui s’y déchaînent, est d’une rare élégance.

Dans le même ordre, son approche très simple et didactique des deux poèmes majeurs d’Homère, l’Iliade et l’Odyssée, nous plonge dans ce passé ancestral, mythologique, mais nous ramène invariablement à notre présent, tant les propos du poète n’ont rien perdu de leur actualité.

Plus qu’un guide de lecture ou une analyse textuelle, le livre de Sylvain Tesson nous donne à observer minutieusement ces héros du passé pour mieux nous les faire apprécier au présent pour ceux d’entre nous qui auraient encore mal au crâne après la lecture ânonnée des vers originaux !

Le dernier jugement des templiers

La quatrième de couverture du livre de Simonetta Cerrini est pleine de promesses !

Saura-t-on enfin ce qui provoqua ainsi la chute de l’ordre politico-chevaliero-religieux le plus connu et le plus intriguant de l’histoire ?

Dans une étude très fouillée, principalement appuyée sur un document retrouvé par hasard, on suit avidement les derniers mois, les dernières semaines et les derniers jours des templiers et de son dernier grand maître.

Ce qui est étonnant avec ce livre, c’est qu’il s’agit objectivement d’un travail universitaire, digne d’une soutenance de Thèse, mais qui, contre toute attente, se retrouve dans les rayons de littérature générale de votre librairie préférée.

C’est un pari osé de la part de l’éditeur (dont j’ignore la réussite dans les chiffres de ventes) d’autant que la lecture est en fin de compte assez rude tant y sont entremêlés les références et que la multiplicité des intervenants doublé de plusieurs aller-retours dans le temps, nous font régulièrement perdre pied.

Un livre intéressant et instructif qui ne va pour moi pas assez loin dans son effort de vulgarisation qui justifierait son positionnement éditorial.

Que ferait Steve Jobs à ma place ?

Lu plus par acquis de conscience qu’autre chose.

Sorti peu de temps après le décès en 2011 du fondateur d’Apple, ce livre n’est clairement qu’une tentative mesquine de surfer sur l’appétence d’un certain public pour une prétendue « méthode Steve Jobs ».

Sauf qu’une telle « méthode » n’existe pas…

A minima, et c’est ce que propose ce livre, pouvons-nous observer les actions et réactions de Steve Jobs face à certaines situations ou certains problèmes.

Source d’inspiration indéniable, tenter d’appliquer à la lettre d’hypothétique « préceptes » de Jobs quand il faut plutôt voir des traits de caractère, est un non sens colossal et absolu.

En fin de compte, un livre qui vous en apprend moins sur Steve Jobs ou vos projets que sur la façon dont l’auteur perçoit Steve Jobs. Quoiqu’elle ne soit pas véritablement toxique, je déconseille cette lecture.

Face à Faces

Ma « madeleine de Proust » de l’année ! Michel Courtemanche a pour ainsi dire « bercé » mon enfance. Sans que j’en comprenne toujours tous les tenants et aboutissants, ses grimaces ont toujours eu sur moi un effet hilarant !

Ce livre est passé totalement inaperçu en France, un comble quand on sait le succès qu’à rencontré l’humoriste dans nos contrées.

Même si le vocable est abusif, ce livre signe le retour de Michel Courtemanche. Abusif, car si sa carrière a été incontestablement mise entre parenthèses, le bonhomme n’est pas resté inactif et n’a jamais complètement disparu des radars.

L’auteur se livre ici à cœur ouvert dans un exercice d’une rare sincérité dans lequel transparaît à la fois les fêlures mais également la perversité du système dans lequel il est tombé, comme tant d’autres.

Un livre très émouvant doublé d’une plongée nostalgique dans les années 90.

Psychologie de la connerie (Critique)

La psychologie de la connerie a connu (et connait encore à l’heure où j’écrit ces lignes) une notoriété dans les médias rare pour un livre hors fiction.

Est-ce parce qu’il y a un gros mot dans le titre ? Je ne saurais le dire.

