Toscane de Vincent Ollivier

L’auteur signe avec Toscane son premier roman en forme de thriller mais dont le propos tend indéniablement vers la satire et la dénonciation de tout ce que l’auteur semble abominer dans le comportement de certains de ses contemporains.

L’argent surtout, et le sexe, beaucoup, y tiennent une place prépondérante. Mais plus que l’argent, c’est la recherche de toujours plus d’argent qui est au cœur du récit, le tout articulé autour du personnage de Linda qui concentre toute l’intrigue, toutes les dérives et toutes les folies que commettent un à un les différents protagonistes.

L’auteur semble éprouver une véritable détestation pour ses personnages : rien dans leur personnalité, leur attitude, leurs actions ou leur comportement n’amène un début de semblant d’empathie pour eux.
Si l’on poursuit le récit jusqu’à son terme pour découvrir l’issue de certaines sous-intrigues, plus que pour la fin très prévisible dès le milieu du roman, rien ne nous permet de nous attacher à aucun de ces êtres sans âme.

La structure imbriquée du roman est intéressante et le fil du récit est alternativement poursuivi à travers le regard de l’un des cinq protagonistes principaux. L’intrigue avance donc via ces différents points de vue et un événement abordé brièvement par un personnage sera développé plus longuement un peu plus tard par un autre.

S’il n’en n’est pas moins intéressant, ce découpage porte néanmoins à confusion dans la gestion du temps et de l’espace. Les nombreux flash-back qui permettent de développer quelque peu la psychologie ou l’histoire des protagonistes, perturbent au final la lisibilité et sont au final pas si intéressant ou indispensables que cela. Sans ces derniers on n’a pas plus de mal à comprendre que ces gens là sont d’odieux salauds.
Dans la même veine, le découpage adopté rend vite prévisible la suite, ce qui anesthésie complètement ce qui devrait être le climax final.

Toscane est un bon premier roman, pas dénué de qualités d’écriture malgré une structuration brouillonne par moment. L’intrigue est finalement reléguée au second plan derrière le parti pris de l’auteur qui se consacre avant tout à la démolition en règle de la caricature que représentent ses personnages.
La fin, abrupte, laisse sur sa faim et aurait mérité un peu plus de soins. Prévisible, elle ne conclut pourtant par complètement le récit qui manque d’un petit supplément pour achever pleinement le récit.

Mensonges et Vérités de James Comey : touchant et profond

On ne tire pas sur une ambulance

Il restera probablement quelque chose des années de Donald Trump à la maison blanche. Si ce ne sont quelques tonnes de gravats quand le mur mexicain aurait fini de tomber, ce sera bien plutôt la masse considérable d’ouvrages rédigés par d’anciens collaborateurs ou simples partisans (ou opposants) qui sont presque tous unanimes dans leur contenu : cet homme est fou, imprévisible, lunatique, puéril et dangereux quoiqu’irresponsable.

Là où l’ouvrage de James Comey se distingue des autres, c’est qu’il est moins un livre de révélations, de règlements de comptes ou de revanche vis à vis de Donald Trump qu’un manuel à l’usage de tous ceux qui se trouvent un jour ou l’autre en situation de diriger une équipe.

Empreint d’une véritable sincérité, le propos de l’auteur va bien au-delà de ce que son seul titre, surtout dans sa traduction française, laisse entrevoir.

S’il est bien question de mensonges, poison qui parasite les relations humaines (même lorsqu’il s’agit de mensonges par omission ou destinés à ne pas froisser autrui), il est surtout question d’honnêteté. Honnêteté vis à vis des autres et vis à vis de soi-même.

Courage et rectitude

Mais surtout, James Comey, qui a exercé les fonctions parmi les plus lourdes de l’administration américaine (au point qu’on se demande comment sa vie de famille a pu y survivre), nous livre de précieux conseils sur ce qui constitue l’âme d’un bon leadership : confiance en soi et humilité.

C’est sa ligne directrice, apprise au fil du temps et de sa carrière, à l’aune des rencontres avec ceux qui furent tantôt ses supérieurs ou ses subalternes.

Loin d’être un pamphlet contre Donald Trump, malgré quelques pages en forme de réquisitoire, l’auteur se garde bien de juger. Donald Trump, ou plutôt les électeurs l’ayant porté dans le bureau ovale, seront jugés par l’histoire.

James Comey témoigne de cette histoire, y compris de son histoire personnelle, touchante, sans tomber dans un pathos excessif.

On termine la lecture par un « Quel gâchis » dont on souhaite qu’il serve néanmoins à quelque chose.

Une lecture très instructive, qui permet de remettre en perspective cette folle période, y compris ce qui a pu se dérouler sous les présidents précédents, loin du tumulte des fausses nouvelles et du sensationnalisme journalistique.

L’édition française aurait pu se fendre d’un petit explicatif de l’administration américaine : le néophyte sera perdu à cette lecture sans quelques éléments de compréhension supplémentaire.

Un livre dont la sincérité et la simplicité le rende tout à fait recommandé et recommandable !

Même pour Donald Trump…

Bilan des lectures de Mars 2018

La magie du matin (Critique)

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Loin d’être un adage désuet, cette formule ne vaut pourtant rien a elle seule. En effet, à quoi servirait-il de se lever tôt juste pour le plaisir ou le défi de se lever plus tôt que les autres si ce n’est pour faire quelque chose de ce nouveau temps trouvé ?

Ce petit livre vous permet de mettre en place une routine matinale efficace si vous courrez après le temps !

Le feu et la fureur

Ce type est un fou.

Non. Un fou peut potentiellement avoir une excuse. Lui, n’en n’a aucune.

On dit de lui qu’il agit comme un enfant. Mais à un enfant, on pardonne. Pour lui, il semble acquit au contraire que le tribunal de l’histoire sera impitoyable et qu’aucune circonstance atténuante ne pourra lui redonner un peu de crédit.

Mais au-delà de Trump, le livre nous éclaire sur tout son entourage, des personnages qui, vu de chez nous, sont finalement assez invisibles.

Dieu sait encore ce que l’avenir nous réserve avec cet énergumène, arrivé malgré tout au poste suprême sans en avoir ni le talent ni les capacités.

Mais s’il occupe physiquement le poste, la question reste entière à la l’issue de la lecture de savoir qui dirige réellement les Etats-Unis d’Amérique et leur politique…

150 phrases entendues à la machine à café

Un livre au Pitch rigolo qui compile pas mal de répliques cultes ou autres citations plus ou moins célèbres.

Toutes ne se prêtent hélas pas à être ressorties dans nos conversations du quotidien !

Cela n’en demeure pas moins un petit recueil sympathique de petites phrases auquel il ne faut rien demander d’autre que de tenir le rôle d’anthologie.

Fils de la nation

Déjà objet d’une bibliographie conséquente (sans parler de la production télévisuelle), Jean-Marie Le Pen est un personnage qui, quoi que chacun en pense, fascine d’une certaine manière et est un homme de médias (même s’il les a longtemps accusé de ne pas bien le traiter).

Autant dire que les mémoires de l’un des derniers dinosaures de la politique française du XXe siècle étaient très attendues.

Pas pour d’éventuelles révélations, d’autant que ce premier tome ne s’attache finalement pas à la période la plus polémique du bonhomme, mais bien plutôt parce, pour une fois, les choses ne son pas racontées par le regard et les mots d’un autre. Non que les faits aient été trafiqués par ceux qui s’étaient attachés auparavant à dépeindre l’histoire de Jean-Marie et des Le Pen, mais justement, on ne pourra pas dire (et l’auteur en premier lieu) que les propos ont été interprétés, etc…

Ce qui est écrit, est écrit. Les mots ont un sens et l’ambiguïté, toujours possible, est plus délicate à manier.

Sans surprise, on n’y apprend pas grand chose, à part peut-être l’épisode de l’officier Allemand presque tué d’une balle dans le dos.

Comme ce premier tome ne s’intéresse qu’assez peu à la politique et qu’il s’attache surtout aux jeunes années du tribun, le récit est plutôt « consensuel ». Tout juste y trouve t-on une digression sur l’immigration digne d’une fin de repas arrosé.

Le deuxième volet, prévu pour bientôt, sera à coup sur tout aussi instructif, mais beaucoup plus polémique… #popcorn

Thrawn

Une fois que l’on a goûté à la plume de Tymothy Zahn et découvert le personnage de Thrawn, on ne peut que ressentir le besoin de le retrouver. Si le personnage est à classer du côté des « méchants », sa personnalité est plus complexe et nettement moins manichéenne que l’on serait en droit de l’attendre. Le tour de force de Tymothy Zahn est de nous permettre de nous identifier à ce « héros » dont on apprécie la force de caractère et le flegme.

La langue géniale

Une déclaration d’amour au grec ! Le terme n’est pas volé.

Helléniste contrarié (et contrariant), la lecture de cette véritable pépite est une bénédiction.

Dans un style à la simplicité bienveillante, Andrea Marcolongo dédramatise complètement le sujet et ferait presque passer l’apprentissage du grec ancien pour un parcours de santé !

S’il ne faudrait pas nier les efforts à mettre en oeuvre pour dompter le grec ancien (mais quelle discipline ne demande ni efforts ni… discipline ?) l’approche du livre faire (re)découvrir les subtilités qui font la beauté de cette langue, dont les notre sont largement les héritières.

La richesse et la poésie de la langue grecque ne demande qu’à être découverte, même si vous n’avez aucune intention de lire du grec.

Même si pour vous, le grec constitue de mauvais souvenirs des bancs de l’école, je vous recommande chaleureusement la lecture de « La langue géniale » qui saura vous réconcilier avec cette belle langue !

