
Retour sur mes différentes découvertes de ce mois d’avril.
Lectures, découvertes, réflexions
« Quoi ??!!?!? » C’est à peu près le cri que j’ai émis après avoir atteint le point final de ce roman. Un peu par désarroi. Un peu par déception. Peut être aussi un peu par colère. Je dois avouer qu’au fil de la lecture, je ne voyait pas bien comment parler de ce livre. Mon instinct … Lire la suite
Avant de publier le bilan de mes lectures de 2021, et de revenir sur le challenge qui l’accompagnait (un challenge reconduit en 2022), je tenais à vous partager ma liste de lecture dans son intégralité, par ordre chronologique. J’intégrerais les liens vers les chroniques que je publierais dans les semaines à venir. Les notes Chaque … Lire la suite
Avant de publier le bilan de mes lectures de 2020 et de revenir sur le challenge qui l’accompagnait (un challenge reconduit en 2021), je tenais à vous partager la reading liste dans son intégralité, par ordre chronologique. J’intégrerais les liens vers les chroniques que je publierais dans les semaines à venir, et peut-être que je … Lire la suite
Ce mois de décembre a été assez léger avec seulement deux lectures, mais avec des livres assez denses. Retour sur ces deux lectures du mois de décembre 2019 ! Le soulèvement de Persépolis Avec ce nouveau volume de la saga The Expanse, les auteurs ont trouvé une belle façon de prolonger l’univers déjà mis en … Lire la suite
Avant de publier le bilan de mes lectures de 2019 et de revenir sur le challenge qui l’accompagnait (un challenge reconduit en 2020), je tenais à vous partager la reading liste dans son intégralité, par ordre chronologique. J’intégrerais les liens vers les chroniques que je publierais dans les semaines à venir, et peut-être que je … Lire la suite
Retour sur mes différentes découvertes de ce mois de mars.
Le chant des revenants est un roman assez déroutant. Après un début rugueux, l’intrigue se déploie ensuite de manière assez laborieuse. Et s’il aborde bien des sujets lourds et graves, le roman se résume en fin de compte à raconter une tranche de vie.
On se prend d’une véritable empathie pour les deux jeunes enfants, qui illustrent à la perfection la devise « on ne choisi pas sa famille ». Drogue, violence, alcool, leurs parents sont en roue libre. Plus que la couleur de leur peau, qui n’est finalement pas un sujet si central dans le récit, c’est plutôt l’inaptitude de certains à être parent, dans une Amérique qui ne pardonne rien qui est mise en lumière.
Chargé malgré tout d’une poésie crépusculaire l’auteur nous gratifie de quelques figures de style intéressantes. Mention spéciale à la traduction française déplorable qui se borne à un mot à mot désespérant.
On ne reviens jamais complètement indemne d’un voyage à Venise. Même le touriste le plus superficiel et ingrat, qui se contente d’un aller-retour de quelques heures entre la cabine de son paquebot et la place Saint Marc, ne restera pas insensible à l’atmosphère si particulière de cette ville si particulière, entre ciel et mer, dépourvue de la cacophonie automobile et parsemée de joyaux architecturaux.
Alors pour qui dépasse ce statut de simple touriste et s’attache à s’imprégner de l’histoire vivante de la cité lacustre, c’est l’assurance de s’ouvrir des découvertes architecturales et humaines et saisir ce qui constitue l’âme et le coeur de Venise.
Multipliez les séjours sur place et vous reviendrez à chaque fois un peu plus différent, un peu plus riche de ce que vous aurez découvert sur place.
Jean-Paul Kauffmann, dont c’est là le premier ouvrage a passer entre mes mains (shame !), entretien avec Venise une histoire passionnée.
A force d’escales dans la ville désormais plus que millénaire, que la doxa des tour operator désigne jusqu’à l’écoeurement par le vocable éculé de « sérénissime », l’auteur possède une intimité avec Venise que seuls ceux qui cherchent véritablement à la connaître peuvent atteindre.
A tel point, que ne semblent lui manquer que l’inaccessible pour dernier terrain de jeu. Comme si tout le reste constituait un fait acquis.
Déroulé comme une enquête, la quête des églises fermées de Venise, souvent invisibles pour le commun des mortels, et devant lesquelles passent des hordes toujours plus nombreuses de touristes indifférents, se révèlent non seulement ardue, mais également imprévisible.
Car plus que l’intérieur de ces églises, on découvre avec cette quête une des faces cachée de Venise. Celle de la gestion administrative, de la vie économique. Bref, ce qu’il y a derrière l’écrin idyllique et romantique des décors de cartes postales.