Le fait est que les médias semblent fascinés par les cons et la connerie. Sans doute car cela leur donne un exutoire en ces temps de fake-news et autres
gilets jaunes, ainsi qu’une explication rationnelle à la défiance à laquelle ils sont confrontés.

Ce livre ne méritait à mon sens pas autant de publicité. Pour le reste, j’ai déjà tout dit dans ma critique.

Mimi

« Mimi » a été aussi vite enterré qu’il n’était apparu dans l’actualité.

Est-ce parce que tout le monde s’est empressé d’oublier ou d’effacer discrètement sa sortie ? Ou bien parce que son contenu était finalement plus pauvre que ne le laissait présager l’onde de frissons qui parcouru alors le monde politique et médiatique ?

Sans doute un peu des deux.

Si l’on découvre le parcours de Michèle Marchand, les auteurs se sont heurtés à tant de mutisme (pour ne pas dire « d’hostilité ») qu’ils n’ont finalement pas pu creuser bien profond. On devine néanmoins, entre les lignes, tout un tas de collusions malsaines, de petits arrangements, et au final un monde souterrain où se mêlent les puissants et les nantis.

Les auteurs nous décrivent finalement un monde de faux-semblants et de manipulations dont les classes moyennes et défavorisées se trouve les spectatrices à travers une presse people et magazine finalement assez manipulée.

C’est très bien écrit et les auteurs ont produit un travail remarquable mais le propos qu’il révèle est navrant. La France d’en haut a encore de beaux jours devant elle !

Qu’est-ce qu’un chef ?

Ce livre fait écho à celui de James Comey et devrait figurer dans les bibliothèques de toute personne en position de diriger quelque chose qui se respecte.

Bienveillant, l’ouvrage de Pierre de Villiers éclaire par un propos précis les qualités et savoir-être qui font de quelqu’un un « chef ». Mis bout à bout, ces « conseils » feront de vous un « bon » chef.

Pas besoin d’être au sommet de la hiérarchie militaire pour trouver dans ce livre de précieux enseignement sur le management et plus largement la nécessité de diriger, décider, trancher, arbitrer et conduire quelque chose. Y compris sa propre vie !

Comme dans son ouvrage précédent, Pierre de Villiers ne tombe ni dans la rancœur ni dans les regrets de son départ forcé, qu’il n’évoque d’ailleurs jamais.

Un livre d’une très grande classe, très bien écrit et d’une sagesse éclairante !

Bilan de mes lectures 2018 en développement personnel

Développement personnel

Je n’étais jusqu’à présent pas particulièrement attiré par cette littérature. Mais autant par curiosité que par intérêt pour gérer certains problèmes, je me suis finalement penché sur le sujet. En général, quand on commence à consommer des livres de développement personnel, c’est qu’il est temps de changer des choses dans sa vie. A l’époque, j’ai changé de boite 😉

L’art subtil de s’en foutre

Un livre au titre (volontairement) provocateur mais qui renferme, sinon la solution à tous les problèmes existentiels, du moins quelques clés pour dédramatiser et avancer dans sa vie.

S’il est rempli de bons conseils, il ne faut évidement pas tout prendre au pied de la lettre et l’envisager surtout comme un témoignage personnel.

Néanmoins, c’est une lecture stimulante, à renouveler périodiquement selon moi (comme pas mal d’ouvrages de développement personnel en somme).

La magie du matin

Quand on s’intéresse un petit peu aux maux de notre époque ainsi qu’à la vie des entreprises, on se rend compte que ce qui manque le plus aux gens, ce n’est pas tant de l’argent, de la gloire ou du pain, mais bien plutôt… du temps !

Du temps pour soi et ses projets, du temps pour sa famille et ses proches, du temps pour se cultiver, partager, du temps pour pouvoir faire convenablement son travail, du temps pour ne plus être obligé d’être de courir contre la montre…

Hélas, le temps est l’une des denrées les plus rare de notre époque. Contrairement à l’argent ou la nourriture, il n’existe pas de méthode ou d’outil pour en produire d’avantage.