J’ai tué le fils du chef

L’ouvrage de Denis Robert, s’il aborde la même affaire, ne se situe pas dans le même registre.

Il s’agit plutôt d’un exutoire destiné à tourner la page de cette affaire qui aura marqué la vie de l’auteur.

Jeune journaliste à l’époque des faits, cette affaire, comme pour beaucoup de journalistes sérieux ou d’hommes de loi, va lui coller à la peau. Tel un fantôme, ce feuilleton judiciaire va hanter l’auteur pendant toute sa carrière. Mais bien au-delà, le livre témoigne de la place que peut prendre l’affaire dans la vie respective de chacun de ses observateurs.

Une page que Denis Robert met un point d’honneur à tourner dans la conclusion de l’ouvrage, après avoir passé en revue tous ses souvenirs, illustré par ses articles, les photos d’époque, et un regard désormais plus détaché des faits.

Ce livre constitue une pièce majeure pour qui voudrait dépasser le cadre purement journalistique de l’affaire et la découvrir à travers les yeux, les mots et les sentiments de l’un de ses témoins privilégié.

Ready Player One

Décidément, un paquet de lectures aura été dicté par l’actualité ciné ou télévisuelle. Autant que faire se peut, je lis ce qui va être adapté avant de voir le résultat sur écran. Dans le cas de Player One, encore une fois, il valait mieux lire avant de voir. De nombreuses libertés ont été prises avec l’histoire alors que celle du livre était parfaitement adaptable en l’état.

Ce livre est une véritable bouffée de jeunesse pour qui a vécu dans les années 80 et 90 et un hommage vibrant à cette pop culture encore vivace, sans tomber dans les travers du fan-service ou à l’inverse dans la condescendance moqueuse que l’on a pu voir dans d’autres films ayant pour sujet le jeu vidéo. Pour ceux qui aurait seulement vu le film, je vous encourage plus que vivement à vous plonger dans cette lecture !

Armada

Du même auteur que Ready Player One, Armada ne parvient hélas pas à égaler la réussite du premier. Très inspiré de l’histoire du film Starfighter, le roman se laisse lire de manière assez plaisante mais on n’atteint jamais le même souffle épique que dans Ready Player One. Certains passages sont d’ailleurs assez plats et contrastes assez singulièrement avec l’ampleur (physique ou émotionnelle) de la scène qu’ils racontent. A recommander dans tous les cas pour ceux qui ont aimé Ready Player One (et les autres) !

Mon challenge lectures 2018

UPDATE AU 09/07/2018 : 52 livres / 52  : CHALLENGE REUSSI !

Cela fait longtemps que je me désespère de ne pas parvenir à lire autant que je le souhaiterais. Non que je lise peu – j’estime être dans une moyenne honorable – mais mes envies de lectures dépassaient de loin le temps que je pouvais y consacrer.

Problème insoluble ?

Comme le veut l’expression :

« Il n’y pas de problèmes, il n’y a que des solutions. S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. »

Restait donc à trouver comment faire !

Issu d’une formation littéraire et historique, j’ai toujours énormément lu.
C’est en dressant le bilan de mes lectures de l’année dernière, année qui n’est certainement pas ma plus riche en matière de lectures mais pendant laquelle je renouais avec un volume relativement important , que je me suis fait la réflexion qu’il serait stimulant de garder le rythme et de se fixer un objectif chiffré de livres à lire sur l’année 2018.

Je connaissais le principe des « challenges », consistant à avaler un nombre donné d’ouvrage sur une période définie (en général un an), mais je n’y avais jamais prêté plus attention que cela. Trop de contraintes, trop d’autres occupations, etc…

Mais les choses changent (encore heureux) et mes envies aussi.
Entre les nouvelles publications dans mes genres de prédilections, les classiques manquant à ma culture ou que je souhaite relire, les anciennes lectures que je souhaite également dépoussiérer, les ouvrages à découvrir en dehors de ma zone de confort et les missions de critiques, mon horizon littéraire s’est considérablement élargi.

Partant de mon « score » de l’année dernière, je définissait un objectif raisonnable et atteignable, c’est à dire 25 ouvrages dans l’année.

C’est une valeur couramment choisie par ceux qui se fixent ce type de challenge.

Pour arriver à tenir cet objectif, dont le contenu restait pour le moment incertain (c’est à dire par rapport à ce qu’allait être ma liste de lecture), je mettais en place des dispositions simples (basiques) me permettant de dégager du temps de lecture :

  1. Me lever plus tôt le matin. C’est tout bête mais, entre autre choses, que je détaillerais plus tard dans l’année quand je parlerais du livre La Magie du Matin, cela permet de disposer de 30 à 45 minutes de lectures. Additionnées sur une année, cela fait pas mal de pages avalées !
  2. Toujours avoir le livre en cours ou un livre de secours sous la main : format papier ou numérique, via l’iPad ou le téléphone.
  3. Mais ce qui me fait vraiment gagner du temps de lecture, c’est la cure d’abstinence de toute consultation des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Youtube, etc…). On ne se rend pas compte du temps perdu passé sur ces sites pour des raisons tout à fait futiles.

Avec tout ceci, conjugué au fait que je lise relativement vite, m’a assez rapidement indiqué que je dépasserais les 25 ouvrages initialement visé.

Je révisais donc cet objectif en le passant à un livre par semaine, soit un total de 52 livres au total sur l’année.

Je réactualiserais cet article à mesure de la progression de ce challenge, outre les différents articles « critique » qui émailleront l’année.

La magie du matin d’Isalou Beaudet-Regen

La magie du matin fait partie de ses ouvrages « feel good » qui tâchent de vous faire positiver et vous donner les clés d’un quotidien plus radieux.

J’ai découvert ce livre grâce à Bertrand Soulier et l’ai intégré à ma pile à lire du mois de mars.

Prendre le temps

Quand on s’intéresse un petit peu aux maux de notre époque ainsi qu’à la vie des entreprises, on se rend compte que ce qui manque le plus aux gens, ce n’est pas tant de l’argent, de la gloire ou du pain, mais bien plutôt… du temps !

Du temps pour soi et ses projets, du temps pour sa famille et ses proches, du temps pour se cultiver, partager, du temps pour pouvoir faire convenablement son travail, du temps pour ne plus être obligé d’être de courir contre la montre…

Hélas, le temps est l’une des denrées les plus rare de notre époque. Contrairement à l’argent ou la nourriture, il n’existe pas de méthode ou d’outil pour en produire d’avantage.

Alors, comme pour la gestion de l’espace, on a inventé tout un tas de choses pour optimiser l’utilisation du temps comme les outils de productivité pour accélérer le traitement de certaines tâches ou leur mise en parallèle.

Mais quand on a fini de rembourrer tous les micro trous du planning pour y loger la moindre parcelle d’activité, il arrive un moment où c’est le trop plein. Alors, soit on se déleste d’un certain nombre d’activités, soit on tombe dans un burn-out, soit on augmente encore un peu plus sa surface de temps exploitable.

C’est cette troisième voie, qui permet d’éviter les deux premières, que nous permet d’explorer « La magie du matin ».

Encore un matin

Réputé moins extrême que le renommé « Miracle morning » (que je n’ai pas encore lu), la magie du matin propose une approche bienveillante, plutôt douce et qui permet de se mettre en ordre de marche pour gagner ces moments en plus dans une journée.

Entrecoupé de témoignages (dont certains un peu cul-cul quand même) l’auteur met en place progressivement tous les éléments pour nous emmener à enfin nous lever plus tôt et mettre efficacement à profit ce nouveau temps retrouvé.

Car à quoi cela servirait-il de se lever de bonne heure si cela ne visait que la performance ?

J’ai expérimenté cette méthode, qui n’a hélas pas résisté à des vacances en famille, et je voudrais retenter l’expérience pour vous en livrer ici un bilan plus complet.

Bilan des lectures de janvier et février 2018

La trilogie du Jedi Fou

Indéniablement ce qui aurait du être à la base des épisodes VII, VIII et IX de la saga galactique. A des années lumières des scenarii bancaux des opus filmiques de l’ère Disney, on y trouve une intrigue propre et maîtrisée, des personnages forts et attachant, des scènes de space opéra grandioses sans être grandiloquentes. Bref, on se réfugie dans cette lecture, roulé en boule sous la couette en pleurant toutes les larmes de son corps en repensant aux étrons projetés dans les salles obscures.

Terre et fondation

Fin en apothéose de cette grande fresque spatiale entamée pour ma part en 2017 !

Une lecture toujours aussi plaisante et qui débouche sur la révélation du pourquoi de toute cette entreprise. Un délice !

Le sang des 7 rois (Tome 2)

J’avais démarré la lecture de cette saga l’an dernier et à l’époque j’étais un peu dubitatif sur la suite qu’allait prendre cette série.

Mes doutes ont hélas été confirmés de tome en tome.

D’abord petite histoire médiévale-fantastique qui se prolonge en épopée heroic-fantasy plus classique, l’intrigue fini par partir dans une direction complètement WTF avec des vaisseaux spatiaux et un conflit galactique…

Carbone altéré

Adapté là encore par Netflix sans que le matériaux d’origine ne soit saccagé, ce roman se laisse dévorer sans peine. Proposant un rapport intéressant à l’immortalité sur fond d’enquête policière, le livre brasse énormément de choses à propos de la nature humaine et de ses travers. Une lecture passionnante dans un univers de SF maîtrisé de main de maître par son auteur.

Et toc !

Un livre au Pitch rigolo qui compile pas mal de répliques cultes ou autres citations plus ou moins célèbres.

Toutes ne se prêtent hélas pas à être ressorties dans nos conversations du quotidien !

Cela n’en demeure pas moins un petit recueil sympathique de petites phrases auquel il ne faut rien demander d’autre que de tenir le rôle d’anthologie.