Porté par une plume aiguisée et élégante, ces quelques pages sont autant le reflet d’un parcours du combattant pour se faire ouvrir ces joyaux cachés du public, qu’un puissant et vibrant hommage à Venise qui pourra en inciter plus d’un à délaisser les parcours fléchés pour se perdre dans les ruelles magnifiques de cette cité si arpentée et pourtant si mystérieuse.
Si l’intention du livre est louable, force est d’admettre que son ton passe à côté de son objectif. Ni drôle ni pertinent, l’auteur se contente d’empiler les clichés sans apporter une once de valeur ajoutée.
Sans cesse péremptoire, le livre passe avant tout pour donneur de leçon et finalement assez manichéen et absolutiste alors que son propos vise justement à contribuer à « vulgariser » le discours féministe. Sans compter que bon nombre de cas présentés sont éculés, voire dépassés…
Si la guerre est une chose trop sérieuse pour qu’on la confie aux militaires, il en va peut-être de même pour le féminisme (par ailleurs assez mal défini par l’auteur) qui est un sujet suffisamment sérieux pour qu’on ne le galvaude pas n’importe comment.
Ce qui fonctionne sur Youtube ne devrait parfois pas franchir la barrière des pixels de nos écrans…
Quoique j’ai comme chacun d’entre nous un trou du cul point de vue sur le monde et des convictions politiques (au sens général du terme et non partisan) je tâche au maximum de rester le plus neutre et le plus objectif possible.
C’est pour cela que j’attache une attention toute particulière à écouter ce que chaque courant de pensée a à dire. Je reste fermement convaincu que le pluralisme et le débat d’idées est le seul vecteur du mieux vivre ensemble, garant de nos démocraties modernes.
Ne partageant pas, à priori, les mêmes idées que François Ruffin, les qualités humaines du bonhomme et son parcours, avant qu’il ne soit élu député, me le rendent éminemment sympathique.
Ce livre est un véritable cri du cœur qui, à l’opposé de toute la littérature politique saisonnière aseptisée, est emprunte de sincérité, de justesse, de vérité et de franchise.
Si la forme est par moment volontairement tranchante, le fond du propos est quant à lui profondément sérieux et ne tombe pas dans un manichéisme simpliste que le genre aurait pu encourager.
Bien entendu, c’est à charge contre le Président de la République. Bien entendu, le propos est très teinté de « rouge » et penche clairement à gauche. Mais l’empathie de l’auteur, et la primauté donnée à son parcours, n’en font pas un réquisitoire bête et méchant mais au contraire une tentative d’appel au secours.
S’il ne fera pas forcément avancer le débat politique, qui reste très cloisonné à la sphère feutrée des palais parisiens, cet ouvrage a au moins le mérite de rendre témoignage du parcours d’un des députés les plus atypiques de la mandature actuelle, voire de la Ve république.
C’est en rentrant de Venise que je me suis fait l’amère réflexion que malgré mon passé d’historien, je ne connaissais finalement pas grand chose des détails de l’histoire de Venise.
Se mettre en quête d’une bibliographie sur Venise s’avère être une mission périlleuse. La plupart des titres recommandés ici ou là sur le net n’est plus édité ou, s’il le sont, ne sont pas disponibles immédiatement en librairie. On privilégie évidemment les guides de voyages, qui se vendent comme des petits pains, mais qui à l’heure du temps réel, deviennent obsolètes dès leur impression.
Parmi les titres suggérés et sur lesquels j’ai pu mettre la main, cet ouvrage propose une approche particulière de l’histoire de Venise.
Globalement chronologique, l’ouvrage adopte une structure articulée autour de quatre thématiques qui permet de faire la synthèse de plusieurs sujets, le tout à travers le prisme du caractère « international » de la ville, située aux centres politiques et économiques de l’histoire mondiale.
Recueil de plusieurs textes qui s’apparentes à des articles de publications spécialisées, ce livre offre un aperçu plaisant de l’histoire de Venise et fouinant plusieurs de ces aspects.
Cette lecture est toutefois largement insuffisante pour appréhender toute l’histoire de la ville et il faut notamment s’appuyer sur d’autres sources, qu’elles soient livresques ou numériques pour expliciter certains termes ou certaines notions si celles-ci vous sont inconnues par ailleurs.
A force de tourner autour du pot, la rigueur m’a poussé à revenir aux fondamentaux de l’outil de Mind Mapping.
S’il faut reconnaître à Tony Buzan d’avoir formaliser un certains nombre de concept autour de cette méthode, il faut admettre qu’elle lui fut antérieure. Tout ça pour dire que quand l’auteur nous dit qu’il a « inventé » la méthode, il faut le relativiser.