Alors, comme pour la gestion de l’espace, on a inventé tout un tas de choses pour optimiser l’utilisation du temps comme les outils de productivité pour accélérer le traitement de certaines tâches ou leur mise en parallèle.

Mais quand on a fini de rembourrer tous les micro trous du planning pour y loger la moindre parcelle d’activité, il arrive un moment où c’st le trop plein. Alors, soit on se déleste d’un certain nombre d’activités, soit on tombe dans un burn-out, soit on augmente encore un peu plus sa surface de temps exploitable.

C’est cette troisième voie, qui permet d’éviter les deux premières, que nous permet d’explorer « La magie du matin ».

Moins extrême que le renommé « Miracle morning » (que je n’ai pas encore lu), la magie du matin propose une approche bienveillante, plutôt douce et qui permet de se mettre en ordre de marche pour gagner ces moments en plus dans une journée.

Entrecoupé de témoignages (dont certains un peu cul-cul quand même) l’auteur met en place progressivement tous les éléments pour nous emmener à enfin nous lever plus tôt !

J’ai expérimenté cette méthode, qui n’a hélas pas résisté à des vacances en famille, et je voudrais retenter l’expérience pour vous en livrer ici un bilan.

La vie en ordre

Malgré son sujet sérieux, ce livre est extrêmement rafraichissant. L’auteur y aborde des sujets pourtant a priori plutôt graves (rien de moins que la fin de vie) mais avec une légèreté et un humour extraordinaires. Inutile d’y chercher des détails précis sur ce qu’il vous faudrait jeter ou donner. Ce n’est pas vraiment le propos.

En revanche, l’ouvrage est truffé de principes généraux qui devraient guider tout un chacun dans son rapport à ses possessions matérielles et l’encombrement de ses placards.

C’est donc moins un guide du rangement qu’une véritable philosophie de vie à laquelle nous invite l’auteur, le tout axé autour de la problématique bien concrète et douloureuse du débarrassage du dernier lieu de vie d’une personne défunte.

Le leitmotiv est simple : « Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour vos proches » ! Message simple et efficace que l’auteur délivre de manière touchante et attendrissante dans un style tout aussi délicat que plaisant.

Une lecture précieuse !

Qui a piqué mon fromage ? (relecture)

Un « classique » qu’il est bon de relire de temps en temps.

Simple et d’une efficacité redoutable, la courte histoire métaphorique qui met en scène les deux souris et les deux minigus, est un rappel à l’ordre salutaire sur l’attitude à adopter face au(x) changement(s) et pas seulement les plus gros.

Comme souvent en revanche, plus facile à dire (ou à lire) qu’à faire ! La vraie richesse du livre réside dans sa mise en application concrète 😉

Les vertus de l’échec

Longtemps objet de mépris et marqueur sociétal d’exclusion, l’échec n’aura jamais aussi souvent été porté au pinacle des qualités dont il faut disposer pour, paradoxalement, réussir sa vie et réussir en société.

A tel point que ne pas échouer (oui, on dit aussi « réussir ») est désormais considéré comme quelque chose de louche, de politiquement incorrect, voire d’insolent (cf. une réussite insolente…)

Et pourtant, si l’échec n’est pas une tare, il y a tout de même un pas à franchir pour considérer que de non honteux, celui-ci puisse devenir un objet de fierté, voire un objectif à atteindre.

S’il est un fait établi que l’échec est un point de passage obligé dans toute entreprise humaine, il est établi également que ces échecs (inévitables donc) doivent être considérés comme des opportunités d’apprendre, de s’améliorer (en se corrigeant) et, par voie de conséquence de bâtir la route du succès.

L’approche de l’auteur, et de toute la littérature florissante sur le sujet, s’inscrit donc dans cette dynamique : accueillez l’échec à bras ouvert, ne vous lamentez pas et surtout, repartez à l’assaut !

Mais au delà de cette approche qui tente de dédramatiser sérieusement le sujet, le message délivré n’invite pas seulement à embrasser l’échec quand il se présente, mais presque à le provoquer. « Fail often, fail fast » est le mantra que certains entrepreneurs prônent pour justement, paradoxalement, accélérer l’arrivée du succès.