Nano

Je suis enfin parvenu au terme de la trilogie « Greg Mandel » de Peter F. Hamilton, qui constitue l’une (sinon la seule) des incursions de l’auteur dans autre chose que du Space Opera. Toujours aussi plaisant à lire et concluant parfaitement toutes les intrigues ouvertes, on est presque triste de laisser là notre héros dans un final époustouflant qui tient bien ses promesses.

L’art subtil de s’en foutre

Un livre au titre (volontairement) provocateur mais qui renferme, sinon la solution à tous les problèmes existentiels, du moins quelques clés pour dédramatiser et avancer dans sa vie.

S’il est rempli de bons conseils, il ne faut évidement pas tout prendre au pied de la lettre et l’envisager surtout comme un témoignage personnel.

Néanmoins, c’est une lecture stimulante, à renouveler périodiquement selon moi (comme pas mal d’ouvrages de développement personnel en somme).

Gregory, la machination familiale

J’ai comme beaucoup de monde été marqué par « l’affaire Grégory ». D’autant plus que, né en 1984 – année du drame – j’ai pour ainsi dire toujours vécu avec.

La relance spectaculaire de l’affaire en 2017 a généré un déferlement de publications dans la presse (une constante dans cette affaire) et plusieurs ouvrages.

Celui de Patricia Tourancheau nous livre une approche très documentée, pour lequel elle est retourné interroger des protagonistes de l’époque.

Bien que l’on termine la lecture avec des soupçons, voire peut-être une intime conviction, l’auteur reconnait elle-même qu’aucune réponse claire n’existe à ce jour et qu’il faut attendre, encore, que quelqu’un parle…

Factuel et dépassionné, « Gregory, la machination familiale » constitue, à date, une bonne synthèse de l’affaire.

Bilan de mes jeux vidéo en 2017

Toujours à l’heure des bilans et au moment de démarrer sereinement 2018, petit retour sur les jeux vidéo sur lesquels j’ai perdu mon temps pris du plaisir tout au long de l’année.

2017 a été une grosse année pour moi en termes de jeux vidéos. C’est d’ailleurs actuellement mon hobby principal avant la lecture. Je suis pourtant loin d’être un « hardcore gamer » !

Longtemps joueur de World of Warcraft, j’ai délaissé ce jeu (et le genre MMO en général) après y avoir replongé quelques temps en 2016. Je diversifie davantage mes expériences de jeux en me frottant a différents style.

Voyons donc ce qui a été au menu de cette année passée !

The Witcher III : Wild Hunt

Bon d’accord, c’est un jeu que j’ai terminé en 2017 mais que j’avais laissé traîner une bonne partie de 2016, faute de temps.

Ça me donne une bonne excuse pour en parler ici !

Et qu’en dire sinon : « Waouh ! » ? Bon je sais, dit comme ça, c’est un commentaire un peu pauvre… Mais franchement, ce jeu est tellement un must que les superlatifs manquent.

Bien écrit, bien réalisé, des graphismes époustouflants (chose aisée de nos jours, mais ici cela reste vrai y compris sur des configurations modestes), un monde ouvert qui sert l’univers et le propos du jeu et pas seulement le discours marketing, des personnages haut en couleurs et attachant…

Bref : ce jeu est une tuerie ! Fidèle au matériau de base que constituent les livres sans en rajouter inutilement dans le graveleux pour buzzer sur l’aspect « sexe et nudité ».

Les deux extensions GRATUITES délivrées par les développeurs sont de véritables bijou également et on achève le soft à regret tant on prend plaisir à parcourir les immenses étendues vivantes quoique dangereuses !

Le peu d’empressement du studio à envisager une suite ou au moins un nouvel opus dans l’univers proposé en dit long sur le respect que les développeurs ont pour les joueurs et l’oeuvre originelle. EA devrait en prendre de la graine !

En attendant une telle opportunité, je compte poursuivre la lecture des livres originaux débutée en 2016 et redoute quelque peu l’arrivée de la série sur Netflix, en espérant qu’ils ne pondront pas un truc à la Bright

For Honor

For Honor est un jeu Ubisoft, sorti le jour de la Saint Valentin (GG les mecs) et auquel je joue encore actuellement.

Pour faire simple, il s’agit d’un jeu de baston dans un univers où les Chevaliers, les Samouraïs et les Vikings se fritent pour contrôler un territoire. Il s’agit bien entendu d’un monde imaginaire, dans un contexte de guerre millénaire. Tout le pitch du jeu repose sur le postulat que ces braves gens se battent sans savoir au final pourquoi tout cela avait commencé.

Il y a plusieurs modes de jeu : un contre un, deux contre deux, et quatre contre quatre dans un mode appelé « Dominion » et qui regroupe la majorité des joueurs. On peut jouer contre d’autres joueurs où contre une IA (IA qui peux également servir à combler les joueurs manquants lors des parties classiques).

On s’affrontent donc sur plusieurs cartes, aux dispositions variées, alternants les terrains dégagés, les bâtiments, des ravins où il est possible de jeter ses adversaires, etc. et selon différents modes de jeux : au plus fort des cinq manches, aux points pour le dominion, etc.

Il y en a pour tous les goûts et des modes de jeu ont encore été ajoutés récemment.

Le jeu repose sur un principe de compétition et chaque faction se bat pour contrôler le plus grand nombre de zone à la fin d’une saison. Une saison est composée de 5 manches durant chacune deux semaines. Nous en sommes actuellement à la quatrième saison. Chaque saison apporte son lot de nouveautés : nouvelles classes jouables, nouvelles cartes, nouveaux modes de jeu, etc…

J’ai énormément squatté la saison un que ma faction (les chevaliers) a perdue en bonne troisème place. J’ai un peu moins participé à la saison 2. Quant à la saison 3, je n’y ai presque pas touché. Je suis un peu plus assidu sur la saison 4, mais comme je suis un peu rouillé, je galère un peu !

Graphiquement le jeu est magnifique : les décors sont splendides, l’animation des personnages est fluide et irréprochables et puis on en prend plein les yeux !

S’il est toujours aussi joussif de « maroufler du péon » en multi, il faut bien admettre en revanche que la « campagne » solo tient tout juste du tutoriel un peu longuet plutôt que d’une vraie campagne. Quand on vient de terminer The Witcher, c’est un peu rude même si le jeu est très beau visuellement.

Le jeu semble plutôt bien vieillir et il y a toujours du monde prêt à se lancer dans la bataille. Les interactions avec les autres joueurs sont assez faibles au final et on enchaîne les batailles avec frénésie toujours en quête d’un équipement toujours plus puissant et stylé !

En conclusion, il s’agit d’un bon passe-temps malgré ses quelques défauts : répétitivité, modèles économique à base de lootboxes et season pass, comportement déshonorable de certains joueurs (mais cela ne fait-il pas partie du jeu ?).

A voir comment cela va évoluer en 2018, mais je continuerais certainement à y faire un tour régulièrement pour poutrer du viking !

Deus Vult !

Divinity Original Sin II

Trop peu de temps de jeu hélas sur ce RPG au tour par tour. Un style de jeu que j’ai trop peu pratiqué hélas, mais auquel je n’aspire qu’à progresser !

Les graphismes sont superbes et l’univers extrêmement bien écrit. En même temps c’est un jeu de rôle réputé pour sa qualité.

Je dois passer plus de temps à maîtriser les différents aspects du jeu pour en tirer vraiment profit.

Au menu de 2018 donc !

Prey (Critique)

Je ne vais pas m’étendre sur ce jeu, que j’ai certes terminé, mais avec un peu d’aide, comme je le disais dans l’article que je lui ai consacré.

Malgré les qualités indéniables du titre, je n’y ai pas encore retouché. Peut-être ne le ferais-je jamais.

Portal 2

Ah les soldes Steam ! L’occasion de faire le plein à peu de frais.

En l’occurrence ici pas pour une nouveauté mais pour un « classique » que j’avais en ma possession par le passé mais perdu lors d’un changement de PC.

Toujours agréable à refaire. Un jeu drôle, prenant, à la difficulté dosée. Je me suis même risqué cette fois-ci aux maps créées par les joueurs. Ardues mais plaisantes !

Vivement Portal 3 !

Everspace

Petit jeu découvert par hasard et sur lequel je ne cumule pas beaucoup de temps de jeu.

Le principe ? Le joueur pilote un vaisseau spatial dans un mode très arcade et doit passer de monde en monde en remplissant un certain nombre d’objectifs : détruire des vaisseaux ou des astéroïdes, collecter des objets, etc.

Ce n’est donc pas une simulation spatiale à la différence d’un Elite Dangerous mais les environnements spatiaux créés de manière procédurale sont très beaux et on prend énormément de plaisir de passer de l’un à l’autre. J’imagine que le niveau de difficulté augmente au fil du temps.

A confirmer en 2018 (sauf si Star Citizen sort cette année #LOL).

Playerunknown Battleground (PUBG)

Faut-il encore présenter cet ovni sorti de nulle part et au succès fulgurant ?

J’était passé relativement à côté et c’est au détour d’une vidéo Youtube et en voyant pour la première fois les principes du jeu que je me suis mis à me documenter sur le jeu.

Après quelques semaines, et voyant l’ampleur que prenait le phénomène, j’ai franchi le pas.

J’ai pas mal d’heures de jeu au compteur et il faut admettre que le soft est prenant. Les développeurs ont apportés pas mal d’améliorations au fil des patchs, même si je regrette le retrait (on espère temporaire) des effets météo (brume et pluie) qui apportaient un peu de piment aux parties.

Chaque partie est différente ne serait-ce que par le point de parachutage de départ, les joueurs en face de vous, l’aléatoire des loot, etc.