Presque exclusivement orientée sur une pratique manuelle de la méthode, le livre présente une méthode très stricte et limitante en dehors de laquelle il ne saurait y avoir de salut selon Tony Buzan.
Si la nécessité d’avoir un cadre est important, le caractère très personnel des cartes mentales produites impose justement que chacun puisse s’approprier les règles pour pouvoir les enfreindre ensuite et trouver les automatismes propre à chacun.
Si la définition des bases est nécessaire, l’ouvrage me semble trop absolu et imposer un carcan trop strict. Tout le monde n’a pas besoin d’un dessin central, de courbures et autres fioritures.
A l’heure du numérique, un bon outil flexible et dans l’esprit de ce qui est présenté par Tony Buzan peut donner d’aussi bons voire de meilleurs résultats quand à la mémorisation ou l’organisation de la pensée.
Là encore, chaque cas va être unique.
Une lecture importante, mais qu’il faut savoir très vite dépasser pour s’approprier les outils et la méthodes et la mettre à son service.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur ne tergiverse pas.
On entre d’emblée dans le cœur de l’action et le lecteur n’a pas vraiment le temps de se poser de question. Tout va vite. Extrêmement vite d’ailleurs.
Mais là où cet ouvrage se distingue d’une banale histoire d’enquête ou même de vengeance, c’est qu’il illustre la fragilité des frontières entre bien et mal, bons et mauvais, gentils et méchants, justice et vengeance, détresse et folie. On assiste à la lente transformation de la seule survivante qui passe progressivement de la tristesse à la noirceur la plus totale.
Dans un inattendu retournement de situation savamment amené, les rôles se trouvent finalement inversés et les êtres les plus noirs ne sont finalement pas ceux que l’on croient. Le mystère reste hélas entier à la fin de la lecture, ce qui ne gâche en rien la qualité du roman, mais frustre quelque peu le lecteur !
Réédition d’un ouvrage des années 70, cet livre s’inscrit dans le courant historiographique qui cherche à s’extraire de l’approche purement chronologique prévalant largement au XXe siècle pour glisser vers une destructuration du récit historique, privilégiant le thématique sur le chronologique pure.
En résulte un ouvrage aujourd’hui daté, puisque si réédition il y a, cette édition n’est nullement enrichie par les derniers développements de la recherche historique concernant Venise.
Si celles-ci ne bouleversent pas fondamentalement la science des faits et de leur enchaînement, elles permettraient néanmoins de tempérer la teinte politique prise par cette étude de Venise, finalement assez superficielle.
Pas vraiment une lecture recommandée pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir leurs connaissances de l’histoire de la sérénissime.
Ce roman glaçant déploie sont intrigue avec un brio exceptionnel.
Jouant habillement des non dit, l’histoire prend la chronologie à rebours en nous racontant les faits alors que l’intrigue est déjà dénoué du point de vue des personnages.
Les faits se dévoilent donc à mesure que le personnage principal les raconte tel qu’elle les a vécu.
Par petites touches, on découvre tout de cet enfer dans lequel perce malgré tout un peu de joie et de solidarité.
Mais des antagonistes principaux, nous ne saurons rien. Tout juste leurs noms et certaines de leurs tenues vestimentaires. De même, si l’on devine certaines situations car insinuées, elle ne se révèlent pleinement qu’à la toute fin.
Prodigieux dans son processus d’écriture, la trame nous fait adopter progressivement la résignation des filles prisonnières du jardin preuve que le lecteur s’identifie très bien à ces personnages attachants et bien écrit.
Les pièces du puzzle finissent par s’assembler et il n’est pas sur qu’une suite (en deux volumes) était indispensable.
Quoique cela ne soit pas particulièrement mal écrit, ce livre est en définitive assez inintéressant.
S’adressant par moment directement au lecteur, ne respectant pas la chronologie ni la cohérence des faits, on ne sait finalement pas trop ce que cherche à accomplir l’auteur par cet ouvrage.
Hommage maladroit aux « génies » artistiques de la France du début du XXe siècle, le récit enchaîne les portraits de ces artistes, au moins connus de nom, et pour lesquels l’auteur semble éprouver une certaine fascination.
La trame narrative n’est qu’un prétexte assez vite oubliable pour permettre à l’auteur de mettre en scène sa galerie de personnage.
A noter toutefois quelques anecdotes sur des faits parfois méconnus mais qui ne suffisent pas à faire surnager un propos passable et quelconque.
Je reviens assez longuement sur ce livre dans la critique que je lui ai consacré.
Un ouvrage, et surtout un rapport, assez faible, superficiel, dont les vides sidéraux tentent d’être rembourrés avec les poncifs les plus plats et éculés possibles.
A fuir absolument. Y compris pour les commanditaires du rapport idoine…
Suite des aventures de nos héros aux bras cassés !