Ce qui me semble « dangereux », c’est le glissement de l’acceptation de l’échec à celui de la recherche de ce dernier. L’échec est inévitable donc autant y aller à fond.

Certes. Mais de mon point de vue, à être trop radical, on ne cherchera plus à donner le meilleur de soi et transformer la réussite en accident.

Si je rejoins le message de fond de l’ouvrage, je ne serais en revanche pas aussi absolu dans sa mise en oeuvre. Une lecture utile, mais à prendre avec un peu de recul.

Bilan de mes lectures 2018 – Non fictions (politique et divers)

[EDIT du 5 février 2019] Compte tenu de la longueur excessive de l’article, le volet « Développement personnel » a été déplacé dans un autre billet.

On continue ce tour d’horizon (interminable) de mes lectures de l’année écoulée. Et dans ce qui suit, j’aborde les ouvrages de politique et d’autres sujets divers.

Politique

Je ne suis pas un grand fan des ouvrages politiques. Enfin, plus précisément, des ouvrages « écrits » par des hommes politique (ou leurs nègre) surtout quand il est évident que cela ne sert que de marche-pied à une campagne électorale ou autre exercice de promotion vaseux.

Les ouvrages de cette catégorie que j’ai eu entre les mains cette année, sont plutôt des ouvrages qui parlent de politique.

Le feu et la fureur

Ce type est un fou.

Non. Un fou peut potentiellement avoir une excuse. Lui, n’en n’a aucune.

On dit de lui qu’il agit comme un enfant. Mais à un enfant, on pardonne. Pour lui, il semble acquit au contraire que le tribunal de l’histoire sera impitoyable et qu’aucune circonstance atténuante ne pourra lui redonner un peu de crédit.

Mais au-delà de Trump, le livre nous éclaire sur tout son entourage, des personnages qui, vu de chez nous, sont finalement assez invisibles.

Dieu sait encore ce que l’avenir nous réserve avec cet énergumène, arrivé malgré tout au poste suprême sans en avoir ni le talent ni les capacités.

Mais s’il occupe physiquement le poste, la question reste entière à la l’issue de la lecture de savoir qui dirige réellement les Etats-Unis d’Amérique et leur politique…

Fils de la Nation

Déjà objet d’une bibliographie conséquente (sans parler de la production télévisuelle), Jean-Marie Le Pen est un personnage qui, quoi que chacun en pense, fascine d’une certaine manière et est un homme de médias (même s’il les a longtemps accusé de ne pas bien le traiter).

Autant dire que les mémoires de l’un des derniers dinosaures de la politique française du XXe siècle étaient très attendues.

Pas pour d’éventuelles révélations, d’autant que ce premier tome ne s’attache finalement pas à la période la plus polémique du bonhomme, mais bien plutôt parce, pour une fois, les choses ne son pas racontées par le regard et les mots d’un autre. Non que les faits aient été trafiqués par ceux qui s’étaient attachés auparavant à dépeindre l’histoire de Jean-Marie et des Le Pen, mais justement, on ne pourra pas dire (et l’auteur en premier lieu) que les propos ont été interprétés, etc…

Ce qui est écrit, est écrit. Les mots ont un sens et l’ambiguïté, toujours possible, est plus délicate à manier.

Sans surprise, on n’y apprend pas grand chose, à part peut-être l’épisode de l’officier Allemand presque tué d’une balle dans le dos.

Comme ce premier tome ne s’intéresse qu’assez peu à la politique et qu’il s’attache surtout aux jeunes années du tribun, le récit est plutôt « consensuel ». Tout juste y trouve t-on une digression sur l’immigration digne d’une fin de repas arrosé.

Le deuxième volet, prévu pour bientôt, sera à coup sur tout aussi instructif, mais beaucoup plus polémique… #popcorn

Mensonges et Vérités (Critique)

Un des nombreux témoignage de l’intérieur sur ce qu’il se passe à la Maison Blanche en ce moment et les ravages provoqués par le blond à perruque…

Un excellent ouvrage, dont j’ai déjà dit le plus grand bien et dont la lecture est un régal pour quiconque s’intéresse un peu au leadership !