Je l’avoue, je suis un joueur assez prudent, adepte du camouflage et du « camping ». J’ai gagné pas mal de partie en la jouant fine, sans jouer le gibier ambulant !

Nous verrons ce que l’avenir nous réserve sur ce jeu, en espérant que le ranking ne lui fasse pas perdre son âme !

Redout

Addictif !

J’ai rarement enchaîné les parties sur un jeu vidéo aussi souvent que sur ce jeu. Il faut dire que le titre s’y prête et est clairement conçu ainsi.

La frénésie que procure la vitesse ahurissante des bolides que l’on contrôle est démente. Le jeu est par ailleurs plutôt bien pensé, avec des circuits variés, alternant courbes généreuse et tracés plus techniques. La physique des bolides est très réaliste et on prend un vrai plaisir à ajuster sa trajectoire au millimètre.

Seul bémol, les DLC… C’est pas sur le principe mais sur le prix demandé pour le faible contenu qu’ils proposent. Mais surtout, les courses supplémentaires sont intégrées dans la liste des courses qui défilent et qui s’enchainent et tu découvre qu’il faut payer au moment de lancer la partie. Frustrant.

Voilà. Donc le jeu de base est déjà excellent et assez riche. Si l’éditeur fait un geste sur les DLC, via un pack par exemple, je verrais si je cède à la tentation. Pour le moment, pas d’urgence !

Echo

Mon échec de l’année. Clairement. Juste devant mon run foireux sur Prey.

Cela arrive régulièrement que je ne termine pas un jeu ou que je ne l’exploite pas à fond pour les jeux n’ayant pas de fin scénarisée. Mais il est extrêmement rare que je me fasse rembourser un jeu… Et là, c’est ce que j’ai fait.

Le pitch du jeu est hyper alléchant : l’IA apprend de vous et tout ce que vous ferez pour vous défaire de vos adversaires se retournera contre vous. Le palais mystérieux dans lequel on évolue est superbe, notamment le travail sur la lumière qui est prodigieux.

Mais le problème, c’est que bien avant les deux heures au-delà desquelles le remboursement sur Steam n’est plus possible, et bien j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la question. Mais surtout, les « reboot », c’est à dire les séquences d’extinction et de « redémarrage » du palais (qui se matérialisent pas un jour / nuit) étaient de plus en plus fréquentes. Cela donnait une expérience de jeu très saccadée. Alors bien entendu, cela participe de l’aspect anxiogène et renforce le sentiment de claustrophobie, mais cela hache tellement la progression qu’on a l’impression de devenir épileptique…

Si on ajoute à cela le fait que la fin du jeu ne semble pas apporter la satisfaction attendue, à savoir obtenir des réponses à tous les mystères soulevés pendant la partie (information lue à plusieurs reprises, par hasard, alors que je cherchais un peu d’aide sur un point précis), le jeu perd vite de son intérêt.

Je retenterais peut-être l’expérience un jour, à l’occasion de soldes probablement.

Ghost Recon Wildlands

Acheté sur un coup de tête (et une promo) je renoue ici avec les jeu estampillés « Tom Clancy ». Plus Splinter Cell (que j’ai tous fait) que Ghost Recon (le dernier que j’ai du faire doit remonter à plus de 10 ans… ), les critiques élogieuses de ce titre ont fini par me convaincre.

Je ne suis hélas pas allé très loin dans le jeu et n’ai pour le moment que pataugé quelques kilomètres en Colombie.

Le jeu est toutefois nettement moins linéaire que ne pouvaient être ses prédécesseurs et je n’aspire qu’à me replonger dedans en 2018 !

Mass Effect Andromeda (Critique)

Non, j’ai pas envie de reparler de ce jeu… C’est un fiasco intégral, à tel point qu’aucun autre Mass Effect ne pourrait voir le jour ! Quel gâchis. Prémonitoire de ce qui allait se passer avec Battlefront II tient…

Ce jeu est inutile. Passez votre chemin !

Need for Speed 2016

Un jeu clairement à oublier… Pauvre aussi bien graphiquement que scenaristiquement (bon, ok, les NFS sont pas réputé pour leurs scenario mais quand même…).

Des cut-scene interminables, une maniabilité sur PC abominable…

Bref, de l’argent jeté par les fenêtres !

Assassin’s Creed Origins

J’avais envie de terminer par ce jeu. Déjà parce que c’est celui que j’ai fait en dernier, mais surtout parce qu’avec tout ce que j’ai brassé comme mauvaises expériences, je voulais terminer par quelque chose de positif !

C’est mon jeu de l’année. Clairement !

D’une part j’aime beaucoup le franchise Assassin’s Creed. Pas assez pour les avoir tous fait, et j’avoue que le 3 m’a un peu déçu ce qui m’a éloigné de la série jusqu’à la sortie de celui-ci. Le rythme de sortie annuel n’encourage pas non plus : on a a peine terminé un opus qu’il faut enchaîner comme des hooligans dans une maison close en Allemagne pendant la coupe du monde.

Pour tout dire, j’étais parti pour laisser passer celui-ci encore. Black Flag, Unity et Syndicate ne m’avais pas du tout fait de l’oeil.

Et puis, en regardant d’un peu plus près, et par tendresse pour l’Egypte Ancienne (je voulais devenir archéologue quand j’étais petit !) je me suis laissé tenter. Bon, le black friday a joué aussi.

Et je ne regrette pas !

Tout y est mieux que dans mes souvenirs : les combats, les graphismes, la map énorme !, le contenu hyper dense, la tension de l’histoire, etc.

Bref, un pur bonheur ! Je me prend presque à rêver d’un nouvel épisode pendant la Rome ou la Grèce Antique, tant cette période se prête particulièrement bien à la série !

Sans parler du mode photo qui donne une dimension contemplative supplémentaire en plus des points de vues en altitude.

Ça a failli être un acte manqué et s’eu été dommage.

Si vous ne l’avez pas encore testé, je vous le recommande chaudement !

Ce que je souhaite pour 2018

De bons jeux avant toute choses. Des modèles économiques respectueux des joueurs et des développeurs. En effet, qu’y a t-il de gratifiant à faire coder un système de loot aléatoire dans des boites ?

De la nouveauté et de la prise de risque : arrêtons les reboot et les suites sans saveurs. Vivement de nouvelles licences, de nouveaux univers !

Je souhaite de bonnes découvertes. Steam est une place idéale pour découvrir. Je n’ai pas assez tenté en 2017, me limitant à de grosses licences « sûres » en termes d’expérience et de gameplay.

Enfin, vœux pieu certainement, j’espère tellement qu’on arrête avec la professionnalisation des joueurs. Dire qu’on envisage que cela puisse devenir une discipline olympique… Mais je vais passer pour un vieux con ! Je reviendrais sur ce sujet en cours d’année.

Je souhaite à ceux d’entre vous qui joue à leurs heures perdues de belles aventures !

Bilan des mes lectures en 2017

Alors que 2017 vient de toucher à sa fin, petit retour sur mes lectures de cette année féconde !

Autant que faire se peut, j’essaie de toujours avoir un livre en cours de lecture. Sans m’être imposé de véritable « programme de lecture » (même si je garde bien au chaud une liste de livres à lire ou à relire) j’ai tâché d’enchaîner les lectures tout au long de l’année.

Cela donne un mélange assez bariolé au final issu de cadeaux, de livres attendus, de livres confiés à mes soins pour avis et critique, de découvertes inattendues ou de blockbuster dont le succès commercial m’effraie.

Bref, on touche à tout.

Voici donc la liste de mes lectures de l’année, par ordre chronologique d’apparition. L’idée n’est pas de faire un résumé ou une critique de chacun d’entre eux (ça serait trop long et trop pénible pour vous) surtout que certains ont eu droit à leur article dédié, ce qui sera rappelé en temps utile.

Un livre extrêmement bizarre. Bon, le contexte de lecture a peut-être joué sur ma perception puisque j’étais malade comme un chien et que j’avais en partie la tête ailleurs.
Mais quand même.
Le propos de ce livre n’est pas inintéressant, mais le style et le ton qu’il prend en rend la lecture vite fastidieuse.

En gros, ça pourrait être le guide des complots écrits par Tonton Robert sur la base de ses conversations bourrées de fin de soirées de réveillon.
J’exagère, mais à peine.

Je ne suis pas certain que le ton provocateur du livre serve aussi bien son propos que ce à quoi l’auteur s’attend (si tenté que l’auteur s’intéresse à ce que penseront les lecteurs tant le ton employé est moralisateur, condescendant et limite colérique).
C’est un style. On aime ou pas. Mais dans le cas présent, je reste convaincu que cela dessert le propos du livre, pertinent à certains égards, même s’il ne faut pas se faire berner par le second degré permanent.

Au final, un ouvrage non dénué d’intérêt mais oubliable dans le sens où il est clairement marqué par son époque et qu’il vieillira extrêmement mal (comme tous les livres politiques inondant les étalages des librairies).

Clairement mon livre et mon coup de coeur de l’année.

Pour le coup, ce livre traînait depuis des années dans ma liste de lecture, surtout après ne pas avoir pu assister à une masterclass de Christopher Vogler à Lyon en 2012, ce dernier ayant été élève de l’auteur du livre. Ayant plusieurs projets d’écriture en cours (j’en reparlerais) une telle opportunité était la bienvenue. Occasion manquée, mais pour mieux faire autrement !

Plus de cinq ans malgré tout pour enfin le lire, au gré des indisponibilités chez les libraires (même en ligne) des autres lectures, etc… C’est à l’occasion de sa (re)sortie en poche et d’un cadeau opportun à Noël qu’il est enfin arrivé entre mes mains !