Un propos toujours aussi jouissif et une plume toujours aussi drôle.
Cela faisait longtemps que je souhaitais m’attaquer à cette série des « dictionnaires amoureux ».
Un titre intrinsèquement paradoxal qui conjugue la subjectivité assumée de l’auteur à l’impartialité descriptrice que représente un dictionnaire.
Car dans cette série ce qui compte d’avantage que le sujet du livre – Venise en l’espèce ici – c’est surtout son auteur. A la différence d’un « bête » dictionnaire de Venise, qui, s’il serait évidemment collégial, viserait à rendre compte objectivement sans le biais du point de vue des auteurs de faits, lieux ou objets ayant trait au sujet traité, les ouvrages de cette série offrent avant tout à appréhender le regard porté par son auteur sur le sujet.
Le nom de « Dictionnaire » subsiste donc uniquement en raison de l’approche alphabétique de l’ouvrage.
Le caractère « amoureux » de la collection assume donc également le côté partial et passionné de la prose de l’auteur.
Un fois cela posé (et ces portes ouvertes enfoncées), que penser de ce dictionnaire amoureux de Venise ?
Si Venise reste et restera à tout jamais Venise, cet ouvrage met plus que jamais en lumière que Venise est surtout une expérience personnelle. A chacun son Venise en sorte.
Au delà des apparences, chacun expérimente Venise différemment selon sa sensibilité, sa culture, son passé, et aussi selon l’époque à laquelle il la visite. La Venise nocturne du coeur de l’hiver n’a pas la même saveur que la place Saint-Marc un midi de plein été.
Philippe Solers nous livre ainsi un aperçu de ce que l’on peut voir et ressentir à Venise tout autant qu’une séance de rattrapage à propos de celles et ceux qui se sont déjà exprimé sur Venise au long de l’histoire et principalement du XXe siècle.
Un ouvrage majeur dans une bibliographie d’ensemble sur la ville lacustre, mais qui ne saurait se suffire à lui-même malgré la qualité évidente de son écriture.
L’affaire Gregory est un enchevêtrement d’intrigues, de rancoeurs, de rebondissement, d’incompétences, etc.
Cet ouvrage de Thibaut Solano revient sur ce qui constitue finalement la colonne vertébrale de tout ce drame.
Bien avant l’assassinat, la vie de nombreux habitants de cette vallée fut à tout jamais bouleversée par les appels de ce ou ces corbeaux.
L’ouvrage revient donc en détails sur ces appels, en les replaçant dans le contexte de la vie quotidienne de chacun des protagonistes.
Richement documenté, le livre propose l’intégralité des retranscriptions, tout juste mises en scène avec les éléments issus des témoignages, interviews ou directement de la procédure judiciaire.
S’il est impossible de parvenir à une conclusion définitive sur le sujet, l’ouvrage ouvre des pistes de réflexion interessantes. Dans tous les cas, en recoupant les informations contenues et détaillées dans cet ouvrage avec celles fournies par le reste de la bibliographie sur l’affaire, nous finissons par avoir un faisceau de présomptions.
Seul certitude : celles et ceux qui ont trempé dans cet sombre histoire, qu’il s’agisse du harcèlement téléphonique ou du lâche assassinat en lui-même, sont d’immondes personnes sévèrement dérangées, pour qui, malgré tout, on ne peut s’empêcher d’éprouver un peu de pitié matinée de colère.
L’énigme reste hélas encore à ce jour irrésolue, tout du moins officiellement.
Brouillon est certainement le meilleur qualificatif pour ce roman décousu.
Parsemé malgré tout de plusieurs idées interessantes, le propos brasse tout cela de manière assez peu cohérente et nous offre en définitive une histoire oubliable.
En dehors de quelques séquences à la trame narrative compréhensible, l’auteur se perd dans un enchevêtrement poussif d’intrigues servies par des personnages transparents.
Un coup pour rien, bien regrettable car l’auteur tenait bien le fil de quelques thèses audacieuses, hélas noyées dans un texte mal fagoté.
Quand on vous dit que l’histoire de Rambo a débuté par un livre, vous croyez d’abord à une blague.
Mais en fait non !
Beaucoup plus subtil que le film dont il est l’adaptation, il est également beaucoup plus violent. Les morts se comptent ici par dizaines, lorsqu’ils ne sont que deux dans le long métrage.
Quand on remet ce roman en perspective par rapport au torrent de productions surfant sur le « First Blood » cinématographique qui ont inondé nos salles obscures et nos magnétoscopes dans les années 80 et 90 jusqu’à saturation, force est d’admettre qu’Hollywood a une capacité hors norme pour générer du business sans limite.