Les leçons du pouvoir

Alors là, c’est presque tout l’inverse. Où alors si : si vous voulez savoir tout ce qu’il ne faut pas faire en terme de management et de leadership, ce livre est pour vous !

Parce qu’à part servir d’alibi pour une éventuelle nouvelle candidature présidentielle, de thérapie ou de liste d’excuses, le niveau global du livre est assez faible.

A l’issue de lecture, on a le sentiment très inquiétant que l’individu a découvert qu’être Président c’était difficile. N’importe quel citoyen un peu éclairé n’aura pas besoin d’être en fonction pour s’en rendre compte… Quand on parle de déconnexion des élites, ce n’est pas qu’avec le commun des mortels. C’est aussi avec la réalité des choses. Et ça, c’est inquiétant.

Au final, un livre sans surprise, qui pèse finalement moins lourd que ceux écrits par chacune de ses ex…

Le procès Fillon

Avec Donald Trump, Emmanuel Macron et François Hollande, François Fillon aura été malgré lui l’une des locomotives littéraire de 2017.

Entre les livres d’investigation, les pour, les contre… Il y en avait pour tous les goûts. L’histoire en elle-même n’est pas terminée, même si l’on en entend nettement moins parler, et, un jour, quand la poussière sera retombée, on découvrira une fois de plus que les tenants et aboutissants n’étaient pas totalement ceux que l’on pensait.

Au milieu de ce maelström livresque, j’ai jeté mon dévolu un peu par hasard sur « Le procès Fillon », sans doute attiré par le titre qui laissait entendre que le propos ne serait pas entièrement à charge.

Et c’est le cas. L’ouvrage présente l’énorme avantage de proposer un très bon résumé chronologique de l’affaire. Chaque épisode y étant évoqué actuellement. On y découvre au passage de nombreuses explications sur le fonctionnement de la justice financière, chose qui n’est pas un luxe tant ce monde et ces règles sont d’une confisante complexité (savamment entretenue pour que les petites gens continuent bien entendu de ne rien y entendre…).

Si le parti pris politique est évident et en faveur du candidat malheureux, Il faut admettre que c’est de bonne guerre ! Après tout, nombreux sont ceux qui, sans savoir, ont tiré sur l’ambulance. Donc pourquoi pas plaider (raisonnablement) pour le bénéfice du doute.

Principal défaut, le récit se veut équilibré, entendu ne pas être trop à charge, mais en faisant ainsi il n’apporte pas de véritable conclusion ou de piste de réflexion, ne dépassant que rarement le cadre pur du factuel.

Mais en ces temps de « fake news », un ouvrage qui s’attache aux faits et seulement aux faits, on a envie de dire « tant mieux » !

Destin français

Vous connaissez la différence entre le métier de chirurgien et celui d’un historien ? Il ne viendrait à l’idée de personne de pratiquer le premier sur un coup de tête (à part si vous êtes un psychopathe ou un tueur en série). Alors que pour le métier du second, il semble que n’importe quel branquignole puisse s’y essayer sans gène aucune.

Il faut dire que, contrairement au premier, il n’y a pas mort d’homme… Encore que je risque un AVC à chaque fois que je vois une vidéo de Loran Deutsch…

Pourquoi certains se sentent-ils obligés de parler d’Histoire, surtout pour dire des conneries ? On entend nettement moins de monde disserter sur la physique nucléaire ou les accélérateurs de particules…

Ce serait encore pour proposer une lecture originale d’un épisode de l’histoire, comme a pu le faire Camille Pascal, mais hélas la plupart du temps, les ouvrages appuyés sur l’Histoire n’ont d’autre vocation que de servir un sous-texte maladroit sur des opinions politiques pas toujours fraîches (sauf pour Loran Deutsch qui n’a d’autre visée que mercantiliste).