Quoiqu’assez ancien, ce livre est indémodable. Son propos n’a pas pris une ride et ce qui y est détaillé peut (et doit) toujours être mis en application lorsque l’on cherche à raconter une histoire.

En synthèse, ce livre pose le principe selon lequel toutes les histoires reposent sur les mêmes mécaniques, à savoir le parcours du héros.

L’ouvrage se compose de deux parties : la première expose et détaille le parcours type du héros depuis son départ jusqu’à son retour en passant par toute les étapes et épreuves qui se dressent sur son chemin. Cette partie, fortement illustrée par des exemples tirés de récits religieux, de légendes ou de la littérature, permet de prendre toute l’ampleur de la similitude des principes sous-tendant chaque récit et met le doigt sur l’affirmation selon laquelle « toutes les histoires ont déjà été racontées, seule la forme diffère ».

Cette première partie est synthétisée en une page, dense et efficace, qui devrait servir de guide à tout créateur d’histoire (hein Rian Johnson !).

La seconde partie est beaucoup plus théorique et complexe, quoique plus courte que la première. L’auteur y aborde le monomythe sous un angle anthropologique et psychologique. Tout l’intérêt du livre réside bien entendu dans la combinaison de ces deux parties éminemment complémentaires.

En conclusion, il s’agit d’un livre exigeant, qui ne se lit pas comme le dernier Musso pour peu que l’on s’intéresse quelque peu au sujet. Même pour sa culture personnelle, il convient d’en concevoir une lecture posée, presque avec une prise de note pour pouvoir aller approfondir tel ou tel aspect en allant chercher dans les références citées.

Dire que j’aime beaucoup l’oeuvre de Peter F. Hamilton serait un euphémisme. Malgré tout, je n’aime pas le terme de « fan » trop connoté et part trop extrême. D’autant que certains ouvrages du britannique sont objectivement moins bons, y compris dans ses travaux récents.

Je pense en particulier à la Grande Route du Nord qui n’est pas à la hauteur de ses saga précédentes comme celle du Commonwealth (qui reste son oeuvre de référence et de loin), la trilogie du vide ou même la trilogie Greg Mendel. J’ai d’ailleurs « calé » sur le tome 1 de la Grande Route du Nord l’an dernier. Il faudra que je m’y replonge.

Le diptyque des naufragés du Commonwealth est de mémoire la troisième oeuvre d’Hamilton que je lis. Je suis donc encore loin d’avoir tout dévoré.

La qualité d’écriture est indéniable et l’intrigue y est haletante. L’ellipse temporelle entre les deux tomes peut paraître déconcertante au premier abord mais plus le récit avance dans le tome 2 et moins cela pose de problèmes.

Nous ne sommes pas dans le même élan épique que dans la Saga du Commonwealth mais force est d’admettre que le récit garde en haleine, que les personnages sont bien écrits et que l’auteur a su marier à la perfection l’ensemble de ses univers : celui du Commonwealth et celui du vide.

A ce propos, n’espérez pas comprendre l’histoire et survivre à la lecture sans la lecture préalable des sept tomes que constituent la saga du Commonwealth et la Trilogie du Vide. Ce serait ambitieux mais risqué. D’autant que cela vous priverait de grands moments de littérature.

Un livre ainsi qu’un auteur que je recommande chaudement donc !

Inutile que je vous inflige un nouveau commentaire de ce livre, découvert par hasard à l’occasion d’une proposition de lecture pour critique.

Que dire de plus que ce que j’ai déjà pu en dire (mon avis sur ce bouquin n’a évidemment pas changé) : espérer que 2018 ne nous apporte pas une suite !

Idem que ci-dessus : rien à ajouter à mon article. Quoique rétrospectivement parlant, après la sortie du dernier Dan Brown, la structure du récit de Vaticanum a pris un sérieux coup de vieux !

D’éculées, les méthodes d’écriture mise en oeuvre par Dos Santos sont désormais… ringardes !

Typiquement un livre à côté duquel je serais largement passé à côté s’il n’y avait eu une avalanche d’articles, de brèves et de copier / coller du communiqué de presse de l’éditeur.

En pareil cas, avalanche de biens, nuit. Surtout lorsqu’il y a unanimité. L’unanimité, en bien comme en mal, est souvent mauvais signe.

Je ne vais pas vous infliger un nouveau commentaire de cet ouvrage sur lequel j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer largement.

J’espère sincèrement qu’un ouvrage traitant du même sujet mais de manière plus large et documentée verra le jour en 2018. Il y a tant à dire sur les bullshit jobs !

En repensant à ce livre, je me suis fait la réflexion suivante : « C’est comme le dernier Star Wars : beaucoup de potentiel mais sous exploité, mal raconté et une fin décevante ».

Malheureusement le lot de beaucoup d’histoires que l’on nous raconte de nos jours.

Rien à ajouter. Passez votre chemin.

Comme quoi, c’est utile par moment de flâner dans les rayons de sa librairie de quartier !

Ce premier tome d’une série de sept volumes trônait fièrement sur l’étagère devant laquelle je me tenais à la recherche de … rien de spécial au final.

Une lecture rapide du quatrième de couverture et un tour sur 2-3 sites pour consulter les avis des lecteurs et me voilà repartis avec le livre sous le bras.

Il est trop tôt pour que j’en livre une critique. Je préfère pour cela avoir bouclé l’ensemble des sept tomes.

Tout ce que je peux en dire à ce stade c’est que passé un démarrage un peu confus et au-delà d’un style de langue assez particulier sans être rebutant, on se laisse prendre par l’intrigue et on enchaîne assez vite les chapitres.

Reste à voir comment tous les enjeux mis en place dans ce premier volume seront développés par la suite.

S’il y a J.R.R. Tolkien pour l’Heroic-Fantasy, il y a Isaac Asimov pour la Science-Fiction. Le genre y trouve ici ses lettres de noblesses : un récit centré sur des personnages forts, nombreux car l’histoire se déroule sur des centaines d’années, mais toujours bien présentés et développés. Des enjeux forts dans un univers cohérent et riche. Le tout servi par un contexte de space opéra magistral !

Voilà, tout est dit…

Une série que tous les réalisateurs actuels de films de SF se devraient de lire et de relire : une bonne histoire, c’est avant tout de bons personnages. On ne sauve pas une intrigue en la noyant sous des tonnes d’effets spéciaux ou des dialogues pseudos techniques.

L’oeuvre d’Asimov est dense, et je regrette de ne pas m’y être plongé plus tôt !

Le cycle de la fondation est originellement composé de trois « tomes » (qui au départ étaient des nouvelles publiées dans une revue) : FondationFondation et Empire et Seconde Fondation.

Ces trois tomes ont été republiés ensemble dans un livre unique.

Bien des années après, Asimov publie une « suite » à son récit originel. Cette suite s’attache à moins de personnages que l’on suit sur une période plus courte.

Composées de deux tomes : Fondation Foudroyée et Terre et Fondation, cette suite est également republiée sous forme d’un livre unique.

Deux « préquelles » (mon Dieu que je déteste ce mot) furent également écrites par Asimov pour compléter son récit. Je passe sur les ouvrages écrit par des tiers et qui prennent place dans le même univers pour détailler telle ou telle séquence passée sous silence dans le récit initial.

Je suis parvenu au terme des quatre premiers tomes. Terre et Fondation fait partie de la liste des lectures en cours, qui sera achevé en 2018.

Si vous n’y avez jamais goûté, plongez-vous dans cette série : un style sobre et efficace, des personnages d’un charisme incroyable, un propos maîtrisé, des twists habiles (rien que celui de la fin de Fondation et Empire est un délice !).

Et pour l’histoire, cela permet de se faire une idée de la façon dont les années 50 imaginaient le futur : cela donne par exemple des scènes cocasses où es outils ou appareils futuristes ont été imaginés par rapport à l’état de l’art de l’époque, et qui ne tiennent pas la comparaison avec ce que la littérature a pu imaginer par la suite ou même avec des outils existant réellement de nos jours. Cela rend l’oeuvre d’autant plus respectable et lui donne une petite touche sympathique de plus.

Bref. Lisez du Asimov !

Aïe ça pique… Dire que j’ai interrompu une lecture passionnante pour ça.

Échaudé par le 4 je ne pouvais pas laisser passer cet opus, promis à un succès commercial assuré, sans le passer à la moulinette.

C’est chose faite, mais ça reste un mauvais moment…

Pitié : arrêtez cette série pendant qu’il est encore temps !

Un bouquin pop-corn. Voilà à quoi ça se résume. Par moment, il faut savoir ne pas demander plus à un objet culturel. Mais il n’empêche qu’on n’est pas non plus obligé de se coltiner un pop-corn transgénique sans gout et fadasse.

C’est tout le problème de nombre d’auteurs d’aujourd’hui : que les histoires ne soient pas très évoluées, passe encore. Une histoire n’a pas besoin d’être complexe pour être bonne. Mais quand ce n’est pas très bien écrit, et bien tout de suite, ça rend moins bien…

Le pire, c’est que comme pour le voisin du dessus, on est à peu près certains d’en avoir un nouveau un jour ou l’autre…

Rien à ajouter à ce que j’ai déjà écrit sur le sujet. J’ai néanmoins entrepris de recenser les ouvrages traitant de ce sujet en les classant par thématiques : idéologie, méthodes, etc…

Alors non, je n’ai pas décidé de devenir Djihadiste, mais devant la somme d’ouvrages traitant du sujet, une petite exégèse commence à devenir nécessaire, au moins pour distinguer le grain de l’ivraie.

Vite lu, vite oublié.