La postface de la main de l’auteur est singulièrement interessante et éclairante à la fois sur les intentions de l’auteur et son rapport à l’adaptation qui en aura été faite (ainsi que ses suites).
Avant un nième visionnage, plongez vous dans cette lecture !
Il ne semble jamais y avoir eu autant de monde souhaitant écrire un livre et, le cas échant, se faire publier.
S’il y a aussi peu d’élus parmi la foule des appelés, c’est sans doute principalement une question de manque de temps plus qu’une absence d’inspiration ou de talent.
Et quand on voit certaines publications arriver sur les étals des librairies, on peut se dire que ceux qui n’ont ni talent ni inspiration sont ceux qui ont finalement le plus de temps pour accoucher de manuscrits aussi mauvais qu’insipides. Mais c’est un autre débat.
Ce petit ouvrage propose un condensé synthétique de conseils simples mais efficace pour poser les bases d’un roman. Il ne s’agit évidemment pas d’une baguette magique, mais il a le mérite de guider l’auteur en herbe sur de bons rails.
Ces premiers conseils sont à approfondir, soit par d’autres lectures sur des aspects plus spécifiques (personnages, dialogues, etc.) ou surtout, par la pratique !
Faut que je vous avoue un truc : je vous une passion secrète aux diagrammes de Venn. Vous savez, ces graphiques représentant trois ou quatre cercles qui se recoupent pour faire apparaître les zones de frictions ou de complémentarité.
A force de voir passer des articles à propos de l’Ikigai et de découvrir des rayons entiers de librairies remplis d’ouvrage sur le sujet, j’ai eu l’envie de voir ce qui pouvait bien se raconter sur le sujet, finalement assez simple dans son approche et son explication.
L’Ikigai est l’incarnation de ce qui vous pousse à vous lever le matin. Il se trouve à la confluence de ce qui vous passionne, de votre profession, de votre vocation et de la mission que vous pensez devoir accomplir en ce monde.
Aussi beau que soit ce concept sur le papier, tout le monde n’y trouvera pourtant pas l’épanouissement promis.
A t-on vraiment envie de faire de notre passion un métier, au risque de banaliser cette passion et de la rendre contraignante ? A l’inverse, si votre passion c’est d’être tourneur fraiseur, que le monde a besoin de tourneur-fraiseur, que vous ne respirez que par le métier de tourneur-fraiseur, votre Ikigai sera sans doute d’être tourneur fraiseur. Pourtant, vu de l’extérieur, cela semble être à l’opposé de ce que le monde considère comme un véritable Ikigai.
Ce livre propose une définition du concept et quelques « exercices » censés vous conduire à votre propre définition de ce qui vous pousse véritablement à vous lever le matin.
Si le chemin est interessant, je reste tout de même dubitatif vis à vis de cette philosophie qui, si elle reste belle et séduisante, n’en demeure pas moins très abstraite et utopique.

Ce livre est une catastrophe…
Alambiqué et confus, son propos, pourtant simple, à savoir pourquoi l’antiquité est-elle utilisée dans les jeux vidéo et comment est-elle utilisée ou représentée, n’est absolument pas lisible.
L’auteur se perd dans des considérations absconses en faisant usage d’un vocabulaire et d’une syntaxe totalement en inadéquation avec le sujet.
Si l’ouvrage ne se destine a priori pas à un travail de vulgarisation, force est d’admettre que l’ouvrage et son auteur se trompent visiblement de cible. En effet, trop lacunaire pour ceux qui ne serait pas familier avec l’univers vidéoludique en général et trop tarabiscoté pour ceux qui ne seraient pas issus du sérail du corps enseignant universitaire, le livre se montre au final trop superficiel pour pouvoir être considéré comme un ouvrage sérieux sur le sujet.
Trop peu d’exemples (mal) utilisés qui ne reflètent finalement qu’une infime portion de tout ce qui aurait pu ou du être dit sur le sujet.
Le contenu de ces quelques pages auraient pu être résumés en une simple note de blog un peu fournie ce qui, dans un langage compréhensible, aurait pu servir d’introduction à une somme beaucoup plus approfondie du sujet.
A éviter…
La forme, c’est le fond qui affleure. Si la forme est alambiquée, c’est sans doute le signe que la pensée de l’auteur l’est tout autant.
Ce livre échoue dans tout ce qu’il entreprend, ce qui est une performance rare et exceptionnelle.
Déjà, c’est couillu de mettre en vente en librairie une version légèrement tunnée d’un rapport public téléchargeable gratuitement. On va prétexter que c’est justement pour décloisonner la confidentialité relative de ce type de rapport. Ou encore que, s’agissant du livre, il allait de soi que la destination naturelle de ce rapport était justement les rayonnages des bibliothèques et par ricochet, des librairies.