Peu de choses à dire de ce nième Zemour, à part que si certains fait sont vrais, le reste n’est que pures élucubrations délirantes, sans queue ni tête, et sans colonne vertébrale.

A fuir, non à cause de son (faible) fond idéologique, mais plutôt parce que cela ne nous apprend rien…

Ce que je peux enfin vous dire

Au risque de paraître misogyne, sectaire, rétrograde, condescendant, ou tout autre qualificatif dont se voit gratifié quelqu’un qui ose dire du « mal » de Ségolène Royal, force est malheureusement d’admettre que ce livre est, au mieux une resucée de livres ou propos précédent de la demi-finaliste de 2007, au pire un étalage de naïveté.

Ségolène Royal a eu une vie politique. On ne peut pas lui enlever, et on doit même reconnaître qu’elle a eu un rôle certain dans l’avancée de certains sujets.

Mais Ségolène Royal a fait son temps. Elle ne coche plus les cases de l’époque.

Ce livre est une vaine tentative (de plus) de revenir au centre de l’attention, en surfant à la fois sur le succès (relatif) de la COP 21 (mais qui date un peu) et sur la vague #metoo. En résulte un ouvrage brouillon, pas soigné (à l’image de la coiffure en couverture) qui masque mal les ambition (déçues depuis) d’un retour dans la vie politique par un biais ou un autre…

Raté sur les deux tableaux. Et j’arrête là sur ce livre, au risque d’être encore plus désagréable…

Divers

Son regroupés ici des ouvrages variés, qui ne peuvent constituer à eux seuls une catégorie dédiée.

Et Toc !

Un livre au Pitch rigolo qui compile pas mal de répliques cultes ou autres citations plus ou moins célèbres.

Toutes ne se prêtent hélas pas à être ressorties dans nos conversations du quotidien !

Cela n’en demeure pas moins un petit recueil sympathique de petites phrases auquel il ne faut rien demander d’autre que de tenir le rôle d’anthologie.

150 phrases entendues à la machine à café

Petit livre qui fait sourire. Du très bon et du beaucoup moins bon, mais il en faut pour tous les gouts !

Petit Paul (BD)

Honnêtement, il n’y aurait pas eu la polémique à propos de cette BD, je ne m’y serais pas intéressé. Comme quoi, on a rien fait de mieux en termes marketing et promotionnel…

Du coup, par esprit de contradiction ou pour jouer les rebelles en mousse, je me suis rendu dans la librairie Glénat à Lyon pour repartir avec mon exemplaire sous le bras.

C’est gras, c’est sur. C’est loin d’être fin, c’est évident. Mais l’ouvrage est plus « drôle » que « trash ». La démesure de certaines situation et le ridicule de l’ensemble font inévitablement sourire même quand c’est pas drôle…

Passée la première lecture, on y revient pas forcément, ce qui laisse à penser que, sans la polémique, l’ouvrage n’aurait peut-être pas, par son seul contenu, trouvé son public…

Tu peux ou tu peux pas

Un livre au concept interessant qui pourrait presque se prêter à une déclinaison sous forme de jeu de société !

Quelques cas sont présentés de manière un peu tordue afin de rentrer dans le cadre proposé par le livre mais on passe dans tous les cas un bon moment en plus de découvrir certaines choses insolites.

The tyranny of metrics

J’ai une critique en cours d’écriture sur cet ouvrage, pour le moment non traduit en français, ce qui est dommage car il échappe de ce fait à une partie de son public non anglophone…

Ce livre devrait être sur la table de chevet de bon nombre de responsables politique, de chefs d’administrations publiques ou d’entreprises.

Par ce brillant exposé, Jerry Z. Muller démontre, exemple réels à l’appui, que la mise en oeuvre d’indicateurs de manière ostensible est contre productive.

Loin de permettre d’atteindre des objectifs et d’améliorer les choses au quotidien, les indicateurs s’auto-entretiennent et génèrent un cercle vicieux qui annule le potentiel effet bénéfique qu’ils pourraient avoir s’ils étaient utilisés intelligemment avec parcimonie…

Un ouvrage éclairant à recommander !