Assez peu drôle malgré un postulat de départ pas idiot. Les dessins étant conformes au canon (quoique certaines grandes bulles forcent l’admiration), on ne peut juger les nouveaux Astérix qu’à l’aune de leur scénario.

Tellement moins épique que d’autres albums passés. Dommage.

Alors là, on est en plein dans l’accident industriel. Pas pour le bouquin susmentionné, mais bien pour le lecteur que je suis.

Je suis tombé sur ce truc totalement par hasard au détour d’une recherche plus que banale (et pas du tout graveleuse) sur les Internet mondiaux.

Je savais que ce type de littérature mi érotique mi porno existait et qu’à cause de E.L. James ça n’aura jamais autant pullulé mais je ne m’attendais tout de même pas à un phénomène de cette ampleur ni à une médiocrité aussi crasse.

Parce que non content de raconter de la merde, c’est hyper mal écrit, mal traduit (vive Google traduction) et, même si ça parle de quéquette, ça n’a ni queue ni tête.

Et dire que ça excite certainement du monde ces bouses là…

Et le pire, c’est qu’il s’en vend par palettes numériques entières sur Amazon (parce que faut pas abuser non plus et il ne faudrait pas qu’on trouve des éditeurs pour imprimer des trucs pareils) à des prix indécents pour la qualité qui est proposée…

A un tel point que les « Arlequins » en deviennent un monument de littérature.

Monde de merde !

Je ne comprends toujours pas pourquoi ce livre a fait polémique… A part parce qu’il s’agit d’un élément de communication sur Jacques Chirac non contrôlé par sa fille ou pour faire le buzz et faire monter les ventes, ce livre ne justifie en rien le battage médiatique auquel il a eu droit.

Je ne veux pas « spoiler » la critique que je suis en train d’en faire (assez laborieusement il faut le dire) mais sans entrer dans les détails, l’ouvrage est mal écrit, assez mal construit, n’indique rien sur la personne à l’origine des « confidences » (on en apprend plus dans la presse et notamment qu’il est mort entre la rédaction et la publication du livre), mais surtout ne nous apprend rien qu’on ne sache déjà sur la vie et l’oeuvre de Jacques Chirac.

Le livre se veut une réhabilitation de l’homme sur certains sujets. En ce sens, c’est un échec total et on ne retient de ces lignes que le fait que Jacques Chirac est un vieux monsieur, usé par les années et les excès et qu’il fait popo sous lui. Charmant.

J’ai une petite tendresse pour la série Castle d’ABC (diffusée en France sur France 2). Le pitch est accrocheur et ils ont réussi à faire évoluer l’ensemble des personnages dans une direction qui me plait.

Cerise sur le gâteau, le fait que les bouquins évoqués dans la série sortent physiquement brisait en quelque sorte le quatrième mur.

Cette interconnexion de la fiction et de la réalité était plaisante. C’est quelque chose de malheureusement assez sous-exploité. Je repense avec nostalgie à l’acte manqué avec la série « Defiance » adossée à un jeu vidéo en ligne dont les actions des joueurs devaient influencer le déroulement de la série et inversement. C’était ambitieux et difficilement tenable sur la durée mais le challenge en valait la peine !

J’étais passé à côté de ces deux derniers volumes de la série, n’ayant pas guetté leur sortie suite à l’arrêt de la série et sa conclusion « décevante ».

De bons romans policier / espionnage, particulièrement le second qui fait le crossover entre la série Nikki Heat et la série Derrick Storm. La fin est un peu bâclée, mais ça se laisse lire.

Reste la question de savoir qui aura écrit réellement ces livres !

J’ai terminé l’année par un ouvrage de développement personnel, assez ancien puisque sortie dans les années 90, mais qui se vends a priori toujours aussi bien.

Certaines formules sont un peu datées (genre les K7 audio…) mais la plupart des conseils sont « aisément » applicables. De là à les mettre tous en oeuvre, il y a un fossé, pas forcément évident à franchir.

Il y a tout de même pas mal de redites, voire clairement des répétitions. Néanmoins le contenu du livre n’est pas méchant et l’application des « stratégies » délivrées ne mange pas de pain.

Je ne suis pas certain de m’y plier, quoique certains éléments sont intéressants. Nous verrons bien.

Livres en cours

Petit état des lieux des livres laissés en suspens. Je profite de cet article pour ajouter une rubrique « Lecture en cours » dans la sidebar du site.

Livres inachevés

Il m’arrive très rarement de laisser tomber pour de bon un livre entamé. Les derniers cas dont je me souvienne étaient Ce que je ne pouvais pas dire de Jean-Louis Debré, un monument de dénigrement d’une partie du personnel politique (de droite) et une glorification éhontée de Jacques Chirac. Dire qu’il a remis ça avec un autre livre en 2017…

Avant cela il faut remonter à 2012 et ma confrontation aux chroniques de Thomas Covenant qui, rien qu’en y repensant, me laisse un goût aigre dans la bouche.

Voilà. C’est tout pour ce bilan, déjà bien assez long !

Bravo si vous êtes arrivés jusque-là et à très vite pour la prochaine critique !

Comment en sont-ils arrivés là ? de Luc Van Campenhoudt

Comment en sommes nous arrivés là ?

Le terrorisme en lui-même, sous quelque forme qu’il soit, est déjà une source d’angoisse et d’inquiétude. Encore plus lorsque l’on ne s’interroge plus simplement sur son « pourquoi » mais sur son « comment ? ».

Peu importe en effet de quoi se réclament les tocards qui se croient autorisés à semer mort et destruction, le résultat est le même : des dégâts, humains ou matériels, de la méfiance et surtout de la peur, constante même si elle fini par se diluer ou être niée.

Cette peur est provoquée par la lâcheté et l’imprévisibilité de ce mode d’action armé. Attaqués que nous sommes dans notre vie quotidienne, nous nous retrouvons plongés au cœur d’un véritable confit armé dont la violence et  la brutalité nous plonge dans des abîmes d’incompréhension.

Cette incompréhension alimente la peur. Car ce que l’on ne comprend pas fait peur. S’il peut s’expliquer, rien n’excuse ni ne justifie le recours à ces méthodes de lâches.

Or, la vague terroriste qui sévit en ces temps troublés, si elle est déjà en elle-même inquiétante et porteuse de peur, se trouve amplifiée par un phénomène tout aussi inexplicable en apparence : ces actes terroristes sont commis pour des raisons obscures par de jeunes gens issus des pays dans lesquels ils commettent leurs méfaits.

Fini l’époque où des gens de l’extérieur, certifié viande d’import, venaient faire des dégâts parce que c’était la mission que leur avait confié quelque illuminé endoctriné.

Le phénomène des jeunes européens rejoignant les rangs actifs du terrorisme islamiste suscite l’inquiétude et la perplexité. Cela ajoute surtout à l’incompréhension face à ce terrible mal du siècle contre lequel aucun remède ne semble efficace.

Il constitue en toute logique un sujet d’étude pour tenter d’en décortiquer les causes, les effets et les solutions pour y répondre.

C’est tout l’objet de l’ouvrage de Luc Van Campenhoudt, sociologue Belge. Ce dernier ne tente non pas d’expliquer les raisons qui poussent ces jeunes à quitter leurs vies, confortables ou non, pour embrasser une cause perdue et meurtrière, mais il s’attache bien plutôt à chercher à décrire les étapes par lesquelles ces jeunes passent pour passer d’une vie banale au statut de terroriste islamiste.

Ressort-on de la lecture de ce livre avec les idées plus claires et quelques pistes de solution ?

C’est ce que nous allons voir.

Comment qu’on fait pour devenir terroriste en 2017 ?

Très didactique, l’ouvrage propose six clés pour expliquer le cheminement de ces jeunes perdus qui les conduits d’une certaine normalité à la plus abjecte des passions meurtrière.

Ces six clés se présentent sous une double lecture chronologique (du point de vue du parcours) et de variation d’échelle, partant de la plus petite cellule pour s’étendre à l’échelle la plus globale.

La volonté de l’auteur est à la fois de détailler les étapes par lesquelles passe un candidat au djihad mais également, si ce n’est surtout, de mobiliser toutes les ressources des sciences sociologiques pour éclairer au mieux ces comportements.

Son postulat consiste à dire qu’aucune étude sociologique d’envergure n’a été conduite sur le sujet et que les approches parcellaires déjà conduites se sont contentées d’envisager les « causes » de ces déviances et non l’analyse des processus mis en oeuvre.

Quelles sont donc ces fameuses clés ?

Première clé

On apprend en premier lieu que l’unité de base d’un djihadiste est un petit groupe local, au nombre de membres restreins, qui peut aller jusqu’à n’être constitué que d’une fratrie.

Ce n’est pas une révélation, mais cela a au moins le mérite de coucher avec des mots un élément de base du terrorisme moderne, élément qu’il faut mettre en lien avec la notion de réseau détaillée un peu plus loin dans l’ouvrage.

Il s’agit d’un des éléments rendant la détection de ces gens là particulièrement complexe. Les petites entités sont discrètes, voire invisibles et se noient dans la masse.

Si le concept de « Cellules terroristes » (dormantes ou actives) n’est pas inconnu, l’auteur parvient à illustrer l’une des faiblesses de ce nouvelles formes de cellules, plus artisanales. Là où autrefois la structuration des cellules prévoyait des backup, des solutions de replis, etc… ce qui impliquait un nombre relativement important de personnes impliquées, l’étroitesse de l’effectifs de ces cellules amatrices limitent très rapidement les ressources des terroristes lorsque ceux-ci doivent fuir le lieu de leurs méfaits.