Ou encore, qu’il s’agira de distribuer les bénéfices à une association. Ah ! On me dit dans l’oreillette que c’est déjà fait !
Vendre 14€ un lot de 120 pages aussi peu consistant relève du coup de génie marketing. On n’est pas loin du casse du siècle.
S’il n’avait été exposé dans les médias, et surtout dans la Grande Librairie de France 5, ce petit opus au titre déjà destructeur, serait resté confiné à un anonymat dont il n’aurait jamais du sortir.
Le titre donc. Qu’y a t-il à lui reprocher ? Tout en fait. Le choix de ce titre est symptomatique des errances des auteurs et qui traduit quelque part l’incompréhension des commanditaires du rapport vis à vis de l’objet de l’étude.
Voyage déjà.
Wikipedia nous dit :
Un voyage est un déplacement dans l’espace, contraint, effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (par exemple tourisme) ou professionnel (affaires) […] »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage
Indubitablement, nos deux compères ont vu du pays et ont fait du tourisme. Quant à s’être imprégné de la destination, il semble qu’il faille davantage prendre ce voyage comme une escale de croisière ou un citytrip peu inspiré.
Et surtout, ce qui importe dans un voyage, c’est le chemin emprunté. Pas la destination. Or, parler de voyage alors que l’on a pour objectif de rendre un rapport, qui est donc le point d’arrivée et donc de destination, c’est mettre l’accent sur cette destination au détriment du chemin.
Choux blanc donc.
Pays ensuite.
Dans son sens premier, le dictionnaire nous dit :
Un pays est un territoire habité, constituant une entité géographique et humaine
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/pays
Les bibliothèques et leurs personnels seraient-ils donc à ce point un territoire à part, derrière une frontière avec un langage à part ?
Si c’est comme cela que les perçoivent les auteurs, on est un peu mal barré non ?
Et là où ça fait des chocapic, c’est que tout le rapport gravite autour du fait que les bibliothèques sont l’élément principal de l’accès à la culture, à la connaissance, etc. L’accès aux accès…
Comment pourraient-elles donc être à la fois un vecteur déjà en place de cette diffusion mais en même temps totalement à part ? C’est un non sens.
Bibliothèques enfin.
C’est chiant, mais les mots ont un sens.
Une bibliothèque (du grec ancienβιβλιοθήκη : biblio, « livre » ; thêkê, « dépôt ») est le lieu où est conservée et lue une collection organisée de livres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que
De bibliothèques, il sera finalement très peu question tout au long de ces quelques brèves pages superficielles.
Ou plutôt, les auteurs prennent pour un fait acquis que la question du « livre » est réglée.
Or, comme ils l’avouent eux mêmes, plus de la moitié des espaces que l’on appelle « bibliothèques » ne sont que des « points d’accès aux livres ». Si les usagers de ces lieux doivent bien se trouver en présence d’une collection effectivement organisée de livres, les volumes en présences et par conséquent la cohérence de l’offre ne sont certainement pas à la mesure des enjeux.
Plutôt que de se perdre dans des considérations sur les transformations des usages et pousser à la généralisation de services de niches, le rapport aurait dû bien plutôt insister sur le socle nécessaire et indispensable que représentent les livres.
S’il faut effectivement accompagner les évolutions des pratiques culturelles et sociétales, la vocation première d’une bibliothèque est d’offrir un accès aux livres sous toute ses formes.
Superficiel, enfonçant des portes ouvertes, abondant dans le sens souhaité par l’exécutif sans en discuter ni la forme ni le fond, ce « rapport » ne fait qu’effleurer son sujet, appuyé sur une vision parcellaire de la question et biaisé par quelques exemples, certes emblématiques, mais loin de témoigner des problématiques profondes auxquelles sont réellement confrontées les bibliothèques de notre… pays.
La semaine prochaine, découvrez le rapport de Christophe Castaner sur les nights club de France et sur la façon de supporter la filière de la nuit à travers son ouvrage « Very Bad Tip : Périple en contrée nocturne« .
Il n’est jamais évident de faire état de ses œuvres préférées, qu’il s’agisse de littérature, de cinéma ou de musique.
D’abord parce que « choisir c’est renoncer ». Pour définir une liste contenue de ses œuvres favorites, cela implique nécessairement de faire un tri et de laisser sur le côté d’autres œuvres, non moins intéressantes ou géniales.
Mais surtout, c’est « s’exposer », se dévoiler. Si je vous confesse que mes livres favoris sont des biographies de tueurs en série, vous ne me regarderez pas de la même manière que si je vous avoue posséder l’intégrale de Oui-Oui reliée cuir.