The Design of Everyday Things

C’est dans le cadre de mon travail à la ville que je me suis penché sur les questions de design.

Cet ouvrage est une référence du sujet et sa lecture intéressera au delà de ceux qui ont à travailler sur le sujet.

L’auteur, expert du sujet, ancien de chez Apple, explore le sujet de fond en comble, le tout appuyé de nombreux exemples et cas pratiques. Vous terminerez ainsi la lecture en sachant ce qu’est le design, ce qu’est un BON design et l’importance que cela revêt.

J’ai une fiche de lecture complète sur cet ouvrage en attente de finalisation, que je partagerais ici dès sa finalisation.

A suivre

Ouf ! On en a (enfinterminé avec les ouvrages de non-fiction.

Emmanuel le Magnifique de Patrick Rambaud

Avec une plume et un style qu’on lui connait, Patrick Rambeau poursuit avec Emmanuel le Magnifique son oeuvre de chronique de la vie politique française inaugurée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Si pour nous, contemporains du sujet, la tournure prise par le récit nous est d’une limpidité absolue (pour peu que l’on s’intéresse un minimum aux actualités et que l’on ne vive pas dans une grotte), que restera t-il une fois les affres du temps passés ?

Certains détails sont en effet embellis et, outre les préférences politiques objectives de l’auteur, l’exercice de synthèse inévitable conduit bien entendu à emprunter certains raccourcis qui trahissent néanmoins ce que la plupart des gens retiennent de chaque épisode narré.

On est néanmoins en présence d’un livre tout à fait plaisant qui permet de remettre en perspective le tumulte de l’actualité. Dans tous les cas, une petite merveille de vocabulaire et de maniement de la langue française pour notre plus grand plaisir !

Le réveil des armées d’Isabelle Lasserre

Un tour d’horizon complet

Avec « Le réveil des armées« , Isabelle Lasserre propose le tour de force de brosser un panorama complet de la situation des armées françaises en cette fin de décennie.

Partant du constat – qui donne son nom au livre – que les armées bénéficient d’un regain de confiance, d’amour et de crédibilité, phénomène qu’elle analyse et dont elle identifie les ressorts, elle prolonge et développe son propos bien au-delà et envisage le rôle des armées dans toutes leurs dimensions : militaire, sociale, économique, etc.

Avec un esprit de synthèse qui force le respect, le livre parvient à balayer à la fois les problématiques humaines, matérielles, idéologiques, culturelles et stratégiques qui parcourent et animent les différents corps d’armées.

Sans que le tout soit aussi indigeste qu’une somme de rapports assommant sur le sujet, elle parvient à présenter en détail chaque des quatre armes (terre, mer, air, cyber), leurs spécificités sociologiques, urs problématiques propres.

L’auteur n’oublie évidemment pas de replacer les armées française et la politique de défense française dans le contexte européen et mondial, au fil d’analyses documentées qui sonnent juste et qui permettent de prendre toute la mesure des défis auxquels les armées et tout le pays est et sera confronté.

Une approche sincère

Richement appuyé par les propos recueillis auprès d’acteurs ou d’observateurs avisés de la chose militaire, le propos entre suffisamment dans le détail pour embrasser complètement l’ensemble des dimensions de chaque sujet soulevé.

Tout au plus pourra-t-on deviner un très léger parti pris de l’auteur sur certaines questions, soutenant par son propos le point de vue de certains intervenant. Mais d’une part cela ne nuit pas à l’exposé en lui-même et d’autre part cela atteste d’une véritable passion pour le sujet traité doublée d’une solide force de conviction.

L’ouvrage ne se veut résolument pas l’apologie d’un militarisme acharné et constitue plutôt une ode raisonnée à ce corps important qui structure quoi qu’on en pense nos sociétés.

Lucide dans son approche, Isabelle Lasserre nous gratifie d’une analyse éclairée et éclairante sur la « grande muette » qui complète plus qu’utilement les lectures d’une histoire miliaire de la France et d’un manuel de géopolitique.