Il s’agit là d’un point intéressant du propos de l’auteur, qui met le doigt sur l’une des faiblesses de ce type de structuration unitaire. L’auteur oublie néanmoins que la plupart de ces terroristes visent en principe à commettre des attentats suicide et que par conséquent, toute fuite ou nécessité de couverture est à exclure. Dans ces cas là, le faible effectif limite les possibilités d’enquête par la suite, et constitue là encore un point fort.

Au-delà des aspects logistiques, l’auteur insiste bien davantage sur le petit groupe pour son rôle de cocotte dans lequel infuse le djihadiste. Cela nous conduit à la deuxième clé et à la manière dont le djihadiste se monte le bourrichon.

Deuxième clé

Tout comme l’étudiant en sociologie qui refait le monde et pense avoir trouvé l’idée révolutionnaire pour sauver le monde un jeudi soir de novembre dans le salon de la collocation de ses camarades de promo, ivre, au milieu de cadavre de Heinneken vides par dizaine, le djihadiste se chauffe et fait monter la mayonnaise par l’émulation provoquée par la fréquentation de son petit groupe de base.

Par effet d’entraînement, de mimétisme puis de différenciation, il tend à devenir toujours plus radical et extrémiste, et ce à mesure que son passage à l’acte se dessine.

Ça, c’est pour l’effet de groupe.

Mais, magie du XXIème siècle, cet effet est renforcé, amplifié, déformé par les outils qu’offrent la technologie moderne, qui permet de s’affranchir du temps et des distances à travers Internet.

Du point de vue de l’auteur, Internet joue un rôle majeur dans la radicalisation et le passage à l’acte. Factuellement parlant, c’est indéniable. Mais intellectuellement parlant, ce postulat comporte un biais. Est-ce que par ce que notre époque dispose d’Internet que les candidats au djihad sont plus nombreux, ou bien est-ce parce que le pic de djihadisme se produit aujourd’hui qu’Internet est mis à profit par ces derniers ?

Qui de l’œuf ou de la poule, hein ?

De manière plus nuancée, Internet et le contenu qu’il véhicule, jouent un rôle de facilitateur pour ces jeunes gens. L’idéologie véhiculée par Daesh et ses seïdes circulerait moins vite et moins loin sans cela, mais elle se serait diffusée sans nul doute. L’engagement de ces jeunes gens aurait pris d’autres formes, ils auraient utilisés d’autres outils, se seraient organisés plus difficilement sans doute, mais rien n’indique qu’Internet soit une condition suffisante à la croissance du phénomène.

Là encore, l’auteur pose des mots sur une évidence : les terroristes islamistes utilisent Internet, pour communiquer, pour « s’informer », consulter la propagande et la diffuser.

On en vient alors au point suivant en prenant un peu de recul et en passant à l’échelle d’un réseau.

Troisième clé

Ce point là est pour le moins confus si l’on persiste à vouloir envisager les étapes par lesquelles se « construit » un terroriste en 2017.

En effet, il est décrit ici comment l’addition des petits groupes indépendants constitue, in fine, un réseau, même si celui-ci est informel, distendu et décentralisé.

L’auteur postule que le djihadiste participe au pouvoir collectif du réseau. Soit. Mais en quoi cela constitue t-il un point de passage ? Il n’est nullement fait état d’une réflexion que pourraient se faire les candidats au djihad du genre « Tiens, je m’intègre dans un réseau ».

Inconsciemment, cet « effet réseau » joue certainement, mais cela reste purement théorie et abstrait. Comme nous l’avons vu au début, le réseau n’est jamais suffisamment dense pour couvrir les actions des différentes cellules lorsque l’un de ses membres passe à l’acte.

Dès, il est difficile d’admettre que la tentation du réseau fasse partie intégrante du parcours du djihadiste. L’effet inverse est en revanche tout à fait vrai : le réseau se nourri de ces nouvelles recrues et de chaque action commise.

Les choses redeviennent un peu plus concrète par la suite.

Quatrième et cinquième clés

Je regroupe ces deux clés parce qu’elles sous-tendent le même principe : le clivage, l’opposition.

Alors dit comme ça, on a l’impression de toucher au summum de l’enfonçage de porte ouverte : les terroristes sont des gens qui « luttent » contre d’autres qu’ils qualifient d’ennemis. Ce statut d’ennemis étant à géométrie plus que variable et soumis à une forte subjectivité.

Mais a y regarder de plus près, au delà du poncif, on trouve deux éléments qui sont révélateurs, non pas du parcours des djihadistes mais du fondement même de terrorisme, puisqu’on retrouve ces leviers dans toutes les formes de terrorismes, même si elles n’ont pas de fondement religieux.

Le premier concerne l’antagonisme ethnique. Il s’agit là d’une dimension largement passée sous silence lorsqu’il s’agit d’évoquer les agissements de Daesh, du moins dans l’analyse. Certains de ses effets sont évoqués, comme le cas des Yézidies, mais les mécaniques à l’oeuvre sont peu évoquées.

On retrouve cette dynamique ethnique dans toutes les formes de terrorisme, les extrémistes qualifiants leurs ennemis comme des gens appartenant à des groupes n’ayant rien en commun avec eux.

Cette volonté de distinguer les ethnies, fait partie du mouvement d’ensemble visant à créer de la confrontation systématique.

Le futur terroriste ne se contente pas de créer et d’alimenter sa propre haine de l’autre, quelque puisse être cet « autre ». Il la rend palpable et en fait l’expérience pour solidifier leur détermination.

Le principal défaut de cette partie de l’ouvrage, c’est qu’encore une fois, on sort quelque peu du cadre du parcours des apprentis djihadistes pour s’intéresser à la façon dont ceux qui restent tirent profits des actions des terroristes. L’exposition de ces méthodes pour générer de la confrontation, sans quelle ne soit armée au premier abord, est intéressante dans le sens où cela  éclaire notre rapport aux informations qui nous sont communiquées et notre façon de les interpréter.

C’est à la lecture de ces pages que l’on prend conscience, s’il en était encore besoin, que le débat dans nos sociétés pour savoir s’il faut ou non qualifier de « guerre » la lutte contre le terrorisme, n’a pas simplement une portée symbolique mais bel et bien des implications concrètes auxquelles il faut faire attention.

Sixième clé

Dernier point de cet ouvrage en forme de synthèse diluant un peu plus le propos du livre : un certain nombre d’étapes mène le djihadiste à la mort.

Ce que cherche à dire l’auteur, c’est qu’après être passé par toutes les étapes précédentes : le petit groupe, la radicalisation, la conscience du réseau et la confrontation, rares sont ceux qui, malgré tout, vont jusqu’à l’acte final : la mort.

Passé ce constat (sans que des chiffres puissent être annoncé, ce qui est dommage) cette clé regroupe tout un tas d’étapes supplémentaires, qui auraient pu faire l’objet de plus de détails.

Les choses sont balayées trop vite pour que cela soit véritablement sérieux. Tout juste y avance t-on quelques suppositions, basées sur ce que l’on sait des précédents attentats. Dommage.

Comment conclure ?

Le postulat de départ de l’ouvrage est audacieux : démontrer que les pires atrocités sont commises par des gens qui n’ont rien d’exceptionneL

Le chapitrage est globalement cohérent mais aurait plutôt pris toute sa place dans un ouvrage consacré aux mécaniques générales du terrorisme, islamiste en particulier.

Ce plan d’analyse et de rédaction vise à illustrer le propos du livre : la radicalisation et le passage d’un état normal à celui de terroriste sont le fruits de processus banals mais qui, mis bout à bout, selon un degré d’ampleur plus ou mois important, produisent des effet désastreux.

L’ouvrage alterne entre une volonté d’exhaustivité de l’approche sociologique en mobilisant tous ses outils et toutes ses techniques (sans les citer), mais doit avouer en toute fin qu’il ne s’agit en fin de compte que d’une (trop) brève introduction au sujet qui nécessiterait une (ou plusieurs) exégèse complète(s).

L’ouvrage échoue donc dans les deux domaines puisque l’ambition affichée d’utiliser tous les outils de la sociologie moderne se trouve desservie par la brièveté du propos. Propos qui par ailleurs en plus d’être bref ne fait qu’effleurer son sujet et enfonce allègrement des portes ouvertes, ce qui oblitère toute possibilité qu’il puisse servir de socle à toute étude ultérieure sur le sujet.

Le coup de grâce est porté par le contenu même de cette conclusion, qui lance à la cantonade quantités de suggestions d’initiatives naïves qui permettraient selon l’auteur d’enrayer la machine : faire se parler les communautés, ne pas faire la guerre, faire attention à l’éducation. Quelques pages de plus et on nous suggère de se donner la main…

Aucune réponse, aucune attitude n’est simple face à ce qui se passe. Mais les propos tenus en conclusion de ce livre ne sont pas à la hauteur de l’ambition affichée par son auteur en introduction. Cela dessert globalement tout le propos…

Alors ? On le lit ou pas ?

Non. Passez votre chemin.

Pour une fois, vous en apprendrez presque plus en regardant le replay de BFM…

L’ouvrage est trop superficiel pour que l’on y apprenne vraiment quelque chose de concret.

Un vrai bon livre sur le sujet tarde vraiment à sortir. On attendra effectivement qu’une étude complète, appuyée non seulement sur la sociologie, mais également sur l’histoire, la géopolitique, l’économie, viennent apporter une analyse complète de ce sujet complexe et effrayant de part cette complexité.

La révolte des premiers de la classe

Publié assez ironiquement le 8 mai dernier, « La révolte des Premiers de la Classe » est un ouvrage de Jean-Laurent Cassely à la frontière de l’analyse et de l’investigation.

Son propos ?