Si je partage régulièrement le flux de mes lectures, rien n’indique au delà de mes coups de cœur ou coups de gueule, si tel ou tel titre intègre mon « panthéon » personnel.
Voici donc quels sont pour moi les œuvres littéraires les plus importantes et les plus marquantes.
Bien entendu, il s’agit d’un palmarès partial et partiel, fondé uniquement sur mes lectures personnelles. Si vous avez d’autres titres à me suggérer, je serais ravi d’en discuter avec vous dans les commentaires 😉
Mon cursus universitaire a été marqué au fer rouge par l’Histoire des unifications allemande et italienne au XIXe siècle.
Umberco Eco nous plonge littéralement dans cette époque à travers un roman à la langue élégante et à l’intrigue haletante et ciselée.
C’est cette alliance d’un contexte historique fidèlement retranscrit, impliquant physiquement de grands noms de l’époque, tel Alexandre Dumas pour ne citer que lui, et une intrigue rocambolesque mais passionnante qui en font mon livre préféré, n’ayons pas peur des mots.
Faut-il encore présenter ce monument de la littérature du XXe siècle ?
Largement popularisé par le film de Jean-Jacques Annaud, trop peu de gens se sont frottés à mon gout à l’oeuvre originelle.
Assez paradoxalement, je ne sais pas clairement dire précisément pourquoi ce livre est l’un de mes favoris. C’est un sentiment d’ensemble. Tout juste la combinaison enquête / moyen âge me ferais dire que ça en fait justement un ouvrage à part, mais cela ne suffit pas. D’autre l’ont fait après Umberto Eco.
C’est donc également sa touche à lui, empreinte de sobriété et d’élégance qui fait mouche.
Un livre dans tous les cas particulièrement prenant et dans lequel on découvre de nouveau détails à chaque relecture.
De tous les auteurs de science fiction qu’il m’a été donné de lire, Peter F. Hamilton est sans conteste mon favori.
Créateur d’une bibliographie colossale, son oeuvre fait référence dans le monde de la science fiction. Maître du space opera, son talent réside à la fois dans la création d’univers riches et cohérents, mais surtout dans des personnages excellemment bien écrit auxquels le lecteurs s’attache et s’identifie immédiatement.
Dans cette profusion, la saga dites du Commonwealth (intergalactique) fait pour moi figure de summum littéraire.
Composée de quatre volumes (L’étoile de Pandore 1 et 2, Judas déchaîné, Judas Démasqué) elle trace sur près de 2500 pages des intrigues entrelacées sur fond de guerre galactique.
Le tout est d’une cohérence et d’une limpidité déconcertante, ce qui en rend la lecture passionnante et inarretable.
L’univers mis en place dans cette saga, qui n’est pas le premier ouvrage de l’auteur, a ensuite été prolongé par la trilogie du vide, non moins passionnante, mais de mon point de vue un peu en dessous, puis par les naufragés du Commonwealth, sympathique mais qui s’éloigne tout de même assez du matériau de base.
J’ai découvert ce livre pendant mon adolescence. Avant de découvrir par le menu le concept même autodafé, qu’il ait été pratiqué au moyen-âge ou par le régime nazi.
Quoi de plus détestable pour un lecteur que d’imaginer que l’on puisse brûler les livres ?
Mais ce qui donne toute sa force à ce titre, c’est le pari simple mais audacieux de proposer une uchronie basée sur le renversement du rôle des pompiers. Sous la plume de Bradbury, ils deviennent soldats du feu, non pour les éteindre, mais pour les allumer.
A la fois simple et terriblement explicite, le roman pose son intrigue de manière efficace. Et cette simplicité donne toute sa force à ce texte majeur du XXe siècle.
J’ai d’ailleurs été frappé de découvrir, bien après ma première lecture, que cet ouvrage, pourtant dense, n’avait nécessité que neuf jours pour son écriture. Un élément qui témoigne d’une part du génie de Bradbury, mais également qu’une idée n’a pas nécessairement besoin de plusieurs années pour être accouchée !
Je suis un helléniste contrarié ! Et l’une de mes plus grande frustration d’étudiant aura été de ne pas avoir été au bout de mon cursus sur l’antiquité grecque…
Du grec, j’en ai fait par choix pendant presque 10 ans. Ce n’est pas assez pour en dominer toutes les subtilités et toute la beauté.
Le grec, et c’est triste à dire, est de plus en plus délaissé. Surtout le grec ancien, mais il ne se trouve pas beaucoup plus de cours de grec moderne.
Le livre d’Andrea Marcolongo désacralise cette langue qui fait peur et tente de dissiper les mauvais souvenir de ceux qui ont fait grec sans le choisir.
Jovial et très simple à lire, ce livre est une puissante déclaration d’amour à cette langue mal aimée et qui pourtant porte en elle tout ou presque de notre patrimoine intellectuel, philosophique et grammatical.
Ça fait un peu cliché d’avoir le Seigneur des Anneaux dans son top tant la folie du début des années 2000 avec la sortie de l’adaptation cinématographique de Peter Jackson a donné naissance à une armée de « fan » de l’oeuvre de Tolkien.
Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert ce livre alors que j’étais au collège. Effrayant pour beaucoup de monde en raison de son épaisseur et de l’apparente monotonie de son style avec ses grandes et longues descriptions, ce monument de la littérature de l’imaginaire est pourtant le pilier fondateur de la fantasy.
Souvent imité mais jamais égalé, il a inspiré des centaines pour ne pas dire des milliers d’auteurs à travers le monde, épuisant le genre jusqu’à l’excès.
Mais derrière l’épopée, qui a posé les conventions du genre, derrière les paysages majestueux, se dessine l’interprétation du monde par Tolkien. Un monde meurtri par le premier conflit mondial. Miroir de la folie des hommes, le seigneur des anneaux offre une relecture du monde contemporain de Tolkien sous des dehors imaginaires et féerique.
C’est pour toutes ces raisons que j’aime ce livre (enfin, ces livres) et que je lui réserve une place de choix dans mon panthéon personnel.
Il se passe définitivement quelque chose entre moi et le XIXe siècle.
Si j’avais été plutôt froid à l’endroit du Bel-Ami de Maupassant lorsque je l’ai eu entre les mains sur les bancs de l’école, la suite proposée par Harold Cobert en ce début 2019 me l’a rendu beaucoup plus sympathique.
Belle-Amie réussi le double pari de proposer un ouvrage reprenant le style de Maupassant, ce qui est en soi une gageure, et surtout une suite cohérente et passionnante de l’oeuvre originelle.
Ces deux aspects sont intimement liés. Ecrire un tout nouvel ouvrage à la manière de Maupassant sans se référer à l’oeuvre de ce dernier n’aurait pas beaucoup de sens. De la même manière, proposer une suite à Bel-Ami, en n’adaptant pas le style et le ton à celui de Maupassant n’aurait que peu d’intérêt.
Du coup quand on additionne le talent, la beauté de la langue, la puissance de l’intrigue et l’hommage, nous trouvons là un véritable chef d’oeuvre qui mérite pour moi sa présence dans cette liste !
Si j’ai brièvement eu la volonté de devenir explorateur, marin, pirate, ou les trois à la fois, c’est en grande partie à cause de l’île au trésor.
Combinant exotisme, danger, trésor et flibuste, ce livre incarne à mes yeux le roman d’aventure par excellence.
Mais plus qu’une chasse au trésor et tout ce qui l’entoure, l’île au trésor donne à voir aux (jeunes) lecteurs de manière tout à fait subtile, un éventail assez large des sentiments humains, allant de la peur jusqu’à l’euphorie en passant par la trahison et la duplicité.
Un classique certes mais dont l’élégance et la simplicité me le garde cher à mon cœur !
Ready Player One est un livre qui résonne en moi d’une façon que je n’aurais pas soupçonnée.
Enfant des années 90, j’ai construit la majorité de mon imaginaire à cette époque. Si ma culture scolaire et générale s’est construite et enrichie bien plus par la suite, elle ne remplace pas le référentiel de pensée inconscient qui se met pendant les jeunes années.
La naissance de l’informatique et les débuts de la démocratisation du jeu vidéo m’ont accompagné pendant des années.
Vibrant hommage à cette époque révolue, mais que l’on oublie trop souvent quand elle n’est pas simplement décrédibilisée, Ready Player One offre d’une part une bouée mémorielle pour cette époque des débuts du gaming, mais inclue également toute la pop culture numérique jusqu’au jeux et pratiques les plus récentes.
Sur la base d’une intrigue solide et distillant ses clins d’œil tout en délicatesse et subtilité, Ready Player One est, au delà de son contenu, un objet littéraire tout à fait plaisant !
J’aime à penser que nos réussites tiennent avant tout à nos propres efforts, à notre propre volonté et à nos propres réalisations.
Si l’on est pas à l’abri que les circonstances contribuent à provoquer un échec de l’un ou l’autre de nos projets, je trouve que cette excuse est trop souvent utilisée pour justifier nos propres lacunes.
Le livre de Stephen R. Covey, s’il est idéaliste sur certains points est un excellent guide pour se mettre en ordre de marche afin de réussir ce que vous entreprenez.
A relire régulièrement !