Partant du constat que la presse et les médias en général (mais surtout le 13h de TF1 #LOL) évoque régulièrement, et de plus en plus, des cas de reconversions professionnelles atypiques (entendez par là que le métier de destination n’a rien à voir avec le parcours d’étude ou professionnel précédent) l’auteur tente d’interroger ce qui semble être une tendance croissante afin d’en analyser les raisons et déterminer s’il s’agit d’un phénomène de mode ou d’une transformation lourde du monde professionnel

L’ouvrage aurait tout aussi pu s’intitulé « Je sais pas si vous avez remarqué, mais de plus en plus de diplômés changent radicalement d’orientation professionnelle ». Mais d’une part s’eu été trop long, et puis parce que ça aurait fait trop « Norman Sup’ « .

Pour en arriver au livre en lui-même, son propos principal n’est pas attaquable, dans le sens où celui-ci est purement factuel : de jeunes gens, aux parcours scolaires et supérieurs brillants et irréprochables, quittent les emplois qu’ils occupent en lien avec ces études pour se reconvertir dans différents domaines, qui ont pour principal point commun d’être globalement assez éloigné du domaine professionnel initial.

Ce constat est dressé sur la base, comme dit en introduction, de présentation par les médias de plus en plus de cas de figure : banquier devenu fromager, consultant en marketing numérique devenu boulanger, etc…

La multiplication de ces exemples est-elle le fruit de la seule chasse au buzz ou bien faut-il y voir la mise en place d’une mécanique de reconversion professionnelle touchant certains types de postes appelés affectueusement « job à la con » ou « métiers de merde ».

L’auteur en donne une définition assez ludique et pertinente : est-ce que la société subirait de graves déconvenues si vous arrêtiez brutalement votre travail pour vous mettre en grève ?
La réponse est assez évidente pour les infirmières, les éboueurs, les livreurs, etc. Elle l’est beaucoup moins pour le digital strategy planner d’une firme de publicité en ligne ou bien pour un chef de projets de progiciels de productivité…

La conclusion de l’auteur est simple : si la société ne souffre en rien de l’arrêt ponctuel ou définitif de votre activité professionnelle, c’est que vous être l’heureux propriétaire d’un job à la con.

Dès lors, il ne semble plus tout à fait extravagant de penser que certains de ces professionnels en soient arrivés à la même conclusion et se soient lancés dans une nouvelle quête de sens, au delà de la seule application bête et méchante des éléments et méthodes qui lui ont été inculqués durant ses études.

Et pour certains, cette quête de sens s’est traduit par un virage à 180° (et non à 360° comme on peut le lire parfois, sinon ça veut dire qu’on faire un tour sur soi-même et qu’on retourne au même endroit), quitté le relatif confort et la stabilité de leur emploi (avec souvent les rémunérations qui vont avec) pour se lancer dans un tout nouveau métier, après avoir suivi une nouvelle formation (ou pas) avec tout ce que cela implique de potentiels échecs et de situations financières précaires.

Et c’est là le premier et principal problème avec le propos de ce livre (même si l’auteur tente malgré tout de s’en défaire) : l’accent est mis exagérément sur ceux qui ont réussi leur pari dans leur projet de reconversion, quel qu’ait été le degré de difficulté rencontré.
L’auteur le dit lui-même : le propos est biaisé par le simple fait que les médias ne parlent presque qu’exclusivement des reconversions réussies d’une part mais l’effet loupe est également renforcé par le fait que les cas détaillés sont ceux qui font le plus grand écart entre la profession de départ et l’objet de la reconversion.
L’effet est en effet plus spectaculaire et vendeur lorsqu’il s’agit d’un trader devenant boulanger que si l’on parle d’un graphiste devenant photographe.

Il faut reconnaître que Jean-Laurent Cassely évoque tout de même bien quelques cas de reconversions ratées ou bien de manière assez rapide les causes de démotivation, de frustration ou d’échecs, mais trop peu pour remettre véritablement en perspective ce que l’accumulation de cas documentés élève au rang de « phénomène ».

La conclusion de l’ouvrage est d’ailleurs sans appel : si ces reconversions de l’extrême peuvent fonctionner, elles nécessitent dans tous les cas beaucoup de travail (que le talent peut faciliter) et requiert d’avoir à la fois des compétences commerciales et techniques. On peut y arriver seul et combiner tous les savoirs faire, mais cela sera plus dur que si on se lance à plusieurs avec des expertises complémentaires.

Le véritable enjeux de ce livre de mon point de vue est qu’il aborde d’une part la perte de sens de certains emplois pourtant bien vus, et d’autre part qu’il met le doigt sur un sujet majeur et absolument pas spécifique à ces cas de reconversions : l’écart entre le parcours d’études et les métiers finaux.

T’as fait Histoire, c’est pour être prof ?

Ce qui frappe tout d’abord à la lecture, c’est ce désir non dissimulé de toute une frange de la population qui ne se satisfait plus du confort relatif de leur situation professionnel et qui cherche par tous les moyens à donner du sens à leurs actions professionnelles quotidienne.

Cela dépasse de loin le seul effet d’ennui ou de lassitude après des années passées dans le même poste. La plupart de ceux qui témoignent n’ont pas un bagage professionnel si extraordinaire que ça.

Il y a donc deux niveaux de lecture.

D’une part, le décalage vécu entre le travail quotidien et son influence réelle. Les reconversions décrites tendent toutes vers un retour à des métiers concrets et palpables, loin des abstractions de l’informatique. Un retour en grâce du produit manufacturé, au sens littéral, ainsi que du contact direct avec le client final, lui aussi perdu de vue ces dernières années.

Les reconvertis souhaitent matérialiser physiquement leur travail et visualiser son résultat de manière immédiate et tangible.

Ceci ne suffit toutefois pas à donner du sens à ce que l’on fait. Tout dépend de l’effet que l’on souhaite effectivement produire. Il semble en effet valorisant de fabriquer soi-même des armes à feu de manière artisanales mais est-ce là l’aboutissement désiré d’une quête de sens au service d’un monde meilleur (sauf si l’on s’appelle Donald) ?

Au delà de l’aspect artisanal et matérialiste (dans le bon sens du terme) qui anime ces néo-entrepreneurs, tous ceux évoqués par le livre (et donc par les médias) ont en commun une dimension nostalgique, presque « vieille France » porteuse d’une certaine dose symbolique d’authenticité et de sincérité.

Le choix peut paraître étrange, car il s’agit tout de même de métiers relativement usant, mais ces cas de reconversions étant presque exclusivement urbains, on y trouve une certaine logique entrepreneuriale consistant à placer un business au coeur de son marché, la clientèle visée étant justement celle des professionnels classiques, ceux qui ne quitteront pas leur emploi pour une aventure courageuse aux destinées incertaines.

C’est l’autre élément qui permet de nuancer la caractère « tendance lourde » du moment : ces reconversions sont principalement urbaine. Dans un pays où le nombre de néo-ruraux ne cesse d’augmenter, cela permet de relativiser l’ampleur du phénomène.

Ça, c’est pour la quête de sens. Venons en à l’autre niveau de lecture.

S’il n’est pas question d’ennui dans leur poste initial, c’est peut-être bien plutôt l’absence de surprise, qui peut se traduire par une forme de lassitude psychique.

Comme l’explique cet article, la linéarité d’un parcours entre les études initiales et le métier est de plus en plus vécue comme un parcours castrateur et frustrant.

Il faut dire que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, la question la plus posées aux têtes blondes est « Qu’est ce que tu voudras faire plus tard ? ». S’ensuit alors un parcours initiatique plus ou moins conscient menant vers des choix d’orientation parfois éclairés, parfois contraints, rarement pleinement satisfaisants.
Surtout de nos jours avec les bienfaits (c’est de l’ironie) du système d’admission post-bac, les choix d’études dépendent du contexte familial, de ses ressources, du contexte régional, et du bagage intellectuel acquis par l’individu. Un collégien qui aura été dégouté à vie des mathématiques par un professeur peu scrupuleux aura moins de chance de se précipiter dans un faculté de maths pour y apprendre les joies des dérivées et primitives.

De ce point de vue, il pourrait ne pas paraître étonnant que, arrivés à l’âge adulte, les choix ayant muris, de véritables options de « carrières » soient envisagés et les moyens pour y parvenir mis en place : formations complémentaires, etc…

C’est sans compter sur la doua populaire qui veut que si on a fait une fac de physique-chimie, c’est forcément pour devenir rat de laboratoire.

Il est des formations qui ne prêtent que peu le flanc aux débats : un étudiant en pharmacie deviendra pharmacien (pour peu qu’il aille au bout de son cursus). Idem pour médecine et globalement tout ce qui tourne autour du médical.
Pour la plupart des gens, la même logique s’applique à toutes les autres formations, au motif qu’un diplôme débouche nécessairement sur un métier (ou une famille de métier) déterminé.
Un étudiant en Histoire deviendra prof (ou historien avec un peu de chance), un étudiant en psychologie… psychologue, un étudiant en STAPS prof de sport, etc…

Sauf que…

S’il existe certaines formations spécialisées dont le seul but est effectivement de pratiquer dans le domaine de ses pairs et formateurs, la plupart des cursus sont assez généralistes (quoiqu’en dise leurs intitulés corporatistes) pour permettre à leurs membres de tirer leur épingle du jeu dans la jungle du marché du travail.

Jusqu’à créer leur propre entreprise et prospérer pour les plus audacieux.

Les cas de trajectoires linéaires devraient en fin de compte être les véritables exceptions et les parcours « atypiques », la norme.

Là réside le coeur du livre de Jean-Laurent Cassedy. Interroger le pourquoi de la surprise que provoque ces reconversions totalement décalées en apparences, tant elles questionnent notre rapport à nos parcours de vie et notre quête de stabilité.

Un ouvrage agréable, facile à lire, qui a le mérite d’ouvrir le débat et de faire réfléchir.